Près de la moitié des entreprises suisses prévoient des licenciements

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Jusqu'ici, les entreprises suisses ont rapidement réagi à la crise économique en appliquant des mesures «douces», telles que la suppression des heures supplémentaires et le report des nouvelles embauches. Mais cela risque de changer si la crise se prolonge.

 

Au cours des douze prochains mois, des mesures drastiques sont à craindre dans le secteur de l'emploi, ainsi que dans la politique du personnel. Ainsi, selon une enquête réalisée par Adecco auprès de 500 entreprises suisses jusqu'en avril 2009, quelque 40% de celles qui ont été interrogées projettent de licencier des employés au cours des 12 prochains mois.

 

Une réponse graduée

Jusqu'ici les entreprises suisses ont réagi à la crise en introduisant essentiellement des mesures «douces». 53% des entreprises ont mis en place la réduction des heures supplémentaires, 49% le report des nouveaux recrutements. Des mesures plus dures ont également été introduites durant les six derniers mois.

Au total, un quart de toutes les entreprises ont réagi au retournement de la conjoncture en procédant à des licenciements. Environ 20% des entreprises ont introduit le chômage à temps partiel.

 

Report des embauches

Dans le courant des douze prochains mois, les entreprises suisses prévoient toutefois de prendre des mesures plus drastiques. La part des entreprises projetant de licencier des employés passe de 25% à 40%. Quelque 30% des entreprises ont en outre l'intention d'introduire le travail temporaire.

La même proportion d'entreprises prévoit de supprimer tous les bonus. Même parmi les mesures «douces», une aggravation se profile à l'horizon. Deux tiers environ des entreprises veulent également reporter les nouvelles embauches dans les douze prochains mois.

Cette tendance au durcissement pourrait également se faire sentir en ce qui concerne le développement du personnel: quelque 40% des entreprises prévoient de réaliser des économies dans ce domaine.

 

Le secteur industriel est le plus touché

Si l'on considère les mesures envisagées en fonction des différents secteurs d'activité, c'est le secteur industriel qui réagira le plus durement. Pas moins de 55% des entreprises industrielles interrogées projettent en effet des licenciements.

Elles sont 32% à vouloir procéder de la même manière dans le secteur du commerce et 20% dans les services. Par ailleurs, près de la moitié des entreprises industrielles prévoient en outre d'introduire le travail à temps partiel, ce qui est sensiblement plus que celles actives dans le commerce (16%) et les services (14%).

Pierre-Henri Badel