Les cadres féminins mal préparées à affronter l'avenir

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À peine 43 % des femmes cadres estiment qu’elles seront compétitives dans la communauté économique du futur, selon une étude mondiale publiée par Accenture à l’occasion de la Journée internationale de la femme.

L’enquête invitait les personnes interrogées à considérer leur «degré d’aptitude» à travers les six axes suivants: agilité, responsabilité sociétale, compétences globales, technologie, inclusion et diversité, relations professionnelles. Le «degré d’aptitude» mesure l’importance, telle que perçue par les intéressés, de chaque compétence spécifique pour leur réussite à l’horizon 2011, ainsi que leur niveau de préparation dans ce domaine. Il est intéressant de noter que femmes (75 %) et hommes (73%) placent la technologie en tête des compétences qu’ils doivent maîtriser. En France, on observe la même tendance. Les femmes françaises (68%) sont davantage convaincues que les hommes (64%) de l’importance de la maîtrise des technologies pour progresser d’un point de vue professionnel.

Lacunes dans l'utilisation des nouvelles technologies
Plus de 8 femmes sur 10 (83% de l’ensemble du panel et 82% en France) souhaitent apprendre et utiliser les nouvelles technologies, à l’exemple des blogs ou des réseaux sociaux, pour se donner les moyens d’une réussite future. Plus des trois quarts des femmes (76%) prévoient que la mise à profit de ces technologies revêtira une grande importance et deux tiers (66%) que les relations gérées par le biais de la technologie évolueront considérablement d’ici à 2011. En France, lorsqu’on interroge les femmes sur le domaine des plus grands changements d’ici 2011, elles parient sur la technologie comme nouveau vecteur essentiel de relations. Les hommes, pour leur part, mettent en avant la nécessité d’une plus grande flexibilité.
L’étude s’est également penchée sur les facteurs liés à l’avancement de carrière et a relevé certaines différences entre les réponses des hommes et des femmes. Ainsi, les femmes sont plus enclines que les hommes à attribuer leur progression professionnelle à l’ambition et la volonté (59 % contre 54% pour les hommes), à la passion pour la carrière de leur choix (42% contre 39%) et au soutien de leur famille (30% contre 26%).
En revanche, en France, les femmes sont légèrement moins nombreuses que les hommes à considérer ces facteurs comme importants, 49% d’entre elles contre 51% d’entre eux attribuent leur niveau professionnel à l’ambition et la volonté et 35% contre 36 % à la passion pour la carrière de leur choix. Par ailleurs, sur le plan international, les hommes sont plus nombreux que les femmes à invoquer les compétences techniques comme un facteur ayant contribué à leur progression (respectivement 59 % des hommes contre 47% des femmes); même tendance en France avec 61% des hommes contre 47% des femmes.
L’entretien d’un réseau de relations professionnelles est invoqué par les hommes comme un facteur contribuant à l’avancement de carrière plus que pour les femmes (47% contre 29% d’entre elles) ; la tendance en France est inversée puisque seulement 23% des hommes l’invoquent contre 24% des femmes.

 

Légère avance pour les hommes
Autres enseignements de cette étude: seuls 47% des hommes se sentent parés pour faire face à la concurrence en 2011, contre 43% des femmes. En France, 24% seulement des hommes et des femmes interviewés se disent prêts à affronter le monde multipolaire de demain, alors que 70% des français interrogés travaillent déjà aujourd’hui avec des contacts internationaux (clients ou fournisseurs). Hommes et femmes françaises sont tous deux autant convaincus que c’est la course au profit qui va s’amplifier le plus dans les trois ans à venir. En outre, plus de la moitié des personnes interrogées, femmes (58%) ou hommes (61%) déclarent qu’hommes et femmes se montrent tout aussi efficaces dans la constitution de réseaux professionnels favorisant la progression de leur carrière. Pourtant des vestiges des frontières entre les sexes subsistent : plus du quart (28%) de l’ensemble des personnes interrogées estime que les hommes sont plus efficaces que les femmes en la matière, contre à peine 13% qui pensent l’inverse.

En France, les femmes se sentent trois fois plus efficaces dans leur art du réseau que les hommes, alors que ceux-ci ne voient pas de différence entre la capacité des hommes et celle des femmes.

Parmi les autres constatations de l’étude:

  • Les jeunes sont plus nombreux que leurs aînés à s’estimer armés pour réussir en 2011. Près de la moitié (49 %) de la Génération Y (tranche des 26-35 ans) et 45% de la Génération X (36-45 ans) se déclarent prêts pour la réussite dans les trois ans, contre 41% de la génération du baby boom (46 ans ou plus). En revanche, les jeunes français sont moins confiants et s’alignent plus sur leurs aînés : un peu plus du quart (28 %) de la Génération Y (tranche des 26-35 ans) et 22% de la Génération X (36-45 ans) se déclarent prêts pour la réussite dans les trois ans, contre 24% de la génération du baby boom (46 ans ou plus).
  • Les femmes citent la discrimination sexuelle, la nécessité de consacrer de l’énergie à leurs enfants et à leur famille ou encore leur manque de mobilité géographique comme les principaux freins à leurs carrières (respectivement 23, 22 et 18% des femmes interrogées). En France, les obstacles majeurs cités par les femmes pour faire progresser leur carrière sont le fait d’être une femme et la volonté de mener de front une vie de famille (pour environ 25%). La gestion de la vie professionnelle/vie privée est une de leur priorité absolue (84%), mais seulement 56% des femmes françaises sont actuellement satisfaites de cet équilibre. Le salaire est également un élément clef pour 78% d’entre elles mais seulement 38% sont satisfaites. Une femme française sur trois se déclare prête à déménager pour sa carrière, 4 femmes sur 10 se disent prêtes à faire des voyages internationaux; et les cadres supérieures y sont deux fois plus enclines que les non-cadres.
  • Les hommes estiment que la réticence à sacrifier l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, le manque de diplôme plus élevé et l’absence de mentor adéquat constituent les principaux freins à leurs carrières (respectivement 20, 20 et 19% des hommes interrogés). Les hommes français citent comme premier frein la maîtrise des langues (26%). Plus d’un homme français sur 4 est encore convaincu que sacrifier son équilibre de vie favorise l’accomplissement d’une belle carrière professionnelle.

 


Cette étude, intitulée «One Step Ahead of 2011: A New Horizon for Working Women», s’appuie sur une enquête réalisée auprès de plus de 4000 cadres, hommes et femmes, dans 17 pays à travers l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud. D’après ses résultats, les femmes de plusieurs pays émergents se sentent mieux armées pour réussir que leurs homologues de nombreux pays occidentaux. En effet, la majorité des femmes cadres indiennes (68%), sud-africaines (63 %), chinoises (61%) et brésiliennes (52%) se disent aptes à réussir dans l’économie mondialisée à l’horizon 2011 contrairement aux cadres allemandes (32%), anglaises (26%) et françaises (25%).