Les dépenses de santé, reflet de la conjoncture
Mardi, 01 Décembre 2009 17:02
Les dépenses de santé publique continueront de croître en 2010 et en 2011. L'époque des augmentations massives semble cependant être révolue pour les années à venir.
L'évolution de la conjoncture et des salaires dans le secteur de la santé est la principale raison de ce ralentissement. Cependant, la part des dépenses de santé dans le produit intérieur brut (PIB) va continuer à augmenter. Dans le cadre de ses prévisions d'automne sur l'évolution des dépenses de santé publique en Suisse, le Centre de recherches conjoncturelles de l'EPF de Zurich (KOF) publie pour la première fois un pronostic pour l'année 2011.
Le KOF a revu à la baisse de 0,5 point de pourcentage ses prévisions d'augmentation des dépenses de santé publique en 2010 et table désormais sur une croissance de 2,4%. Pour la première fois, le KOF publie également un pronostic pour l'année 2011, prévoyant une augmentation de 2,5%. La correction des prévisions pour 2010 est due aux baisses de prix des médicaments négociées cet été dans le cadre d'un accord entre les assureurs et la branche pharmaceutique.
En 2010, les ventes de médicaments par le commerce de détail devraient reculer de 2,7%, celles effectuées par les médecins de 2,1%. Cependant, sur la période allant de 2008 à 2011, les dépenses consacrées aux médicaments augmentent de près de 590 millions de francs. Ceci représente une augmentation inférieure à la moyenne, ce qui explique que la part des médicaments dans les dépenses de santé totales diminue, passant sous la barre des 10% dès l'année 2010.
Le coût des soins hospitaliers augmente de 3,5 milliards de francs en quatre ans En 2010, les dépenses liées aux soins stationnaires enregistreront une croissance de 2,6%, légèrement supérieure à celle observée pour l'ensemble de la branche (2,4%).
En chiffres absolus, ces dépenses augmenteront, selon les prévisions du KOF, de plus de 2,3 milliards de francs entre 2008 et 2011. Dans le domaine des soins ambulatoires, les coûts engendrés par les soins ambulatoires en hôpital augmenteront fortement (9,2% en 2010 et 8,7% en 2011). En chiffres absolus, les dépenses liées aux soins hospitaliers ambulatoires enregistreront une augmentation de plus de 1,2 milliard de francs entre 2008 et 2011.
La faible augmentation des salaires freine celle des dépenses de santé
La forte croissance des dépenses de santé publique enregistrée en 2008 (prévisions du KOF: 5,3%) résultait de l'augmentation supérieure à la moyenne des salaires, en raison de la bonne conjoncture du marché du travail de l'époque. En 2009, l'augmentation des salaires a continué à être plus élevée que la moyenne, si bien que le KOF a revu à la hausse ses prévisions de croissance
du revenu disponible, tablant sur une augmentation de 2,4% alors qu'elle avait d'abord été estimée à 1,3%. Dans les deux années à venir, la situation sera cependant différente.
La conjoncture ne se rétablissant que lentement, les salaires pourraient bien afficher une augmentation à peine perceptible en 2010 et 2011, cette évolution ralentissant la croissance des coûts de personnel et, par là, celle des dépenses de santé dans leur ensemble. Contrairement à cette tendance générale, des augmentations de salaires sont prévues en 2010 dans le canton de Zurich. Celles-ci ont été prises en compte dans le cadre des prévisions du KOF.
Les dépenses de santé stabilisent le PIB
D'un point de vue économique, le domaine de la santé ne cesse de prendre de l'importance, aussi bien du point de vue de la part de valeur ajoutée dans le PIB générée par cette branche que de celui du nombre de personnes qu'elle emploie par rapport à l'ensemble de la population active. C'est ainsi que la part des dépenses de santé dans le PIB a tendance à augmenter.
En 2009, elle a enregistré une croissance sensible de 0,8 point de pourcentage pour passer à 11,5%, ce qui s'explique à la fois par un recul du PIB de 2,6% et par l'augmentation des dépenses de santé de 4,3%. En 2010 et 2011, cette part sera de 11,8%. En 2010, aussi bien le PIB que les dépenses de santé ne devraient croître que légèrement, mais l'augmentation des coûts de santé devrait être un peu plus élevée que celle du PIB. En 2011, les deux chiffres devraient enregistrer une croissance sensiblement égale.





