Lors du séminaire sur l'harmonisation du trafic des paiements organisé par les associations PaymentStandards et l'École supérieure d'économie bancaire, les quelque 60 participants ont assez rapidement réalisé que cette question s'avérerait un tour de force apportant des avantages à l'ensemble de la Suisse.

«Ensemble ou rien du tout», tel pourrait être la synthèse des conférences tenues dans le cadre de cette manifestation. Dans son allocution de bienvenue, Daniela Stehli-Wiederkehr de l'École supérieure d'économie bancaire, releva d'emblée qu'une telle harmonisation est tout sauf aisée et assimile cette tâche à une révolution silencieuse. Alors que le trafic des paiements se déroule au premier plan à un niveau élevé, des composants essentiels du système devront être renouvelés ou repoussés à l'arrière-plan. Aucune pierre ne restera debout.

Ce point de vue est partagé par Boris Brunner de SIX Interbank Clearing: «Les nouveaux processus numériques de paiement simplifient les flux de travail pour tous. Mais il y a encore beaucoup à faire pour arriver à ce stade. Surtout pour les banques», souligne-t-il dans son exposé. «Elles doivent non seulement adapter leurs propres systèmes à ISO 20022, mais également motiver et encadrer leur clients commerciaux dans cette démarche.» Le changement des normes techniques est complexe et abstrait à la fois. Il n'est donc pas étonnant que la QR-facture polarise l'attention tout au long du processus de migration.

Les avantages du code QR peuvent être décrits en quelques mots et sont aussi tangibles que le papier. «Et c'est le nœud du problème», explique Brunner, «quiconque veut précisément faire profiter ses clients des avantages de la QR-facture doit d'abord passer à ISO 20022.» Seuls les types de messages structurés en format de données XML – pain et camt – permettent de transporter de bout en bout toutes les informations contenues dans le code QR. Les informations requises par l'obligation légale de surveillance ne trouvent pas place dans le format DTA. Elles resteraient ainsi littéralement sur le bas côté et devraient être saisies manuellement après coup. «Il est d'autant plus important que les banques rendent leurs systèmes disponibles jusqu'à la fin novembre 2017 et encadrent leurs clients très activement et systématiquement jusqu'à la fin 2018», exhorte Brunner à l'issue de sa présentation: «Celui qui arrive trop tard doit compter avec des charges manuelles et des retards dans les paiements et les messages.»

Raphael Bättig de Sage Switzerland se joint aux interventions de l'orateur précédent: «La migration est une chose. Chaque client et partant chaque projet, chaque discussion sont différents.» Bättig souligne l'importance du dialogue permanent avec les clients. «Le dire une fois seulement ne suffira pas. Un effort continu d'information s'impose.» Les charges de migration dépendent essentiellement de la situation individuelle du client et ne peuvent être évaluées qu'au travers du dialogue. Tout est possible, depuis les mises à jour logicielles de routine au projet complexe de migration s'étendant sur plusieurs départements. Le dialogue doit s'amorcer tôt. Si tout le monde attendait jusqu'à la fin, des goulets d'étranglement au niveau des capacités pourraient entraver une migration en temps opportun. Bättig souligne combien il est important que les banques, les clients et les entreprises de logiciels collaborent, la seule façon en définitive d'identifier et de résoudre tous les problèmes à temps.

Patrick Graf de PostFinance met le point final à la manifestation. Ses clients doivent déjà avoir converti leurs systèmes à ISO 20022 jusqu'à la fin 2017. La préparation de cet événement à caractère déjà presque historique est avancée en conséquence. Patrick Graf résume ses expériences: «Le chemin n'a pas été facile». Après une longue phase préparatoire, PostFinance a commencé au début de 2016 à adapter ses clients par phases. «Les gros clients ne souhaitent en général pas de big bang. Ils préfèrent une distribution sur une période plus longue, ce qui prend du temps.» De plus, il n'a pas toujours été facile d'obtenir l'audition nécessaire de la part de la clients commerciaux quant au caractère urgent du projet. «Nous avons informé de manière intensive par tous les canaux médiatiques et de dialogue. À la fin, seule restait la voie de la lettre recommandée pour interpeller de nombreux clients.» Au cours des dernières années, PostFinance a accompli beaucoup de travail de persuasion. «Les clients qui ont déjà fait le pas en voient normalement aussi les avantages», selon Graf, une constatation qu'il résume ainsi: «L'harmonisation du trafic des paiements suisses – un tour de force pour une Suisse encore plus numérique.»