Importante baisse du bénéfice à la BCV
Mercredi, 20 Août 2008 12:15
Les revenus de la banque vaudoise affichent une baisse de 29% à 420 millions de francs. Ceci s’explique avant tout par la perte de négoce mais également par la cession des activités d’Unicible et de la participation dans la filiale espagnole Asesores y Gestores Financieros SA (A&G). A structure constante, les revenus baissent de 22%. Les opérations d’intérêts, source principale de revenus, augmentent de 1% à 257 millions de francs. Les revenus des commissions diminuent de 9% à 176 millions de francs. Hors effet A&G, la baisse est de 4%.
Les opérations de négoce accusent quant à elles une perte de 45 millions de francs; le résultat du deuxième trimestre, bien qu'en recul de 10 millions de francs), se redresse par rapport au résultat du premier trimestre (-35 millions), reflétant ainsi la stratégie de réduction des risques mise en place en début d’année. Les risques liés à l’activité des dérivés actions ayant été fortement réduits, le groupe bancaire envisage le retour à un résultat de négoce positif au deuxième semestre 2008. La diminution des autres revenus ordinaires de 65% à 32 millions de francs s’explique par la normalisation des ventes d’immobilisations financières, exceptionnellement élevées au premier semestre 2007, et par la cession des activités d’Unicible. Cette baisse s’établit à 31% hors de l’effet lié à la cession.
La maîtrise des coûts ainsi que les cessions d’activités entraînent une baisse des charges totales de 11% à 254 millions de francs. A structure constante, elles ne progressent que légèrement (+2%). Les charges de personnel diminuent de 16% à 156 millions. Hors effet lié à la cession d’Unicible et A&G, elles restent stables (+1%). Les autres charges d’exploitation diminuent légèrement à 98 millions (-1%). Hors effet lié aux cessions d’activités, elles augmentent de 3%. Le bénéfice brut recule de 46%, à 166 millions de francs, essentiellement influencé par la perte de négoce.
Les amortissements ne ne s'élèvent plus qu'à 39 millions de francs (-14%), tout comme les correctifs de valeur en recul à 1 million (-85%). Les produits extraordinaires s’établissent à 114 millions, en augmentation de 27%. Cette hausse résulte avant tout de la cession de la participation du Groupe dans la filiale espagnole A&G et de la vente des activités de crédit à la consommation, alors que les récupérations de provisions diminuent comme prévu. Comme annoncé, le retour à l’assujettissement complet entraîne une augmentation des charges d’impôts de 98% à 46 millions de francs. Le bénéfice net s’inscrit donc en baisse de 39% à 192 millions.
Le total du bilan enregistre une baisse de 4% à 34,1 milliards de francs. Cette baisse s’explique surtout par la diminution du portefeuille de négoce lié à l’activité des dérivés-actions selon la stratégie de réduction des risques en cours, ainsi que par la diminution des créances et engagements interbancaires.
Les postes liés aux affaires clientèle, eux, progressent. A l’actif, la croissance des crédits hypothécaires se situe à 1% (180 millions de francs) à 17,0 milliards. Hors effet de réduction des crédits hypothécaires compromis, la croissance des affaires hypothécaires est de 240 millions de francs, soit 1,4%. Les autres crédits sont en hausse de 4% ou 199 millions; hors effet de la réduction des crédits compromis et de la cession des activités de crédit à la consommation, leur croissance atteint 340 millions de francs, en hausse de 6%. La mise en œuvre de la stratégie de réduction de l’exposition aux risques des activités de négoce des dérivés actions explique la forte baisse (937 millions) du portefeuille de titres et métaux précieux et celle des valeurs de remplacement sur instruments financiers dérivés dans le poste «autres actifs» (326 millions de francs).
Après une période prolongée de baisse des volumes d’épargne traditionnelle, celle-ci se stabilise à 8,1 milliards de francs. Les autres engagements envers la clientèle baissent de 3% à 12,0 milliards, essentiellement en raison de la diminution du volume des comptes à terme à faible marge. A noter encore la forte progression des obligations de caisse de 24% à 501 millions de francs.
Le recul de la masse sous gestion de 10% à 75,9 milliards est imputable à la sortie d’A&G (3,9 milliards) et aux conditions de marchés. Les apports nets de nouveaux fonds s’inscrivent à 342 millions de francs. Compte tenu de la réduction de comptes à terme de faible rentabilité pour un montant de CHF 558 millions, l’apport de nouveaux fonds s’élève à 900 millions de francs.
En vendant sa participation de 50% dans le capital d’A&G aux autres actionnaires espagnols de cette société de gestion de fortune, la banque vaudoise a finalisé sa stratégie de recentrage sur ses métiers de base amorcée en 2003. Par ailleurs, la banque a transféré au mois de mars ses activités de crédit à la consommation (Credipresto) au groupe Aduno. Ce transfert a donné naissance à Swiss One Finance, créant ainsi le numéro trois de la branche en Suisse.
Au niveau des organes dirigeants, le conseil d’administration compte depuis le 1er janvier dernier, un nouveau vice-président en la personne de Jean-Luc Strohm et deux nouveaux membres, Stephan Bachmann et Pierre Lamunière, qui sont également entrés en fonction durant ce premier semestre. La direction générale est présidée depuis le 1er mai par Pascal Kiener qui conserve ad intérim la fonction de CFO. Elle compte également un nouveau membre depuis le 4 août, en l'occurrence Markus Gygax, qui assumera la responsabilité de la division réseau dès le 1er octobre 2008.
La normalisation des résultats va se poursuivre au deuxième semestre, notamment avec la baisse des produits extraordinaires. La stratégie financière concernant l’optimisation des fonds propres et la politique de dividende, annoncée en début d’année sera poursuivie.
Sauf élément extraordinaire, le groupe bancaire vaudois envisage un résultat de négoce positif pour le deuxième semestre, suite à la mise en œuvre de la stratégie de réduction des risques dans ces activités.
Pour l’année 2008, les bénéfices brut et net resteront pourtant influencés par le résultat de négoce négatif, enregistré en début d’année, mais le Groupe est confiant dans le développement de ses principales sources de revenus.
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