Depuis que l'Opep a décidé une limitation de l'extraction du pétrole, les pays producteurs s'attendent à une légère augmentation des prix en 2017. Les trois pays qui ont annoncé les pronostics les plus exacts pour la période de 1999 à 2016 prévoient un prix du baril de 55 dollars.

Les organisations institutionnelles telles que le New York Mercantile Exchange (NYMEX), le département américain de l'énergie EIA et l'OCDE, dont les prévisions se sont avérées depuis 2009 plus fiables que celles des pays producteurs, s'attendent aussi à une augmentation qui devrait cependant se maintenir aux alentours de 50 dollars. Tels sont les principaux enseignements que l'on peut tirer de l'étude du cabinet allemand de conseil en stratégie Roland Bergier intitulée "Oil Price Forecast – Who predicts best?".

"Cela fait depuis 2014 que le prix du brut est sous pression", reconnaît Walter Pfeiffer, partenaire de Roland Berger. En 2016, le prix du pétrole s'est situé en moyenne à 43 dollars et donc nettement moins que les 49 dollars pronostiqués par les trois principaux pays producteurs de pétrole. Leur erreur d'appréciation du marché a atteint en moyenne 14%. Par contre, celle des organisations institutionnelles telles que le NYMEX, l'EIA et de l'OCDE (42 dollars en moyenne) ne divergèrent que de 5% de la réalité.

Pour l'année 2017, les organisations institutionnelles et les principaux pays extracteurs de pétrole pronostiquent une augmentation du prix moyen du pétrole. "Cela dépend des réductions de production décidées par les membres de l'OPEP et des autres pays producteurs", poursuit Walter Pfeiffer. "Leur effet va pourtant être très fortement atténué par l'augmentation importante de l'extraction des gaz de schiste aux Etats-Unis et de la baisse des coûts de leur extraction."

 

Le prix du pétrole se stabilisera probablement à long terme aux alentours de 50 dollars le barl

La fourchettes au sein de laquelle fluctue le prix du pétrole devrait pourtant se resserrer: "Vers le bas, le prix du pétrole va probablement se limiter en raison de la discipline des pays de l'OPEP et des grands producteurs tels que la Russie", note Walter Pfeiffer: "S'ils s'en tiennent à la réduction de l'extraction de 1,8 millions de barils par jour décidée en novembre 2016, les prix vont augmenter." Par contre, la compétitivité croissante de l'industrie américaine du fracking va limiter les prix dans leur envolée vers les hauts niveaux: Si les producteurs américains de gaz de schiste avaient encore besoin d'un prix du baril de pétrole de 80 dollars pour que l'extraction soit rentable, nombreux sont ceux qui travaillent entretemps de manière profitable avec un tarif de l'ordre de 40 dollars le baril.

"A cela s'ajoute le fait que les extracteurs de gaz de schiste peuvent accroître rapidement leur production si le prix du pétrole augmente", note Walter Pfeiffer. Et comme les Etats-Unis se sont mués de pays importateur à pays exportateur, cette souplesse influence directement le marché du pétrole en Europe et au niveau mondial et donc les prix. "A notre avis, un scénario avec un prix du baril aux alentours de 50 dollars est donc fortement probable", enchaîne Walter Pfeiffer.

 

Le marché du pétrole a le vent en poupe

Cette légère augmentation s'avère aussi positive pour les producteurs: "L'industrie pétrolière se porte globalement beaucoup mieux qu'il y a un ou deux ans", admet de son côté Walter Pfeiffer. "Le secteur peut vivre avec un prix du pétrole d'un peu plus de 50 dollars, comme on le constate constamment depuis la décision de l'OPEP. De plus, le mouvement d'économie constaté jusqu'ici dans les entreprises a porté ses fruits." Elles recommencent à investir et le nombre des acquisitions augmente sensiblement, constate-t-il. "Les producteurs de gaz de schiste sont bien placés; aux Etats-Unis, la fièvre des acquisitions bat son plein."