Le goodwill accroît le risque de dépréciation
Jeudi, 19 Mars 2009 18:31
Alors que régulateurs et auditeurs accordent une importance accrue à la mesure de la juste valeur, une étude révèle que est le poids des actifs immatériels constatés lors de 709 opérations d'acquisition.
Les principaux enseignements de cette enquête sont que le goodwill représente en moyenne 47% de la valeur des entreprises acquises. Or, les tests de dépréciation annuels du goodwill peuvent entraîner des dépréciations en cas de baisse de la valeur des sociétés acquises ou de la non réalisation des synergies attendues au moment de l'acquisition.
En moyenne, seul 33% de l'immatériel (total du goodwill et des actifs incorporels identifiés) est alloué à des actifs incorporels spécifiques. 67% est laissé en goodwill. Selon les normes IFRS, la valeur résiduelle du goodwill doit être justifiée. Dans les rapports annuels, ceci est généralement fait de façon très succincte, les composantes de la valeur de l'entreprise acquise n'étant que très peu explicitées.
Une grande importance à la relation clientèle
Parmi les actifs incorporels reconnus par les acquéreurs, les relations clientèles arrivent en première position. 44% des opérations de fusions acquisitions étudiées donnent en effet lieu à la comptabilisation de contrats clients ou relations clientèles.
Ces actifs sont particulièrement importants dans les secteurs des assurances et des télécommunications, où une transaction est souvent motivée par l'acquisition d'un portefeuille de clients. Parmi les autres actifs les plus souvent comptabilisés, on retrouve la marque (31% des transactions) et la technologie (20% des transactions).
Comment évaluer les actifs correctement?
Les conséquences comptables des acquisitions doivent être considérées avec attention par les équipes en charge des fusions-acquisitions. En effet, les normes IFRS obligent les entreprises à évaluer ou réévaluer dans chaque transaction les actifs corporels et incorporels acquis.
Ces évaluations ou réévaluations entraînent des charges d'amortissement additionnelles et ont donc un impact direct sur les résultats futurs des entreprises procédant à des acquisitions. Dans 23% des acquisitions, aucun actif incorporel n'est reconnu. De plus, les acquéreurs ne communiquent dans certains cas que sur le montant total des actifs incorporels reconnus.
Evaluation plus délicate de la juste valeur
Les changements attendus à partir du 1er juillet 2009 sur les normes IFRS relatives aux regroupements d'entreprise (IFRS 3 révisée) accorderont une part plus importante à la mesure de la juste valeur. Les exercices d'évaluation seront donc plus complexes, notamment dans le cadre du calcul des compléments de prix, des acquisitions par étapes et de l'évaluation des intérêts minoritaires.





