Une seconde vie pour les grandes collections
Lundi, 31 Mai 2010 16:00
La liquidation d'anciens stocks de produits de marque fait l'objet d'un business qui monte malgré la crise.
La crise économique ne semble pas affecter le marché du destockage des produits de luxe. C'est en tout cas que ce que prétend la Canadien Maurice Goldberger, PDG de la société canadienne Chiron Inc., qui s'est spécialisée dans ce type de négoce depuis 1985.
Son modèle d'affaires se limite aux produits de marques, que ce soit des montres, des articles de bijouterie, de l'habillement, des chaussures, des articles de maroquinerie, des sacs, des produits de beauté, de la nourriture, etc.
Un peu tout ce qui lui passe sous la main, à condition que ce soit des articles de marque, qu'il peut proposer avec des rabais variant entre 10 et 35%. "Je suis ouvert à toutes les catégories de produits, sauf pour ce qui est des articles électroniques, qui perdent trop vite de valeur" note le patron de la société qui a son siège à Hampstead.
Son chiffre d'affaires, 350 millions de dollars canadiens en 2009, est en progression de 25% par année. Il le réalise pour l'essentiel en Amérique du Nord, en Europe et dans les anciens pays du bloc soviétique. "J'espère pouvoir attaquer prochainement les pays asiatiques" souligne-t-il. Les pays du Moyen-Orient ne sont pas dans sa cible, car pour les consommateurs de ces pays, le niveau du prix n'est pas un obstacle.
Les affaires de Maurice Goldberger ne sont pourtant pas affectées par la crise économique. Certains fabricants et fournisseurs, surtout parmi les moyennes entreprises, ont besoin de liquidités, ce qui les incite à négocier leurs surplus de l'année précédente pour se refaire. A l'autre bout de la chaîne, les consommateurs sont tout heureux de pouvoir acquérir des produits de luxe à des prix très avantageux.
Maurice Goldberger sert en quelque sorte d'intermédiaire entre les grandes marques et les revendeurs non agréés qui peuvent ainsi exposer des produits de prestige dans leurs vitrines. Et pour être certain de ne pas tomber sur des produits qui sont des pales copies des produits originaux, les approvisionnements sont assurée directement par les grandes marques. C'est là qu'intervient toute l'habileté de négociateur de Maurice Goldberger. Il lui trouver les bons arguments et être prêt à faire des concessions notoires: les marques lui imposent le plus souvent les pays où il sont d'accord d'écouler leurs invendus de cette manière et les ventes ne doivent pas avoir lieu dans des boutiques se trouvant à une trop grande proximité avec celles des enseignes officielles de la marque.
Ces dernières ne seraient en effet pas très heureuses de trouver un concurrent direct vendant les mêmes produits sous leur nez avec une détaxe aussi importante. La vente de surplus directement à des boutiques ayant pignon sur rue a l'avantage de juguler le marché gris, précise Maurice Goldberger. Il admet que pour que le système fonctionne et éviter tout antagonisme, cela doit se faire dans la maximum de transparence. Celle-ci est par contre pas de rigueur quand il s'agit de savoir quels sont les marques qui font appel à son réseau parallèle. Elles ne sont en général pas très fières d'avouer qu'elles n'atteignent pas leurs objectifs de vente.
Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch





