La Suisse continue à investir dans le monde

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. Imprimer

En passant de 3082 à 3177 milliards de francs, les actifs suisses à l'étranger ont progressé de 95 milliards entre 2008 et 2009. Ces données réjouissantes renvoient l'image d'une Suisse fortement intégrée dans l'économie internationale et dont les capitaux sont très largement présents à l'étranger.

Pierre-Gabriel Bieri, centre patronal

Il y a deux ans, on ne parlait que de la crise financière mondiale. En cette fin d'année 2010, il apparaît pourtant que la situation économique de la Suisse n'a pas trop souffert. Même notre commerce extérieur, pourtant confronté à une économie mondiale quelque peu ralentie et à des taux de change défavorables, réussit actuellement à produire des résultats étonnamment positifs si l'on en croit les chiffres publiés par l'Administration fédérale des douanes.

Cette relative immunité par rapport aux turbulences internationales est d'autant plus remarquable que, dans ce domaine comme dans d'autres, la Suisse est étroitement et intensément reliée au reste du monde. On en prend une nouvelle fois conscience à l'occasion de la publication par la Banque nationale suisse (BNS) des dernières statistiques disponibles sur la position extérieure nette de la Suisse.

Ces chiffres nous disent en effet que notre position extérieure, c'est-à- dire la balance des actifs suisses à l'étranger et des actifs étrangers en Suisse, a progressé de 95 milliards de francs en 2009, atteignant ainsi quelque 764 milliards. Ce montant représente 143% du produit intérieur brut de la Suisse; c'est presque aussi bien qu'à fin 2007, avant la crise (149% du PIB), et beaucoup mieux qu'en 2008 (123% du PIB). Ce bon résultat doit peu aux actifs étrangers en Suisse, qui sont restés stables à 2412 milliards de francs, et tout ou presque aux actifs suisses à l'étranger, qui ont passé de 3082 à 3177 milliards. Ce total se compose notamment de 865 milliards (+85) d'investissements directs, de 1109 milliards (+141) d'investissements de portefeuille, ainsi que de 555 milliards (-58) de crédits des banques.

Selon les explications fournies par la BNS, la progression des investissements directs suisses à l'étranger s'explique non seulement par les sommes que les entreprises suisses ont investies dans leur succursales à l'étranger, mais aussi par le fait que des entreprises étrangères ont transféré leur siège principal en Suisse, leurs propres investissements à l'étranger entrant donc désormais dans la statistique suisse. En ce qui concerne les investissements de portefeuille suisses à l'étranger, leur accroissement s'explique principalement par des gains de cours sur des actions, qui compensent en partie les pertes de cours enregistrées l'année précédente.

Ces données réjouissantes renvoient l'image d'une Suisse fortement intégrée dans l'économie internationale et dont les capitaux sont très largement présents à l'étranger. Un lieu d'investissement toujours apprécié, mais aussi une source d'investissements dans le monde. Cette vérité devrait être particulièrement rappelée à tous ceux qui - tant à l'étranger qu'ici même - feignent encore de voir la Suisse comme un sinistre coffre-fort où «les riches» et «les banques» accaparent les richesses du monde. Or c'est bien le contraire qui est vrai!

(PGB)