La zone euro-méditerranéenne: nouvelles frontières de l'Europe

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La première édition du baromètre de l'attractivité euro-méditerranéenne montre que l'espace euro-méditerranéen s'impose comme une des nouvelles frontières de l'Union européenne.



Si  cette zone constitue aujourd'hui pour les investisseurs internationaux un marché à très fort potentiel et un territoire compétitif pour leurs implantations industrielles ou tertiaires, des questions subsistent sur les conditions futures de l'attractivité et de la compétitivité des pays de la zone. Quelle réalité économique au-delà du projet politique ? Quels atouts et quels freins les investisseurs internationaux identifient-ils dans la région ? Quelles sont leurs intentions d'implantations ? Quelles réformes les décideurs internationaux attendent-ils ?

 

Une attractivité en forte amélioration, mais en concurrence directe avec l'Europe de l'est et l'Asie
Si l'on intégrait les 17 pays des rives Nord et Sud, l'espace l'euro-méditerranéen se classerait au troisième rang des régions mondiales en terme de pop PIB (6,9 milliards de dollars - FMI 2008) et de flux d'IDE (217 milliards de dollars - CNUCED 2008), juste derrière l'Union Européenne et les Etats-Unis. En tant que destinations d'investissements internationaux, les pays de la rive Nord ont encore une longueur d'avance pour les activités à forte valeur ajoutée et l'économie du savoir. France, Espagne et Italie restent les territoires privilégiés pour les centres de décision, activités de R&D et fonctions support, ainsi qu'en témoignent les 923 annonces d'IDE en 2007 pour la rive Nord contre 258 pour la rive Sud.
En revanche, la rive Sud (notamment Turquie, Maroc et Tunisie)  renforce sa compétitivité pour les activités industrielles (1er, 3ème et 5ème rangs des classements d'attractivité) et développe son attractivité sur les activités logistiques (la Turquie s'intercale entre l'Espagne et l'Italie à et les centres d'appels (Maroc en tête avec 12%), faisant jeu égal avec les territoires de la rive Nord.
Au total, l'attractivité de la rive sud de l'espace euro-méditerranéen auprès des décideurs internationaux s'est significativement améliorée depuis 3 ans, avec 49% d'opinions positives,sur l'évolution des conditions d'investissement, contre 59% pour la zone Asie, mais seulement 40% pour l'amélioration de l'attractivité ouest-européenne. Barcelone se distingue comme particulièrement attractive pour son rayonnement dans l'espace euro-méditerranéen, 52% des décideurs interrogés la positionnant au premier rang devant Rome, Istanbul, Marseille, Athènes, mais aussi Le Caire, Tunis et Casablanca.

 

Projets et vue et réformes attendues
Pour ce qui est de l'avenir, des projets en vue et des réformes attendues. Un tiers (33%) des décideurs interrogés par le BaroMed 2008 déclarent avoir des projets dans l'espace euro-méditerranéen, mais 43% regardent aussi les opportunités offertes par l'Asie et l'Europe centrale et orientale.Pour la rive Sud, les principaux défis restent ceux de la capacité en R&D (seulement 35% de taux de satisfaction), l'instabilité politique (45%), mais aussi la législation et les coûts liés à la main d'œuvre (46%), désormais en concurrence avec de nouvelles zones d'attractivité en Europe et en Asie.
En revanche, les investisseurs adressent un satisfecit au potentiel économique de pays à très forte croissance (58%), la qualité des infrastructures (54%), et les compétences disponibles (53%), y compris linguistiques (52%).
En matière de réformes pour un espace économique répondant aux attentes des 315 investisseurs du BaroMed 2008,  le projet d'Union pour la Méditerranée devra se pencher sur la libre circulation des capitaux et des biens (36%), celle des travailleurs (30%) et investir dans des politiques communes notamment en matière d'infrastructures logistiques (29%) et de sécurité commune (28%).

Pour téléchargez l'étude: BaroMed 2008