A un certain moment de son vie professionnelle, il est bon d’envisager de la faire évoluer si l’on veut s’épanouir dans son entreprise et exploiter toutes ses capacités. Mais il n’est pas toujours facile de faire comprendre ses aspirations quand on a l’impression de végéter dans une voie de garage.

On a investi beaucoup de son temps et de son argent pour acquérir des connaissances pointues dans un domaine, ou on maîtrise parfaitement la matière, mais personne, au sein de son entreprise ne semble attentif à tous ces efforts.

La situation semble désespérée, car ces acquis nous passionnent et correspondent exactement à ce que l’on aimerait bien pouvoir exercer concrètement. D’autant que l’on est convaincu qu’en partant dans cette voie, l’entreprise serait en mesure de proposer un plus extrêmement profitable pour elle à ses clients.

Nombreux sont les employés qui se retrouvent dans une telle situation et qui ne savent pas comment faire comprendre à son employeur ou au responsable des ressources humaines le désir qu'ils ressentent de vouloir s’épanouir dans le cadre de leur travail.

 

L’art de se réaliser dans son travail

Rien ne s’avère plus frustrant que de réaliser que toutes les opportunités d’avancer dans sa carrière professionnelle semblent totalement bouchées. Différents entretiens avec son supérieur hiérarchique n’ont pas réussi à débloquer la situation. Son employeur semble totalement sourd à ses appels du pied on se morfond dans son travail à tel point que l’on n’a qu’une idée en tête: changer d’emploi.

La vie dans son entreprise a pourtant ses bons côtés. L’ambiance est sympathique avec ses collègues; le salaire et les conditions sociales sont à la hauteur. Mais rien n’y fait et chaque fois que l’on aborde le sujet avec  son patron, la discussion tourne court. Il n’y a par moyen de lui faire comprendre ce qu’il aurait à gagner de mieux exploiter ses ressources.

Qu’est-ce qui fait que la voie dans laquelle on aimerait se lancer est bouchée? Les réponses sont multiples. Peut-être une mauvaise expérience préalable. Ou une totale méconnaissance du sujet. Le mieux est d’en avoir le cœur net et de poser franchement la question. Il faut pourtant le faire en faisant preuve de beaucoup de discernement pour ne pas froisser son supérieur. Et surtout de ne pas lui laisser croire qu’il pourrait perdre le contrôle des rênes de son entreprise ou que l’on pourrait en tirer un avantage qui le mettrait en porte à faux.

«Une motivation profonde, une attitude positive, voire optimiste, l’ouverture, la confiance en soi, l’envie de se renouveler et la persévérance représentent des atouts importants dans la quête d’un travail plus satisfaisant, tout comme une orientation gagnant-gagnant et proactive sont aussi des qualités essentielles si l’on veut réussir» admet bien volontiers à ce sujet Marcel Lucien Goldschmid, enseignant spécialisé dans les techniques de management, de training et de coaching à Lausanne.

 

Analyser froidement la situation

«Il existe trois points qu’il faut analyser en premier pour identifier des éléments clé qui pourraient servir d’accélérateur de sa carrière à savoir ses compétences métier, son savoir et son savoir-faire; ses compétences relationnelles et son savoir-être et, finalement, son environnement au travail et dans sa vie privée» souligne Marcel Lucien Goldschmid. «Il faut étendre ses connaissances techniques afin de progresser sur le plan professionnel, par exemple, par l’avancement dans la hiérarchie ou par l’élargissement de son potentiel à occuper des postes dans d’autres secteurs», résume-t-il au sujet de ses compétences métier, son métier et son savoir faire. «Il faut aussi apprendre comment améliorer son intelligence émotionnelle et ses aptitudes à communiquer qui pourraient également permettre de progresser dans sa carrière», poursuit-il. «C’est un aspect qui est malheureusement souvent négligé, mais qui est capital pour réussir sa vie professionnelle.»

Il explique enfin qu’il faut apprendre à améliorer ses rapports avec son chef direct, ses collègues, ses collaborateurs et bénéficier de leur soutien et celui de ses proches. «Il s’agit aussi d’activer tous les ressorts de ses réseaux sociaux» ne manque pas de relever Marcel Lucien Goldschmid. «Un bon équilibre entre la vie professionnelle et personnelle contribue également d’une manière significative à accélérer sa carrière», poursuit-il.

 

Faire taire les rumeurs et tenir compte de la conjoncture économique

La manque de réceptivité de son discours et pourtant aussi provenir de rumeurs qui circulent dans l’entreprise à son propre sujet. Peut-être que sont attitude conquérante ou arriviste a bousculé les habitudes ou le train-train quotidien de certains qui n’apprécient pas son enthousiasme ou son désir de faire carrière.

Dans un tel cas, mieux vaut laisser passer le temps en démontrant que son engagement n’est pas uniquement motivé par son unique égoïsme, mais par le souci d’aider réellement son entreprise à avancer et évoluer. C’est plus facile à dire qu’à faire quand on doit affronter l’animosité ou l’incrédulité de certains. Mais cela vaut la peine d’être tenté si l’on veut garder son emploi dans l’entreprise en espérant que la situation évolue avec le temps. Rien n’est pire conseiller que l’impatience.

Des évolutions conjoncturelles et des secteurs économiques moins prospères que d’autres et sur le plan personnel, la tendance à reporter les décisions au lendemain et le manque de courage ou la peur du risque sont aussi les principaux motifs qui bloquent l’avancement d’une carrière. «Mais la dépendance et une attente erronée que les autres vont nous prendre en charge constitue à n’en pas douter le principal frein à l’avancement», admet bien volontiers Marcel Lucien Goldschmid.

 

Trouver la faille

Arriver à son but nécessite souvent de trouver aussi le chemin pour y arriver. C’est aussi le cas dans un tel cas. Peut-être qu’en cherchant un moyen de diversion pour amener son à reconsidérer une position qui semble figée et immuable. Cela peut passer par des exemples d’entreprises qui réussissent dans cette voie. On la rencontre avec quelqu’un d’autre qui est fermement convaincu du bien fondé d’une telle démarche. Cela peut réussir si la personne et crédible et peut démontrer concrètement l’atout que peut en tirer l’entreprise à se lancer dans ce domaine.

Le blocage peut pourtant provenir du fait que l’entreprise ne peut pas se lancer dans cette direction parce que cela risquerait de faire concurrence à une filiale de celle-ci ou parce ce qu’elle s’est engagée contractuellement à ne pas développer d’activités dans cette direction. Dans un tel cas, il n’y a plus qu’une solution à choix: se résigner ou quitter l’entreprise.

«Si l’on a l’impression que tous les horizons sont bouchés, il faut vraiment s’assurer qu’on a procédé à une analyse approfondie de la situation et entrepris toutes les démarches possibles pour dépasser les blocages», conseille Marcel Louis Goldschmid. Par exemple, il ne faut pas se contenter uniquement de rechercher des solutions dans sa propre unité de travail. Peut-être y a-t-il des ouvertures dans d’autres départements de l’entreprise ou des possibilités d’explorer des améliorations avec le chef de son chef…

«En débit des difficultés et des conflits qui peuvent s’exacerber, il ne faut pas voir d’emblée son chef comme un adversaire, mais plutôt de tout faire pour essayer de créer une relation d’alliance avec lui», recommande très justement Marcel Lucien Goldschmid à ce sujet.


Comment se préparer à faire le grand saut

Trouver un emploi dans une autre entreprise peut aussi s’avérer risqué. Il y a en effet autant de dangers à être incompris dans ses velléités d’avancer dans sa carrière que chez son employeur précédent. Sauf si son cahier des charges est parfaitement défilé et qu’il y avait déjà une personne à ce poste précédemment.

Une réorientation professionnelle et toujours délicate, mais elle peut aussi s’avérer être très profitable à celui que la tente. Elle permet de faire varier ses compétences et démontre ses aptitudes au changement. Une qualité qui est souvent très prisée des patrons qui veulent faire avancer ou évoluer leur entreprise. «Il existe des situations où l’on a tout intérêt à aller voir ailleurs» souligne Marcel Lucien Goldschmid. Là où les circonstances, les structures, la hiérarchie bloquent tout dénouement positif, il serait faux de s’accrocher à son poste. «Rien ne sert dès lors à perdre son temps et à continuer de vivre dans la frustration et une amertume croissante.»

Changer d’employeur permet aussi de remettre les compteurs à zéro quand on s’est égaré dans ses relations avec son employeur ou ses collègues. Cela peut provenir d’une maladresse incomprise ou d’une remarque mal interprétée. Il faut pourtant en tirer les leçons en évitant les quiproquos chez son nouveau patron. Il faut cependant éviter, si cela est possible, de donner sa démission d’une façon impulsive. Il est toujours plus aisé de trouver un nouveau poste quand on est encore employé. Les chômeurs de longue date en savent quelque chose…

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