Philipp Hildebrand ne démisssionnera pas
Jeudi, 05 Janvier 2012 17:54
L'audit des comptes bancaires de Philipp Hildebrand et des membres de sa famille par Kurt Grüter et Michel Huissoud le lavent de tout soupçon.
Cette délégation avait déterminer si des transactions pouvaient poser problème eu égard à la fonction du directeur général de la Banque nationale suisse (BNS). Les conclusions de l'examen des deux auditeurs des comptes de la famille Hildebrand indique que, selon les deux experts, "aucune opérations susceptibles de constituer une éventuelle exploitation de la connaissance de faits confidentiels ou qui seraient contraires aux règles de la BNS dans ce domaine." Cet audit portait sur l'ensemble des comptes de Philipp Hildebrand, de son épouse Kashya et de leur fille Natalia. Suite aux conclusions de ces audit, le Conseil fédéral a réitéré sa confiance dans le directeur de la BNS.
Cet audit de la délégation suit les conclusions du cabinet Pricewaterhouse Cooper qui relevait l'inexistance de faits impliquant une opération basés sur des informations relatives à la décision de la BNS d'apporter son soutien au franc suisse et à l'achat d'euros pour contrer la forte revalorisation du franc suisse. On ne peut pas parler en l'occurrence d'opération d'initié car, selon le droit suisse, ce terme ne s'applique pas à des opérations sur le cours des monnaies, mais uniquement sur les actions de sociétés cotées en bourse.
Il n'en reste pas moins que durant l'année 2011, sept opérations d'achat ou de ventes de devises ont été effectuées sur des comptes de Philipp Hildebrand pour un volume d'environ 2 millions de francs. Au moins une des transactions semble avoir été réalisée par on épouse Kashya sans qu'il n'en ait été informé au préalable, souligne le rapport des deux experts mandatés par la Conseiol fédéral. A la suite de cette opération, le 16 août 2011, Philipp Hildebrand a transmis à son gestionnaire de compte et à son épouse un courriel leur demandant de ne plus effectuer de transactions sur les monnaies sans qu'il ne l'approuve personnellement et formellement. Si ce message existe réellement, il prouve pourtant que Philipp Hildebrand en avait eu vent et qu'il avait conscience du caractère un peu délicat de ces opérations.
Philipp Hildebrand a pourtant réfuté toutes ces critiques, avouant seulement que ces opérations d'achat de dollars avaient été queque peu maladroites, et en rejetant la responsabilité sur sa femme. Il a ainsi refusé de démissionner malgré toutes les attaques dont il est l'pobjet de la part du tribun zurichois et conseilller national Christoph Blocher, vice président de l'Union démacratique du centre (UDC).
Toute cette polémique tombe pourtant à un mauvais moment et risque de déstabiliser les efforts de la BNS en vue de soutenir la monnaie helvétique. Il n'en reste pas moins qu'elle semble aussi s'inscrire dans le contexte du conflit personnel qui anime les rapports entre Christoph Blocher et le directeur de la BNS.
S'il veut désamorcer cette fronde qui semble être orchestrée par Christoph Blocher, Philipp Hildebrand ferait bien de faire en geste pour montrer sa bonne foi, par exemple en faisant un don des bénéfices retirés par ces opérations à une association caritative ou aux assurances sociales helvétiques et en promettant de ne plus procéder à de teolles opérations. Et le règlement de la BNS devrait aussi préciser que ses cadres ont interdiction de prendre des intérêts dans des produits financiers et de spéculer sur les monnaies.
Pierre-Henri Badel





