La crise de l'euro suscite l'inquiétude dans les PME

Attention, ouverture dans une nouvelle fenêtre. Imprimer

Les PME suisses résistent bien en dépit du marasme conjoncturel d'ampleur mondiale et à la crise de la dette souveraine qui sévit en Europe.

Même si le moral n'est pas au beau fixe dans les PME suisses, la situation s'est nettement améliorée en 2011. Ainsi, 37% des entreprises s'attendent à une détérioration de la situation économique en Suisse alors qu'elles ne sont que 18% à tabler sur une reprise. Et même plus d'une PME sondée sur deux prévoit un ralentissement de la conjoncture mondiale. Trois PME sondées sur quatre estiment, en outre, que la crise de l'euro empirera encore dans les mois à venir. Les entreprises ont pour principales inquiétudes la crise de la dette en Europe et la pénurie de personnel qualifié.

 

Prévisions commerciales optimistes pour l'essentiel

Dans l'ensemble, les perspectives commerciales des PME suisses demeurent positives: 28% d'entre elles s'attendent à une amélioration de leur propre situation commerciale dans les six prochains mois et 13% prévoient une dégradation. «Les PME suisses sont actuellement bien positionnées. La situation commerciale et en matière de commandes est très satisfaisante», reconnait Alessandro Miolo, responsable de la région Suisse alémanique chez Ernst & Young.

Le contexte de 2011 a été tout sauf favorable. On pointera notamment la crise de la dette en Europe ainsi que la fermeté du franc dont les répercussions ont fortement pesé sur la situation. La plupart des PME ont malgré tout dressé un bilan globalement positif de l'année 2011. «Grâce à leur position exceptionnelle sur le marché international et à la forte demande domestique, les entreprises ont pu, jusqu'à présent, faire face à des conditions-cadres particulièrement difficiles.»

Pour 2012, le scepticisme s'invite toutefois au sein des PME. «Toutes les perspectives pour 2012 comportent une part importante d'incertitude. La crise de la dette européenne est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de l'économie», affirme de son côté Pierre-Alain Cardinaux, responsable de la Suisse romande chez Ernst & Young. «Elle freine la propension à l'investissement et pèse sur la croissance.» En revanche, si la crise de la dette devait s'amplifier, les conséquences seraient considérables. «Une intensification de la crise de la dette entraînerait un effondrement de la conjoncture que les PME suisses ressentiraient également nettement» s'inquiète-t-il.

 

Les investissements et l'emploi devraient continuer à progresser

Pour le moment, les indicateurs des PME suisses pointent toutefois encore vers la croissance: 19% des PME souhaitent accroître leur budget destiné aux investissements, alors que 9% seulement prévoient de le réduire. Quant aux autres entreprises, elles souhaitent maintenir leur niveau d'investissement constant.

Durant le semestre précédent, la propension à l'investissement était toutefois encore bien plus perceptible. La situation est comparable en termes d'emploi: 15% des PME souhaitent engager du personnel supplémentaire alors que 9% d'entre elles prévoient de réduire leurs effectifs. «En fin de compte, nonobstant de sombres perspectives, on peut s'attendre à une nouvelle croissance légère du nombre d'employés au sein des PME suisses», affirme Alessandro Miolo au sujet du résultat du sondage.

 

Inquiétudes relatives à la dette publique en Europe

Les PME suisses observent avec beaucoup de scepticisme les efforts entrepris par les pays de la zone euro afin de dégager une solution à la crise de la dette souveraine qui frappe l'Europe: moins d'une personnen interrogée sur quatre (en l'occurrence 23%) pense que l'extension du Fonds de secours de l'euro a permis de résoudre les principaux problèmes dans un premier temps.

Trois managers sur quatre craignent que le pire de la crise de la dette soit encore à venir. Enfin, près d'un manager sur deux (46%) estime que la Suisse sera amenée à devoir contribuer de manière considérable à la dette d'autres pays de la zone euro.