Fonds souverains: des investisseurs qui inquiètent
Samedi, 04 Octobre 2008 08:05
En investissant dans les entreprises occidentales et suisses, les Fonds souverains devraient jouer un rôle prépondérant à l'avenir. On peut pourtant se demander s'ils ne vont pas peser trop fort sur notre économie.
Les investissements des Fonds souverains (ou SWE, abréviation de Sovereign Wealth Enterprises), représentent quelque 120 à 150 milliards de dolalrs, soit environ 10% du marché mondial du private equity, une tendance qui ne cesse de s'affirmer. Si l'on en croit les partisans des fonds souverains, ces sources alternatives de capitaux sont à placer sur le même plan que les hedge funds ou le private equity (PE). Ils soulignent d'ailleurs que la plupart des fonds souverains agissent sur le long terme, indépendamment du fait qu'il s'agisse de fonds axés sur les matières premières ou les réserves de change. Les sceptiques en revanche dénoncent leur manque de transparence, déplorant en particulier la prise d'influence politique et l'appropriation injustifiée de savoir-faire, réclamant davantage de réciprocité et une meilleure prise en compte des considérations de sécurité nationale.
Les fonds étatiques et les entreprises nationales qui leur sont associées, à l'instar de la China National Offshore Oil Corporation ou du DP World à Dubaï, sont d'une grande importance pour les marchés financiers mondiaux. D'ici cinq à dix ans, la fortune gérée par ces fonds devrait atteindre 10 000 à 15 000 milliards de dollars - et dépasse déjà le montant cumulé des actifs sous gestion des hedge funds et du private equity. Dans les années à venir, leur influence sur le marché des fusions et acquisitions pourrait bien devenir prépondérante et la collaboration étroite qu'ils visent à établir avec les maisons spécialisées dans le PE devrait encore renforcer leur position. Face aux investisseurs traditionnels, les fonds et entreprises d'Etat devraient en outre bénéficier de l'élan que leur insufflent leurs énormes réserves de fonds.
Reste toutefois à savoir si les SWF, qui ont déjà joué le rôle de sauveur de l'industrie financière dans le cadre des récents événements, sont prêts à mettre la main à la poche une nouvelle fois. Ces dernières années, voire ces derniers mois, le secteur financier a constitué une cible de prédilection particulièrement attrayante. L'effondrement de plusieurs institutions financières américaines a toutefois marqué un tournant.
En ce qui concerne la gouvernance d'entreprise et la transparence, les Etats et les entreprises occidentaux attendent davantage de clarté sur les investissements et les activités des SWF. Pour la plupart, les fonds souverains doivent encore, d'une part, démontrer qu'ils représentent une alternative sûre et sérieuse aux investisseurs traditionnels, et de l'autre, garantir une certaine réciprocité et faire la preuve du caractère durable du rendement des investissements réalisés. L'expérience montre néanmoins que les SWF se considèrent plutôt comme des investisseurs financiers au vrai sens du terme qui ne montrent que peu d'intérêt à participer activement à la gestion des sociétés, ou même à siéger dans leurs organes directeurs.





