Le partenariat constitue la clé de la sécurité dans le secteur bancaire et financier européen
Jeudi, 22 Novembre 2007 14:49
Sir Chris Fox, ex-président de l'ACPO (Association of Chief Police Officers), dirigeait la conférence. «Les menaces sur la sécurité ont évolué aussi rapidement que les services proposés par les institutions financières, a-t-il constaté. Les menaces physiques conventionnelles demeurent lors des vols à main armée, des enlèvements et des braquages de transports de fonds, mais un nouveau foyer se développe sous la forme de menaces non physiques telles que l'usurpation d'identité et la fraude.»
L'Internet réduit les distances. Quelqu'un peut se trouver en Russie ou au Nigeria et commettre des délits à des milliers de kilomètres. La menace est raffinée et ne fait pas de différence entre les organisations et les individus. Cette conférence a réuni des décideurs de toute l'Europe et d'ailleurs, pour leur permettre d'échanger des idées et les aider à anticiper l'évolution des risques.»
Une enquête auprès des délégués a révélé que presque les trois quarts (74%) d'entre eux considèrent l'usurpation d'identité et la fraude comme le plus grand défi auquel le secteur doit faire face en termes de sécurité. Ils croient également que les systèmes électroniques empêchant l'usurpation d'identité et la fraude, ainsi que l'utilisation généralisée de la télévision en circuit fermé (CCTV) représentent les évolutions techniques les plus importantes de ces dernières années en matière d'amélioration de la sûreté et de la sécurité.
Deux tiers des délégués trouvent que le facteur essentiel dont doit tenir compte une stratégie de sécurité est le raffinement accru des comportements délictueux. Les avis sont toutefois divisés sur les moyens d'augmenter la sécurité à l'avenir. L'introduction de cartes d'identification personnelles dans quelques pays, les progrès dans la sécurité des opérations bancaires en ligne et les condamnations plus sévères des délinquants ont particulièrement retenu l'intérêt des participants. Un meilleur échange d'informations entre les entreprises a également été considéré comme important.
Martin Gill, professeur de criminologie à l'Université de Leicester (Grande-Bretagne), a souligné l'importance de connaître les mobiles des criminels. «Il est primordial de parler avec des contrevenants, pour comprendre pourquoi et comment ils commettent leurs délits. Si nous comprenons leur façon de penser, nous pourrons prévoir la meilleure manière de réagir.»
«Quand je compare ce que disent les délinquants et ce que font les sociétés, je constate souvent des lacunes, poursuit le professeur Gill. Il n'est pas rare que les entreprises développent un concept de sécurité sans vraiment comprendre la réalité des problèmes auxquels elles font face. Elles doivent absolument avoir une stratégie réfléchie et fondée sur des informations, qui soit testée d'une manière réaliste pour en garantir l'efficacité.»
«Les menaces sur la sécurité ont un impact réel sur le secteur bancaire et financier, commente Ron Krisanda, président d'ADT Europe, Moyen-Orient et Afrique. Par exemple, les pertes dues au piratage des cartes bancaires aux distributeurs automatiques en Europe ont dépassé les 306 millions d'euros en 2006. Bien que nous ayons développé de nouvelles solutions pour contrer ce genre de problème, il ressort des discussions du colloque qu'aucune personne, société ou organisation ne possède toutes les réponses. En développant des réseaux pour partager rapidement les informations et en coopérant plus étroitement, les institutions financières pourront se protéger plus efficacement.»





