Certains propriétaires agissent contre toute logique
Vendredi, 27 Mars 2009 10:23
En Suisse, 60% des propriétaires immobiliers ne vont pas voir ce que propose la concurrence avant de renégocier leur hypothèque. Une démarche contraire à leurs intérêts.
Plus de la moitié des propriétaires de biens immobiliers helvétiques sont d'avis que bien s'informer et demander des offres à la concurrence constituent les deux moyens les plus efficaces pour bien négocier sa nouvelle hypothèque. Mais ils ne le mettent pas en application. Selon un sondage réalisé par le site Internet comparis.ch sur le comportement des emprunteurs hypothécaires suisses, 60% d'entre eux s'abstiennent étonnamment de demander des offres de la concurrence.
Les Romands sont plus distants envers leur banque attitrée
L'étude de comparis.ch constate que, selon les régions linguistiques, les emprunteurs ont des comportements parfois très divergents. Les Suisses allémaniques sont fidèles et font entièrement confiance à leur banque tandis que les propriétaires romands sont plus critiques.
Selon le sondage, les propriétaires immobiliers suisses-allemands souscrivent généralement leurs hypothèques chez leur banque habituelle, c'est-à-dire là où ils font virer leur salaire et ont leur compte courant. C'est le cas de plus des trois quarts des participants de Suisse alémanique, contre seulement 60% en Suisse romande et 56% en Suisse italophone.
En Suisse alémanique, seulement 11% des personnes interrogées avaient souscrit une hypothèque auprès d'un institut financier dont elles n'étaient pas clientes auparavant. En revanche, les Romands sont plus du double à avoir fait ce choix (26% précisément), suivis par un bon 15% de Suisses italophones.
Les Suisses allemands sont plus difficiles
Dès lors, il est logique que, lorsque l'on demande aux emprunteurs des différentes régions linguistiques ce qui pourrait éventuellement les motiver à changer de partenaire lors de la renégociation de leur hypothèque, leurs réponses divergent nettement. Un bon tiers des Suisses allemands ont déclarés qu'ils ne changeront jamais de prestataire ou qu'ils n'avaient aucune raison de le faire contre seulement un cinquième des propriétaires immobiliers romands.
Le «röstigraben» entre la Suisse alémanique et les deux autres régions linguistiques de Suisse se creuse sur la question de savoir chez quel prestataire ils ne voudraient pas souscrire leur hypothèque. Seulement 16% des Suisses allemands s'imaginent signer avec n'importe quelle banque.
Par contre, les emprunteurs de langue française ou italienne sont beaucoup moins difficiles: presque la moitié des propriétaires immobiliers romands et même 52% des emprunteurs italophones déclaraient qu'ils pourraient signer une hypothèque chez n'importe quelle banque.
Un taux d'intérêt moindre ne fait pas tout
Une autre question a été posée aux participants au sondage, à savoir pourquoi ils avaient choisi tel ou tel prestataire. Les Suisses italophones se sont montrés être les plus réactifs au taux d'intérêt: 37% d'entre eux ont déclaré que le taux proposé était le critère principal pour signer avec une banque.
C'était aussi l'argument majeur pour 29% des Romands mais à peine pour 14% des Suisses allemands. Le sondage constate que le critère déterminant des emprunteurs alémaniques est le service global offert par l'institut de crédit.
Plus qu'un taux d'intérêt faible, c'est le contact personnel avec le conseiller financier ou ses conseils qui les incitent principalement à signer, alors qu'en Romandie et dans les régions italophones, seule une toute petite minorité des participants ont indiqué que cela représentait pour eux la raison prépondérante.





