L'économie romande résiste mieux

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Atteignant 127 milliards de francs en 2008, le PIB romand a augmenté, en termes réels, de 1,8% par rapport à 2007. Un recul de 1,2% est prévu en 2009 et une reprise est attendue en 2010.

 

En 2008, la Suisse romande a réalisé un produit Intérieur brut (PIB) de 127 milliards de dollars, ce qui représentait une augmentation de 1,8% en termes réels. En 2009, cet agrégat devrait reculer de 1,2% en termes réels pour ensuite progresser de 1,1% en 2010.

Cet agrégat confirme qu'en 2008 le processus de réindustrialisation de la Suisse romande fonde le dynamisme de l'économie régionale qui représente le quart des exportations suisses.

Cet indicateur économique est publié par les six banques cantonales romandes et le Forum des 100 de l'Hebdo, en collaboration avec l'Institut Créa de l'Université de Lausanne.

 

Augmentation en terme réel

En 2008, le PIB nominal romand (non corrigé de l'inflation) s'est établi à 127 milliards de francs. En termes réels, cet indicateur a augmenté de 1,8% par rapport à 2007, alors que sur dix ans, il a progressé au rythme annuel moyen de 2,14%. Ceci trahit un ralentissement de la croissance économique régionale dû aux premiers effets de la crise économique et financière qui frappe la Suisse romande.

L'an dernier, il a augmenté en termes réels de 1,8% par rapport à l'année précédente, en phase avec la croissance du PIB suisse dont il représente 24% de la valeur.

 

L'importance du tertiaire

En 2008, le secteur primaire (agriculture) représentait 1,6% du PIB nominal
romand, le secteur secondaire (industrie et construction) 26% et le secteur
tertiaire (services) 72,4%. Le poids de ce dernier se manifeste par l'importance de ses principales composantes dans le PIB romand: dans l'ordre, l'administration, la santé et le social privés et publics (21% du PIB), le secteur financier (12,6%), le commerce (14,3%) et l'immobilier et les services aux entreprises (10,2%).

 

Une croissance inégale

Les tendances lourdes identifiées en l'an passé sont confirmées. Ainsi, l'érosion du secteur primaire se poursuit. Pour sa part, la réindustrialisation de la Suisse romande est une autre tendance de fond qui ressort de ces résultats annuels. Les secteurs industriels de la région ont connu, de 2005 à 2007, un rythme de croissance du double de celui de la Suisse romande.

Elles ont aussi assuré une excellente place à la région en termes d'exportations. Pour sa part, le rythme de croissance de la branche de la construction a été freiné en 2008 par les problèmes structurels des cantons de Genève, Vaud et du Valais dans ce domaine.

Enfin, la croissance de la valeur ajoutée réelle du secteur tertiaire a ralenti en 2008. Ce secteur a été fortement influencé par les premiers effets de la crise dans l'industrie financière et dans la branche des services aux entreprises. Ce phénomène a été contrebalancé par une vigueur particulière du commerce qui a connu un taux de croissance largement supérieur à la moyenne en 2008.

 

Fort ralentissement de la croissance romande en 2009 et 2010

Pour la première fois, des prévisions pour 2009 et 2010 ont aussi été réalisées. Globalement et en termes réels, le PIB régional devrait reculer de 1,2% en 2009 puis se reprendre et, en 2010, progresser à nouveau de 1,1%. Ces prévisions laissent envisager un comportement de l'économie régional meilleur que celui de la Suisse dont le recul du PIB en 2009 devrait être de 2,2%.

La résistance de la Suisse romande s'explique par la diversification de son économie, le poids du secteur public qui agit comme amortisseur conjoncturel et le décalage dans le temps entre les reculs des secteurs de la finance et industriels qui ont été touchées par la crise l'une après l'autre.

 

La Suisse romande réalise le quart des exportations suisses

En 2008, la Suisse romande a exporté pour 50,8 milliards de francs de marchandises. Ceci représente 23% des exportations suisses, une proportion analogue à celle de la population ou de la valeur ajoutée régionale.

Les exportations romandes ont augmenté à un rythme annuel d'un point de pourcentage supérieur au taux de croissance des exportations suisses. Elles représentent plus de 25'000 francs par habitant et confirment l'excellence de la valeur ajoutée produite dans la région.