Avis de tempête sur l'industrie automobile

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L'année 2008 avait pourtant bien commencé, avec des améliorations de la production automobile de 2% en janvier et de 6% en février. Depuis, le paysage automobile mondial a bien changé.



Le mouvement de recul des ventes automobiles a été surtout sensible à partir de mars 2008. Une baisse qui touchait de plein fouet une industrie qui vivait déjà une phase de restructuration drastique, tentant d'adapter sa production pour faire face à l'augmentation du prix des carburants. Du coup, au premier trimestre de 2008, le géant General Motors annonçait une perte de 3,3 milliards de dollars, et même de 15 au deuxième trimestre. Ford lui emboîtait le pas avec un déficit de plus de 8,6 milliards. Malgré les relativement bons résultats des constructeurs européens tels que Renault et VW, les nouvelles en provenance de l'industrie automobile du Vieux Continent sont désormais elles aussi extrêmement mauvaises.

On serait en droit de penser que le dynamisme des pays émergeants et la baisse importante du prix du pétrole depuis le début de la crise pourraient avoir un effet stimulant pour les ventes de nouvelles voitures. Il n'en est cependant rien. La défiance des consommateurs agit comme une lame de fond qui emporte tout sur son passage. Les sous-traitants de l'industrie automobile sont directement touchés par le recul des ventes et en font directement les frais.


Harro sur les gros cubes

Les gammes les plus touchées sont naturellement les grosses cylindrées et les SUV. C'est ainsi que Nissan a annoncé le licenciement de 1600 ouvriers dans son usine de Barcelone à la suite de la dramatique baisse de son modèle Pathfinder. En Allemagne, le recul des ventes a atteint 10% en août et en France, celui-ci fut de 7% durant la même période. La situation est encore plus critique en Grande-Bretagne et en Italie, l'Espagne étant la plus touchée, avec un recul de 40% en août par rapport à l'année précédente. Dans tous ces pays, les constructeurs n'ont plus qu'une solution: revoir entièrement leurs plannings de production.

Les résultats de cette situation ne se sont pas fait attendre: les licenciements et les arrêts de production se multiplient sur les différents sites. Volvo a par exemple demandé au quart de ses 6000 ouvriers, principalement dans ses usines de Gent et de Göteborg, de rester désormais chez eux. En Allemagne, Opel, filiale du géant américain GM, craint pour sa survie et en appelle au gouvernement pour sauver ce qui peut encore l'être, mais sans trop y croire.



Pas de panique chez les dirigeants

Même le haut de gamme de luxe n'échappe pas au phénomène: chez BMW, plusieurs arrêts de la chaîne de production sont intervenus au mois de novembre dans son usine de Dingolfing où sont construites les gammes 5, 6 et 7. Norbert Reithofer, patron de la marque allemande, reste malgré tout assez serein en prévoyant que le rendement financier de l'exercice de 4% annoncé précédemment pourra être maintenu. Il s'attend aussi à ce que les ventes de voitures progressent encore cette année.