Il faut investir dans les infrastructures

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Selon une étude de l'IMD, la Suisse se retrouve en deuxième position sur le plan mondial en matière d'infrastructures. Pour la conserver, cela exige de nouvelles sources de financement.

L'institut lausannois de développement du management IMD recommande aux États d'investir dans leurs infrastructures afin de maintenir et d'augmenter leur compétitivité. Jusqu'ici, la Suisse a suivi ce conseil à la lettre, avec le succès que l'on sait. Des infrastructures bien étayées contribuent à ce que la Suisse soit le pays d'Europe le plus concurrentiel, prenant la quatrième place après les États-Unis, Singapour et Hongkong.
Ces conclusions ne sont pas nouvelles, en 2006 déjà, le World Economic Forum avait constaté que la Suisse marquait des points grâce à son «contexte institutionnel sain, une excellente infrastructure, des marchés efficients et un niveau élevé d'innovations technologiques». L'offre et la qualité des transports publics en Suisse cherchent encore leurs semblables sur le plan mondial. Notre infrastructure routière est à un niveau élevé.
Il s'agit de facteurs décisifs dans le bras de fer du marché global. Les bonnes infrastructures de transport doivent toutefois être maintenues, voire élargies dans certains domaines. Ce faisant, la Suisse reste attractive aux yeux des entreprises internationales et propose des conditions idéales de logement et de travail à des ressources humaines qualifiées.

Financement des infrastructures grâce à la privatisation des chemins de fer?
Les souhaits ne manquent pas à l'appel, mais l'argent se fait rare. Jusqu'ici, les projets d'infrastructures suisses ont été financés avant tout par le biais de différents impôts et taxes, par exemple la RPLP, l'impôt sur les huiles minérales ou les taxes cantonales sur les véhicules à moteur. Si l'on ne veut pas encore les augmenter, il convient absolument d'examiner d'autres sources financières. La Commission des transports du Conseil des États également a exigé davantage de créativité à ce sujet. Un regard par dessus les frontières nationales est tout à fait autorisé, même si l'une ou l'autre des propositions formulées ne semble ici et pour le moment guère réaliste sur le plan politique.
Le conseiller fédéral Leuenberger souligne concrètement l'intention de notre voisin du nord de privatiser des parties des chemins de fer d'État. Qu'une privatisation des CFF permette de se procurer suffisamment de capitaux pour les projets importants de construction, les professionnels en doutent. Une entrée en bourse des CFF apporterait davantage de transparence et la régie suisse des chemins de fer devraient dévoiler ainsi plus clairement où elle gagnent de l'argent et quels projets de construction s'imposent effectivement. Il s'agit d'un effet digne d'être applaudi.

Fondement de future prospérité
La Suisse ne saurait se reposer sur les lauriers décernés par l'IMD. La compétitivité est réalisée en posant la base d'évolution économique par des investissements pertinents. Les infrastructures représentent un critère clé en l'occurrence. Les décisions politiques d'aujourd'hui en matière d'infrastructures ont un impact direct sur la prospérité de demain. Il reste à discuter sous quelle forme l'économie nationale suisse veut subvenir à l'avenir à ses conditions-cadres de premier ordre. L'introduction en Bourse des CFF est l'une des options possibles.