Les entreprises gèlent les engagements

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Réagissant aux prévisions négatives dans notre pays, plus de 70% des entreprises suisses ont déjà réduit leur budget de personnel pour 2009.

 


Il y a six mois encore, les entrepreneurs suisses tablaient sur une croissance moyenne des salaires de 3,1%. A nouveau contactées en novembre 2008, ces mêmes personnes revoyaient à la baisse leurs pronostics de quelque 0,3%. Si au niveau européen, environ un quart des participants au sondage prévoit un statu quo salarial, seuls 10% des entreprises suisses envisagent de laisser inchangés les salaires de tous leurs collaborateurs.

Ces résultats ressortent de l'étude récente intitulée «Impact of European Economic Conditions on 2008/2009 Compensation Spending», menée par la société de conseil en ressources humaines Hewitt Associates. Cette étude a réuni 400 entreprises de 15 pays comprenant l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la France, la Grande-Bretagne, la Grèce, la Hongrie, les Pays Bas, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie, la Suède, la Suisse et la Turquie.



La Suisse fait bonne figure en comparaison européenne

Alors qu'en Allemagne près de 50% des entreprises s'attendent à un repli de leurs résultats, cette proportion atteint quelque 40% en Grande-Bretagne et environ un tiers en Suisse. Dans tous les pays de l'enquête, les sociétés corrigent à la baisse les augmentations salariales prévues pour tous les niveaux hiérarchiques.

Le fléchissement conjoncturel se fait sentir plus durement en Allemagne que dans notre pays: avant la crise, les patrons helvétiques envisageaient encore, pour leurs cadres supérieurs, une hausse de 3,3% - chiffre retombé à 2,9% selon le dernier sondage; en Allemagne, alors que les cadres dirigeants pouvaient encore espérer, à la mi-2008, un relèvement de 3,9% de leur rémunération pour 2009, leurs salaires ne devraient progresser que de 3,1%, aux termes de la dernière enquête.

Les top managers britanniques quant à eux, qui devaient gagner 4,4% de plus en moyenne que l'année précédente, ne peuvent guère compter sur plus de 3,1%. Si l'on considère la moyenne de toutes les fonctions répertoriées, les augmentations salariales prévues se révèlent ainsi inférieures de 0,3 points de pourcentage en Suisse, de 0,7 points en Allemagne et de 0,9 points en Grande-Bretagne.

 

Recentrage des budgets de ressources humaines

En réponse à la situation actuelle, deux tiers environ des entrepreneurs suisses interrogés entendent geler les engagements pour l'année en cours. Un sur deux envisage même la compression de ses effectifs. Près de 20% des sociétés préfèrent engager des collaborateurs pour une durée déterminée ou à temps partiel. 40% des sondés en Suisse escomptent une chute des éléments de rémunération variable versés cette année. Cette diminution concerne en particulier les cadres dirigeants dans 27% des entreprises.

Contrairement à la tendance générale qui est actuellement aux réductions de rémunérations, près de la moitié des sociétés dispose de budgets spéciaux en vue de l'amélioration ciblée des salaires des collaborateurs les plus performants. Même en temps de crise, ces talents bénéficient de mesures de développement et de formation continue.