Les patrons de PME informatiques allemandes sont confiants

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Pour les banques et l'industrie automobile, la crise financière actuelle s'avère particulièrement sévère, mais pour de nombreuses PME actives dans l'informatique, elle peut être la source d'opportunités.

Une étude réalisée en Allemagne auprès d'une centaine de dirigeants de petites et moyennes sociétés informatiques démontre que 75% d'entre eux sont satisfaits de l'évolution des affaires en 2008. Et pour ce qui est de 2009, leurs pronostics sont nettement plus rassurants que dans d'autres secteurs d'activité.

Quelque 21% de ces PME spécialisées dans l'informatique s'attendent à rencontrer plein succès cette année alors que 44,4% estiment que cette dernière sera satisfaisante pour eux. Quatre entrepreneurs sur dix se déclarent nettement moins optimistes, un sur dix craignant même de devoir affronter de nombreux problèmes durant cette période.

Une petite majorité reconnaît qu'ils n'ont pas perdu des commandes alors qu'ils sont 45,9% à le déplorer.

 

Pas de réductions drastiques en vue

En dépit de la crise économique, 80% des personnes interrogées dans le cadre de cette étude prévoient un maintien du niveau de leurs dépenses dans le domaine du marketing et 14,6% d'engager du personnel pour occuper les postes qui pourraient devenir vacants. Seulement 29,7% des participants à cette enquête envisagent un gel des emplois ou des licenciements.

La majorité des petites entreprises informatiques allemandes ne prévoient pas de modifier leurs plans d'investissements par rapport aux années précédentes. Plus de deux sur dix estiment que c'est justement le bon moment pour investir en vue d'améliorer leur compétitivité. Elles sont quasiment aussi nombreuses à considérer par contre qu'il est très risqué d'investir en période de crise économique, raison pour laquelle leur budget n'enregistrera aucun changement.

 

Surfer sur la vague de la rationalité

Globalement, les patrons de PME informatiques allemandes se montrent positifs. Plus des trois quarts décèlent même des opportunités dans ce secteur en période de crise financière et économique. En effet, l'idée est que les clients finaux vont pouvoir rationaliser leurs activités grâce à l'informatique et aux télécommunications. Contrairement à ce que l'on a constaté lors de l'implosion de la bulle Internet, l'informatique et les télécommunications sont actuellement considérées dans de nombreux secteurs comme des solutions et non pas comme des constituantes du problème.

Dans le secteur financier, s'il est bien prévu de réduire globalement les budgets pour l'informatique et les télécommunications, on envisage par contre d'accroître les dépenses dans le secteur de la sécurité afin de se mettre à l'abri de la cybercriminalité.

 

Volée de bois vert pour les banques et les politiciens

Les patrons des petites et moyennes sociétés informatiques allemandes sont en revanche assez sévères en ce qui concerne les banques et les milieux politiques. En juin 2008, en Allemagne, les restrictions appliquées en matière d'octroi de crédits avaient été critiquées par les milieux politiques.

Mais aujourd'hui, rien n'a réellement changé. Un tiers des patrons de boîtes informatiques germaniques avouent qu'il est difficile de décrocher un prêt auprès d'un établissement financier et 16% estiment de leur côté qu'il est possible d'un obtenir un. Pour plus de la moitié des entreprises interrogées, cette question ne les touche pas, n'étant pas dépendantes de lignes de crédit des banques ou utilisant d'autres sources de refinancement, le plus souvent des capitaux privés.

 

Une promotion économique inadaptée

Pas moins de 58,6% des patrons de PME informatiques allemandes considèrent que les banques ne comprennent rien aux affaires dans le secteur de l'informatique et un quart, que la notation des entreprises informatiques par les banques est incorrecte.

Les chefs d'entreprises informatiques allemandes se montrent aussi très critiques envers les milieux politiques. Seuls 1,4% d'entre eux qualifient de très bonnes les mesures prises pour soutenir l'économie alors que 47,9% les jugent très lacunaires; 32,9%, tout juste suffisantes et 17,8% simplement considérées comme bonnes.

© Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch