La forte hausse des prix pèse sur la conjoncture
Vendredi, 27 Juin 2008 07:15
L'essoufflement de la conjoncture américaine persiste, de même que les turbulences qui affectent les marchés financiers internationaux. S'y ajoute la faiblesse de la monnaie américaine qui exerce un effet modérateur sur les exportations dans la zone dollar. Enfin, les prix des matières premières et des denrées alimentaires ont augmenté dans une mesure qui ne devrait pas rester sans incidence sur la conjoncture. En revanche, la croissance observée jusqu'à présent en Europe et au Japon affiche une vigueur étonnante.
En Suisse, la période durant laquelle les taux de croissance annuels du PIB étaient supérieurs à la moyenne touche à sa fin. En rythme annuel, on atteindra en 2009 des valeurs de l'ordre de 2%. En moyenne annuelle, l'Institut d'étude conjoncturelle de l'Ecole polytechnique fédérale (KOF) prévoit qu'en 2008, les taux de croissance atteignent 2,0% en 2008 et 1,8% en 2009.
La raison de cette correction à la baisse réside principalement dans le fait que le prix du pétrole dépasse largement, à l'heure actuelle, les prévisions de printemps (95 dollars). Avec la hausse générale des prix des biens et des services (notamment les loyers), il en résultera un net renchérissement de la consommation en 2008. Elle pourrait dépasser 3%. A moyen terme, et dans l'hypothèse que le prix du pétrole se maintienne à 120 dollars, le renchérissement devrait toutefois fléchir peu à peu et stabiliser au-dessus de 1% à partir de mi-2009.
Position attentiste de la BNS
Pour ce qui est de la politique monétaire, le Banque nationale suisse devrait avoir une position attentiste. L'accroissement de l'inflation s'explique surtout par la hausse du prix du pétrole et des denrées alimentaires et les effets secondaires sont peu probables à cause de l'affaiblissement de la croissance économique. De plus, le franc suisse devrait s'apprécier quelque peu en termes nominaux, ce qui réduit le risque d'inflation importée.
Compte tenu de la poussée inflationniste, les salariés devront subir des pertes temporaires de salaire réel, même si, jusqu'à l'année prochaine, les rétribution nominales augmentent encore un peu plus qu'on ne le prévoyait au printemps. En raison de la hausse des prix, la consommation privée ne pourra plus autant stimuler la croissance économique que ce fut le cas durant les derniers trimestres. Son augmentation encore remarquable empêchera toutefois un affaiblissement plus sensible de la conjoncture intérieure.
Répercussions sur le marché de l'emploi
Le ralentissement de la croissance économique se répercutera sur le marché de l'emploi relève encore le KOF. Ainsi, la progression de l'emploi observée durant les sept derniers trimestres à raison de taux de croissance de 2,5% devrait subir un net tassement en 2008 et 2009. Le recul du chômage ne tardera donc pas à s'éroder. Dans le courant de 2009, il faut s'attendre à un léger accroissement du chômage qui devrait atteindre 2,5% d'ici la fin de l'année. En moyenne annuelle, le taux de chômage devait cependant pas évoluer au-delà de 2,4% à 2,5%.
Les remous constatés sur les marchés financiers ont déjà laissé des traces; les années 2008 et 2009 devraient être, dans l'ensemble, difficiles pour le secteur financier. Même si la gestion de fortune, principal secteur d'activité des banques suisses avec la clientèle étrangère, poursuit un développement satisfaisant, le repli des cours de la Bourse a affecté les rendements. Les autres activités du secteur tertiaire se sont légèrement redressés ces derniers temps. La production industrielle progresse encore, mais à un rythme nettement ralenti.
Les importations de biens pas touchées
Dans un premier temps, les importations de biens ne seront pas affectées par le fléchissement de la consommation privée; de même, les importations de prestations touristiques demeurent dynamiques. Bien que le léger rafraîchissement de l'économie mondiale ait été préjudiciable aux exportations de biens en début d'année, l'évolution récente est jugée meilleure qu'on ne le prévoyait au printemps. Le KOF s'attend donc à une progression légèrement supérieure pour l'année en cours (4,7%).S'agissant des exportations touristiques, une accalmie est escomptée au cours de la période de prévision, tandis que les exportations de services financiers devraient avoir déjà franchi le creux de la vague.
Les investissements dans les équipements devraient diminuer. Les taux de croissance devraient même se montrer temporairement légèrement négatifs vers la fin de cette année. Leur progression devrait avoisiner 1,8% en 2008, et seulement de 1,3% en 2009. Les motifs d'une plus grande retenue dans les investissements proviennent, d'une part, de l'extension notable des capacités de production réalisées au cours des deux dernières années et, d'autre part, du rafraîchissement du climat économique général. Les investissements dans la construction stagneront. La faiblesse observée dans un secteur sera compensées par la vigueur d'autres secteurs. Le niveau des stocks exercent actuellement une influence positive sur la demande globale. Ils sont encore jugés insuffisants, surtout en ce qui concerne les produits pétroliers.





