Cette désertion dans les rangs des employés des entreprises allemandes découle du manque de débouché professionnel et d'opportunités d'y faire carrière. Deux tiers des employés travaillant à temps plein sont intéressés par les nouveaux modèles de travail basés sur des missions ou des contingents, mais que les responsables des ressources humaines et leur chef y sont restés sourds jusqu'ici.

Quand bien même les employés sont satisfaits de leur travail, 34% d'entre eux envisagent de quitter leur emploi actuel dans les douze prochains mois, révèle une étude réalisée en Allemagne par le cabinet de recrutement Mercer. Et la même proportion d'employés admet avoir demandé à pouvoir bénéficier d'une plus grande souplesse dans leur emploi, mais que leur patron n'a jusqu'ici pas répondu à une telle attente. Les organisations sous-estiment les capacités numériques des employés. Et leur santé prime sur leur bien-être, admettent-ils majoritairement.

Toujours selon cette enquête, les mutations sont, de manière générale, un sujet capital pour les organisations. C'est ainsi que 93% des entreprises envisagent de modifier leur organisation de manière significative au cours des deux prochaines années. Mais dans le même temps, seuls 4% des managers admettent que leur organisation soutient un tel processus de modernisation. A une époque où la numérisation, la robotique et l'intelligence artificielle remettent en cause les modèles d'affaires traditionnels et les évacuent en bonne partie, les entreprises misent sur les nouvelles technologies afin de sauvegarder leur compétitivité. «La plupart du temps, le facteur humain est rapidement oublié», admet Dieter Kern, partenaire du spécialiste en ressources humaines.