La numérisation pourrait modifier de manière significative le fonctionnement des administrations publiques en Suisse. Bien que l'on enregistre déjà certains succès dans ce domaine, par exemple la disponibilité de cartes nationales numérisées de Swisstopo, la Suisse est recalée dans les classements internationaux par rapport à presque tous les pays industrialisés, reconnait le Boston Consulting Group.

La numérisation peut apporter rapidement des avantages dans trois secteurs domaines: productivité des processus, interaction citoyenne et utilisation des données. C'est en tout cas ce que démontrent des pays tels que le Danemark, l'Estonie et la Grande-Bretagne. En Suisse, rien qu'en remodelant les processus administratifs dans les transactions du cadastre et des déclarations fiscales, il serait possible de réduire les coûts de la main-d'œuvre équivalents à 1500 employés dans l'administration, ce qui permettrait de les engager pour effectuer des tâches plus valorisantes. De plus, cela permettrait de réduire d'entre 14 et 22 millions d'heures de travail aux citoyens grâce à cette amélioration des processus administratifs.

Il n'existe pas de mode d'emploi applicable de manière généralisée pour réussir la transformation numérique. Mais en observant cinq facteurs importants peut contribuer à son succès:

1. Une feuille de route globale: une vision globale de tous les niveaux de l'administration permettrait d'axer la priorité sur les projets permettant d'apporter des avantages aux citoyens et de les concrétiser par vagues en fonction des moyens à disposition.

2. Un «Central Digital Officer» (CDO) peut être engagé comme coordinateur central auprès de la Confédération et des Cantons. Ce poste doit tenir une position hiérarchique élevée et disposer d'un budget correspondant.

3. C'est surtout un travail qui doit s'effectuer au sein d'équipe mixtes composées d'experts informatiques et techniques faisant appel à des méthodes de travail agiles et qui s'adjoint des connaissances externes dans le but de réaliser des progrès rapidement.

4. Le processus de numérisation ne se base pas sur un projet informatique, mais consiste à modifier les processus, l'organisation et le culture. Il doit donc être l'affaire d'un chef et être accompagné dès le début par un organe de gestion du changement.

5. Les systèmes informatiques existants et leur gouvernance doivent être adaptés en conséquence. Cela nécessite un nettoyage des normes et applications techniques communes. Les délégués techniques et informatiques doivent pouvoir imposer leurs points de vue.

Les opportunités de la numérisation en vue d'accélérer et améliorer les services et de rendre l'administration plus efficiente son énormes. Les technologies qui sont nécessaire pour négocier ce virage sont le plus souvent déjà disponibles. Il ne reste plus qu'à la Suisse à s'attaquer à l'ascension de la pointe culminante du numérique.

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