Communication unifiée: un avenir radieux malgré de sérieuses hésitations
Lundi, 14 Juillet 2008 16:08
En Suisse, 86% des entreprises se préoccupent actuellement de la question de la communication unifiée et investiront au total 640,1 millions de francs dans ce domaine au cours de cette année.
La notion de communication unifiée découle du mariage de l'informatique et des télécommunications. Elle englobe une série de services destinés au marché professionnel des entreprises. Il s'agit en l'occurrence d'intégrer les moyens de communication interpersonnels réagissant en temps réel tels que la téléphonie fixe et mobile, la visiophonie, les audio et vidéoconférences; les outils de travail collaboratifs et les outils d'assistance personnels tels que la messagerie électronique et instantanée, les agendas personnels distribués, le traitement de texte et les applications de présentation assistée par ordinateur.
Un marché en forte progression
L'enquête réalisée par le cabinet d'études de marchés MSM Research, démontre que, globalement, les entreprises suisses devraient investir à hauteur de 640,1 millions de francs dans le courant de 2008 pour des systèmes de communication unifiée. Cela représente une progression de 12,9% comparativement à 2007. Ce taux s'avère près de trois fois plus élevé que celui de la croissance générale du marché des technologies de l'information qui n'est que de 4,2%.
Dans le secteur de la téléphonie (centraux hybrides, entièrement basés sur Internet et téléphonie hébergée), les investissements atteindront 331,3 millions de francs et 308,8 millions dans celui des applications de communication unifiée. A l'intérieur du segment du marché en question, les centraux intégralement basés sur Internet (Full IP PBX) progressent de quelque 25,2%.
Un réel changement de paradigme
Cette étude montre que la communication unifiée ne consiste pas uniquement à installer un nouveau produit mais qu'elle représente un réel changement de paradigme. Elle modèle la future manière de travailler et comporte des implications directes sur l'organisation du travail ainsi que des retombées sur le mode de collaboration et de communication entre les employés.
A ce titre, la communication unifiée n'est pas une question de produit ou de technologie mais bien de culture et de comportement pour les entreprises qui envisagent de la déployer. Il s'agit-là d'un enseignement primordial à tirer de cette étude sur le plan de la réceptivité des gens pour ces solutions.
Laisser le temps au temps
Les avantages de la communication unifiée sont connus pour la majorité de ses utilisateurs potentiels. Trois quarts des personnes interrogées voient déjà venir un changement culturel par le passage à un tel système, tout en convenant cependant que cela demandera du temps. Cela implique aussi que les employés suivent une formation et puissent s'entraîner. Plus d'un tiers des personnes consultées dans le cadre de cette enquête désire que leur fournisseur leur apporte des mesures d'accompagnement en vue de promouvoir un tel changement.
Dans l'optique du déploiement d'une solution de communication unifiée, la grande majorité des personnes interrogées (84%) mise sur une migration en douceur. Un tel pourcentage n'étonne pas. Deux raisons militent en faveur d'un passage progressif: il s'agit d'une part du changement culturel qu'il induit et, d'autre part, des précédentes expériences faites dans le cadre d'autres projets techniques.
Les incertitudes demeurent
Le débat de l'adoption d'un système de communication unifiée porte également sur certains aspects techniques. Six entreprises sur dix relèvent en particulier la question du protocole pour lequel règne certaines incertitudes quant à sa capacité de répondre à leurs besoins actuels et futurs en matière de communication. Certaines hésitations apparaissent également au sujet des coûts de basculement sur un tel système, tout comme en ce qui concerne la complexité des solutions proposées et de leur intégration au sein des infrastructures existantes.
L'avenir s'avère donc prometteur bien qu'un certain doute demeure quant à l'opportunité de s'y lancer maintenant, personne n'appréciant vraiment de devoir essuyer les plâtres.
(c) Pierre-Henri Badel, adi-presse.ch





