Liquidités devient le maître mot dans les entreprises

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Un rapport montre comment les grands groupes mondiaux adaptent actuellement leurs stratégies commerciales pour faire face à la profonde récession mondiale et comment leurs priorités principales évolueront dans les douze mois à venir.

 

Le point de départ de toute entreprise est la trésorerie et de nombreuses sociétés ont déjà serré leur ceinture de manière drastique. Près de 40% des sociétés interrogées ont d'ores et déjà ressenti l'aggravation de la situation économique dans leur secteur, dont un tiers ont constaté un retrait de leurs concurrents et une augmentation des faillites. Plus des deux tiers des sociétés ont décidé de transmettre plus fréquemment les rapports sur les risques à leur direction.

La volonté de réduire les coûts commence à avoir des répercussions sur la stratégie commerciale interne. Plus de 80% des sociétés participantes ont déjà entrepris une analyse générale sur la diminution des coûts, près des deux tiers ont entamé des plans de réduction des effectifs et plus de la moitié ont rationalisé leurs dépenses informatiques. Contrairement à leurs homologues américaines, les sociétés européennes ont été plus enclines à réduire leurs coûts dans le domaine de l'immobilier et de l'informatique que de diminuer les frais de personnel directs ou indirects.

La crise du crédit a obligé les entreprises à trouver des solutions alternatives pour améliorer leur trésorerie. Près de la moitié des sociétés ont cédé ou arrêté une partie de leur activité et 43% ont recherché des alternatives de financement à court terme, tandis que 23% ont envisagé à la fois de renégocier les conditions de leur contrat de prêt et de communiquer activement avec leurs prêteurs, les analystes et agences de notation. Seul un petit quart d'entre elles ont déclaré que la disponibilité de liquidités ne constituait pas un problème.

 

Clients et fournisseurs mis à mal

Les sociétés interrogées surveillent déjà de près leurs clients comme leurs fournisseurs. Et à raison, puisque plus de la moitié d'entre elles ont constaté une détérioration de la solvabilité de leurs clients (presque 60% en Europe) et plus de la moitié déclarent que leurs principaux clients sont dans la tourmente, avec une augmentation des délais entre la commande des clients et le recouvrement des paiements.

Les sociétés ont changé de stratégie afin de mieux s'adapter à ce nouvel environnement: en effet, les trois quarts d'entre elles se sont concentrées sur leurs principaux comptes et plus de 40% d'entre elles ont développé de nouveaux produits. Un tiers des sociétés ont déclaré que leurs craintes vis-à-vis de leurs clients actuels les ont poussées à élargir leur clientèle et un tiers ont reconnu avoir résilié des contrats avec des clients qu'elles jugeaient à haut risque.

Concernant les fournisseurs, les sociétés interrogées ont été partagées à égale proportion entre deux stratégies: la moitié d'entre elles ont réduit le nombre de leurs fournisseurs pour obtenir des prix ou des conditions plus avantageuses tandis que l'autre moitié a préféré élargir sa base de fournisseurs pour réduire les conséquences de la faillite d'un fournisseur clé. La plupart des sociétés mènent déjà une campagne de communication active avec leurs fournisseurs: la moitié d'entre elles ont négocié plus régulièrement des délais de paiement avec les fournisseurs et plus d'un quart d'entre elles ont déclaré que leurs principaux fournisseurs connaissaient des problèmes financiers.

Les sociétés ont été également interrogées sur leurs priorités stratégiques au cours des 12 mois à venir. La grande majorité d'entre elles souhaitent protéger leurs actifs, améliorer leurs performances et restructurer leur activité. En ce qui concerne la gestion des liquidités, les deux tiers d'entre elles ont envisagé une étude complète de celle-ci ainsi que des flux de trésorerie actuels, la moitié une transformation de leurs indicateurs d'actifs circulants en objectifs de performance de gestion et 36% une conversion en liquidités de certains actifs.


Dans quels secteurs envisagent-elles d'économiser à l'avenir?

Il s'est dégagé une sorte de consensus sur les domaines dans lesquels les entreprises poursuivront leur réduction des coûts: elles ont déclaré s'attendre à des économies raisonnables à substantielles dans leur chaîne de distribution (58%), les ventes et le marketing (42%), les activités (56%) et les services informatiques (43%).

D'un point de vue stratégique, 40% des sociétés mondiales et 53% des entreprises européennes ont déclaré qu'elles envisageaient sérieusement de vendre leurs activités annexes ou en baisse, d'utiliser davantage les centres de services partagés (27%), de recourir de manière plus systématique à l'externalisation (31%), de nouer des alliances stratégiques (30%) et de délocaliser leurs activités vers des pays meilleur marché (31%). Les sociétés ont notamment constaté une augmentation du rôle de l'externalisation dans les domaines de l'informatique, de la logistique et des ressources humaines. Cependant, une proportion raisonnable d'entreprises voit dans la récession une opportunité de se développer, 34% à l'international et 38% en Europe, et projettent des acquisitions stratégiques.

 

Marchés émergents et croissance

Bien que la plupart des marchés développés étaient perçus comme en stagnation ou en repli, les entreprises ont encore vu des opportunités importantes sur les marchés émergents. La Chine (59%), l'Inde (45%), l'Asie du Sud-Est (26%) et l'Europe de l'Est (31%) ont été les régions du monde où la plupart des sociétés mondiales ont vu les meilleures perspectives de croissance. Environ 18% des entreprises prévoient toujours une croissance importante sur les marchés émergents dans un avenir proche, la majorité d'entre elles (57%) s'attendent à une poursuite de la croissance, néanmoins moins soutenue que les deux dernières années, et 25% estiment que la croissance ralentira de manière significative.