Protection accrue lors de la dénonciation de mauvaises pratiques

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Comme l’a révélé un sondage réalisé par Ernst & Young auprès de 1300 collaborateurs de sociétés internationales dans 13 pays européens, les personnes interrogées attendent de leur employeur des mesures beaucoup plus efficaces en matière de lutte antifraude ainsi qu'une protection accrue en cas de dénonciation de mauvaises pratiques ou "whistleblowing".

Bien que les employés souhaitent clairement des mesures antifraude efficaces au sein de leur entreprise, leur employeur peut rarement satisfaire ces exigences avec les solutions en place. Tel est le constat d’un sondage concernant la lutte antifraude et la corruption réalisé dernièrement par Ernst & Young auprès de 1300 collaborateurs de sociétés internationales dans 13 pays européens, dont la Suisse. Ainsi, neuf personnes sur dix (88%) demandent à leur entreprise d’établir un code de conduite obligatoire («Code of Conduct») afin d’empêcher ou de sanctionner les actes illicites (82% des personnes interrogées en Suisse).
Seule la moitié des personnes interrogées au sein des sociétés d'Europe centrale et orientale et les deux tiers des collaborateurs de sociétés d’Europe occidentale confirment l’existence d’un code de conduite dans leur entreprise (70% en Suisse).

Un fléau pour les entreprises
En mars dernier, Ernst & Young a interrogé 1300 collaborateurs d'entreprises internationales dans huit pays d'Europe occidentale et cinq pays d'Europe centrale et orientale sur leur perception de la fraude et de la corruption et sur l’efficacité des moyens employés pour lutter contre ces deux fléaux dans leur entreprise. Comme le montre une étude publiée par Ernst & Young en 2006 (Ernst & Young’s 9th Global Fraud Survey 2006), une entreprise sur cinq dans les pays développés a déjà été victime de fraude.
Dès lors, pour Michael Faske, responsable Fraud Investigation & Dispute Services auprès d'Ernst & Young Suisse, «le fait que les personnes interrogées exigent autant de leur entreprise et de leurs dirigeants est un signe positif». Ainsi, en cas de soupçons, près de la moitié des sondés aurait recours à une hotline pour la dénonciation de mauvaises pratiques («Whistleblower Hotline») – à condition qu'un tel service indépendant soit proposé aux collaborateurs et que son existence soit connue (61% en Suisse). En effet, 38% seulement des personnes consultées connaissent l’existence d’une hotline de ce type dans leur entreprise (43% en Suisse).

Une grande efficacité
Selon Michael Faske, il est prouvé que la dénonciation de mauvaises pratiques est – outre d'autres méthodes de contrôle et de gestion des risques – l’un des moyens le plus efficace pour lutter contre la fraude. Les conséquences éventuelles sur la culture d'entreprise et l'application de différentes méthodes doivent donc être examinées de manière approfondie dès le départ. La crainte des mesures de rétorsion De l’avis quasi-unanime des personnes interrogées, les droits des collaborateurs signalant des soupçons de fraude ou de corruption au sein de l'entreprise devraient être protégés.
Seulement 55% des personnes sondées en Europe centrale et orientale et 76% en Europe occidentale pensent que leur employeur les protègera effectivement s’ils dénoncent des agissements illégaux (75% en Suisse). En outre, nombre d'entre eux craignent des mesures de rétorsion, voire la perte de leur emploi. Michael Faske tire néanmoins un bilan positif de ce sondage: «Le soutien et l’engagement des collaborateurs en faveur de programmes de lutte antifraude et de codes de conduite efficaces est important. Il revient aux employeurs de réduire le plus possible le risque de fraude et de diffuser une culture d’entreprise allant dans ce sens.