La pression sur les marges freine le développement de l'industrie
Mercredi, 25 Mai 2011 15:24
Au premier trimestre 2011, les entrées de commandes et les exportations de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux ont progressé de manière satisfaisante.
Le chiffre d'affaires du secteur s'est par contre nettement moins valorisé. La vigueur du franc pèse en effet parfois très lourd sur les prix à l'exportation et donc sur les marges des entreprises juge d'association interprofessionnelle Swissmem qui craint même que les conséquences négatives découlant de la cherté du franc suisse s'accentuent encore en Suisse dans le courant de l'année.
Progression sensible des entrées de commandes
La demande pour des produits de l'industrie des machines, de l'électrotechnique et de la métallurgie (MEM) a évolué de manière très positive. Les entrées de commandes des 290 entreprises Swissmem recensées ont augmenté de 27,3% au cours du premier trimestre 2011 par rapport à la même période de l'année précédente (+39,5% pour la Suisse et +24,1% pour l'étranger). Il faut cependant savoir que cette forte croissance reflète un important effet de base, étant donné que les entrées de commandes du trimestre correspondant de l'année précédente étaient 30% inférieures à celles enregistrées avant la crise.
Comparé aux entrées de commandes, le chiffre d'affaires n'a progressé que de 2,7% par rapport au premier trimestre 2010 et s'est maintenu 18% en dessous du niveau d'avant la crise. A en croire les chiffres de la Direction générale des douanes (DGD), les exportations de l'industrie MEM ont augmenté de 11,1% au premier trimestre 2011.
Une fois de plus, l'Asie sort du lot (+27,3%), tout particulièrement la Chine avec 73,5%. Comparée à cela, la croissance des exportations vers la zone UE (+6%), fut plutôt modeste. Cette destination représente plus de 60% des exportations de l'industrie MEM. Cette évolution a également eu des conséquences sur le taux d'utilisation des capacités, qui est passé à 91,4% et se situe ainsi nettement au-dessus de celui de l'année précédente (76,6%) et de la moyenne sur plusieurs années (86,1%).
La force du franc continue à peser sur les marges
Compte tenu de la bonne situation conjoncturelle globale, la demande de produits de l'industrie MEM continue à augmenter. Cependant, la force du franc perturbe fortement la situation. Swissmem peut faire valoir de nombreux indices prouvant que la pression sur les prix d'exportation et donc sur les marges des entreprises, est élevée.
La dernière statistique de la DGD confirme les nettes réductions de prix enregistrées au cours des trois der-niers trimestres. En raison de la dévaluation du dollar américain depuis le début d'année, la situation s'est encore détériorée au niveau des bénéfices. Les incertitudes existant dans la zone euro ne donnent guère d'espoirs pour une amélioration des taux de change dans les mois à venir. Par conséquent, la pression sur les marges des entreprises ne va pas diminuer.
Les mesures prises par les entreprises ne suffisent plus
Les entreprises actives dans les machines, le secteur électro-technique et la métallurgie ont déjà réagi l'année dernière pour compenser la force du franc suisse. Elles achètent toujours davantage dans la zone euro et exploitent différentes possibilités pour se prémunir des risques relatifs aux devises.
Une gestion rigoureuse de la production et l'augmentation de l'efficience sont des mesures supplémentaires souvent appliquées pour atténuer les conséquences négatives de la force du franc. Cependant, toutes ces mesures ne suffisent pas pour rester compétitif à long terme.
Pour faire face à la concurrence internationale, les entreprises suisses doivent se distinguer par des produits novateurs qui malheureusement ne sont pas réalisables à très court terme. Swissmem craint donc que les entreprises soient obligées de prendre des mesures draconiennes comme par exemple le transfert de productions à l'étranger et des licenciements en Suisse.
L'association observe depuis plusieurs mois déjà que les entreprises investissent toujours plus à l'étranger. Les politiques devraient tenir compte de cette évolution.





