Progression importante du nombre de travailleurs frontaliers en Suisse

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Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), le nombre des frontaliers et frontalières de nationalité étrangère travaillaient en Suisse à la fin du premier trimestre 2008 a augmenté de 26% en cinq ans.

 

La progression annuelle du nombre des frontaliers et frontalières a quelque peu ralenti de 2003 à 2005, tout en restant supérieure au taux de croissance des personnes actives occupées. Compte tenu du dynamisme du marché de l'emploi, elle s'est accélérée en 2006. La croissance annuelle la plus forte des cinq dernières années a été observée entre le premier trimestre 2006 et le premier trimestre 2007 (+9,5%). Elle a ensuite quelque peu faiblie entre le premier trimestre 2007 et les six premiers mois de 2008 (+5,5%, +10'900), sans pour autant s'abaisser au-dessous de la valeur de la croissance moyenne enregistrée sur les cinq dernières années. La progression annuelle continue d'être plus forte chez les femmes (+6%) que chez les hommes (+5,2%).

 

Forte progression dans l'Espace Mittelland

Le nombre des frontaliers et frontalières en Suisse a progressé de 26% (+42'800) du premier trimestre 2003 au premier trimestre 2008. Ce résultat masque cependant d'importantes différences entre les grandes régions. Ainsi, l'Espace Mittelland enregistre la plus forte progression (+56%) ; il est suivi de la Région lémanique (+44%) et de Zurich (+34%). La hausse du nombre de frontaliers et frontalières est proche de la moyenne au Tessin (+28%), tandis qu'elle est nettement inférieure à celle-ci en Suisse orientale (+9,5%) et dans la Suisse du Nord-Ouest (+7,3%).

 

Un cinquième des actifs occupés au Tessin

Au niveau suisse, les frontaliers et frontalières représentent 4,7% de la population active occupée au premier trimestre 2008, contre 4% cinq ans plus tôt. Leur part a notablement progressé au Tessin (de 18% à 22%), dans la région lémanique (de 6,5% à 8,3%) et dans l'Espace Mittelland (de 1,2% à 1,8%). A Zurich, la part des travailleuses et travailleurs frontaliers est quaisment inchangée (0,6%) par rapport à 2003. Dans les deux grandes régions où les taux de croissance ont été inférieurs à la moyenne (Nord-Ouest de la Suisse  et Suisse orientale), la part des frontaliers et frontalières dans la population active occupée n'a pas varié par rapport au premier trimestre 2003. Elle s'élève à respectivement 9,4% et 2,9%. Pour ce qui et de la Suisse centrale, ce n'est que depuis debut juin 2007, date de la suppression des zones frontalières, que les frontaliers et frontalières sont autorisés à y travailler. Cela explique pourquoi ils ne représentent que 0,1% de la population active occupée de cette grande région.
La répartition de la population frontalière selon le pays de domicile est restée pratiquement inchangée. Environ la moitié des frontaliers et frontalières vit en France (112'400; 54%). Un cinquième réside en Italie (45'800; 22%), un autre cinquième en Allemagne (42'800; 21%), et 3,4% (7'100 personnes) en Autriche.

 

L'industrie occupe une forte proportion de travailleuses et travailleurs frontaliers

Les frontaliers et frontalières sont proportionnellement plus nombreux à travailler dans le secteur secondaire (40% y exercent leur activité, contre 24% pour l'ensemble de la population active occupée). Le nombre de frontaliers et frontalières a toutefois connu une progression plus forte dans le secteur tertiaire (+37% de 2003 à 2008) que dans le secteur secondaire (+13%). Dans les comparaisons entre secteurs économiques, il faut prendre en compte le fait que près de la moitié des frontaliers et frontalières des autres services fournis aux entreprises se concentrent dans la sous-secteur de la recherche et placement de personnel, et que ceux-ci sont en réalité des travailleurs intérimaires actifs dans d'autres branches économiques. Les taux de croissance par secteur indiqués doivent donc être considérés avec prudence, sans pour autant remettre en question le constat dressé plus haut.
Parmi les divisions économiques du secteur secondaire comptant plus de 3000 frontaliers et frontalières, on enregistre les plus fortes représentations de ces derniers dans l'Industrie chimique (18% des actifs occupés de la branche), la fabrication d'instruments médicaux et d'instruments de précision et d'optique, horlogerie (17%) et la fabrication de machines et d'appareils électrique (12%). La progression du nombre de frontaliers et frontalières observée dans ce secteur ces cinq dernières années est essentiellement due à leur forte croissance dans la fabrication d'instruments médicaux et d'instruments de précision et d'optique, horlogerie (+44%).
Dans les divisions économiques du secteur tertiaire qui emploient plus de 3000 frontaliers et frontalières, on enregistre les plus fortes représentations de ces derniers dans les services domestiques (6,8% des actifs occupés de la branche), les autres services fournis aux entreprises (6,4%) et activités informatiques (6,2%). Au cours des cinq dernières années, plusieurs branches du tertiaire employant plus de 1000 frontaliers et frontalières ont vu le nombre de ces derniers progresser au-delà de 50%: dans les autres services aux entreprises (+132%), les activités récréatives, culturelles et sportives (+69%), l'enseignement (+67%), la recherche et développement (+53%) et l'intermédiation financière (+52%).

 

Au 1er trimestre 2008, quelque 770 frontalières et frontaliers profitaient de la possibilité d'exercer une activité indépendante. Près de la moitié de ceux-ci travaillent dans le canton de Genève.