Les entreprises de taille moyenne aperçoivent le bout du tunnel

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Bien que la situation commerciale dans son ensemble reste mitigée, l'optimisme regagne du terrain en ce qui concerne les perspectives commerciales qui seront de mise durant le prochain semestre.

En dépit d'une situation plutôt réjouissante, les entreprises de taille moyenne s'estiment insuffisamment soutenues par le train de mesures conjoncturelles de la Confédération. Selon une enquête de la société d'audit et de conseil Ernst & Young Suisse, elles craignent les conséquences que les débats sur la fiscalité avec l'étranger pourraient entraîner pour elles.

La situation commerciale actuelle des entreprises de taille moyenne dans notre pays s'est de nouveau nettement dégradée en comparaison avec notre enquête de février 2009: seules 77% des entreprises de taille moyenne jugent leur situation actuelle comme positive, alors qu'en février 2009 elles étaient encore 87%.

Cet effritement de la confiance touche en particulier le secteur du commerce, l'industrie et les services. Pourtant, la situation commerciale est bonne à l'heure actuelle pour la majorité des entreprises. L'optimisme le plus marqué face à leur situation commerciale est celui affiché par les entrepreneurs de la Région lémanique et de l'Espace Mittelland, avec respectivement 83% et 82% d'avis favorables. En Suisse du Nord-Ouest, région la plus durement frappée par la crise, la proportion des entreprises s'estimant satisfaites chute de 96 à 75%.

 

Perspectives commerciales positives pour 2009

Tandis que l'évaluation de la situation commerciale actuelle s'est nettement détériorée, les perspectives d'affaires se sont pour leur part sensiblement redressées. Pour 27% des entreprises interrogées, les prévisions à l'égard des six prochains mois sont meilleures, alors que 16% seulement tablent plutôt sur une détérioration. De ce fait, le total des deux valeurs est à nouveau clairement positif.

Les entreprises affichant l'optimisme le plus éclatant se situent avant tout au Tessin, en Suisse centrale et dans la Région lémanique: dans ces régions, respectivement 33% et 28% des entreprises escomptent en effet sur une évolution réjouissante de leurs affaires. Au niveau de l'économie helvétique dans son ensemble, on voit apparaître les premiers signes positifs d'un retournement de tendance: seules 38% des entreprises interrogées misent aujourd'hui sur un nouveau ralentissement de la conjoncture (contre 70% en février). Toutefois plus de 23% des entreprises sondées s'attendent à une amélioration de la situation au cours des prochains mois (contre 6% en février).

Quelques 8% des sociétés interrogées décrivent leur situation du moment comme critique. Et 11% estiment même qu'elles seront extrêmement menacées dans six mois au plus tard si la crise devait se poursuivre dans sa forme actuelle.

 

Trains de mesures conjoncturelles inefficaces

Pas moins de 73% des entreprises de taille moyenne sont convaincues que les moyens engagés par le monde politique pour relancer l'économie n'auront aucun effet sur leur propre évolution commerciale. Elles essaient par conséquent de redresser la barre en mettant en oeuvre des mesures de politique du personnel, telles que par exemple le gel des embauches, l'introduction du chômage partiel et la compression des effectifs, ainsi que par une gestion rigoureuse des coûts.

Au final, cela se traduit par une propension à investir encore plus faible et des prévisions toujours plus pessimistes quant au recul de l'emploi. Ainsi, une entreprise de taille moyenne sur cinq souhaite réduire le nombre de ses salariés au cours des six prochains mois et seule une sur dix pense engager du personnel supplémentaire.

Les entreprises de taille moyenne attendent des pouvoirs politiques davantage de soutien dans la crise actuelle, entre autres par l'octroi de crédit et la simplification des financements (22%), l'aplanissement des obstacles administratifs (19%), la conception de programmes d'incitation (18%), mais aussi sous forme d'allègements fiscaux (16%). Seuls 2% des entrepreneurs interrogés sont favorables à des investissements de l'Etat dans différents domaines.

 

Des débats sur les questions fiscales non sans conséquences

Plus de la moitié des entreprises de taille moyenne sont d'avis que les débats sur la fiscalité de ces derniers mois érodent fortement l'image de la Suisse à l'étranger. Au total, 47% misent actuellement sur des sanctions en provenance de l'étranger si notre pays ne satisfaisait pas aux exigences énoncées dans les directives de l'OCDE.

Au nombre des répercussions possibles de cette bataille fiscale, quatre entreprises sur cinq s'attendent à un durcissement de la position des autorités fiscales étrangères, 62% craignent des problèmes dans le trafic de capitaux et 59% envisagent même un regain de difficultés dans les échanges commerciaux avec l'étranger.

Il est intéressant de noter que, aujourd'hui déjà, 6% des entreprises de taille moyenne constatent des entraves dans leurs échanges commerciaux avec l'étranger qui pourraient découler des débats sur la fiscalité. Parmi ces entraves, les entreprises interrogées citent une retenue plus marquée dans le domaine des investissements directs (35%), un besoin accru d'informations (35%) et un recul des commandes à l'exportation (30%).

Outre une coopération internationale plus étroite (68%), les entreprises de taille moyenne recommandent aux pouvoirs politiques un échange d'informations plus ouvert, sur les questions fiscales en particulier (57%), mais également sur d'autres points prioritaires (50%).

En revanche, seules 21% des entreprises interrogées pensent que l'abandon du secret bancaire conduirait la place économique suisse sur la voie d'un succès durable, chiffre qui tombe à 19% concernant une éventuelle adhésion à l'Union européenne (UE).