Les salaires des cadres continuent à progresser
Jeudi, 19 Novembre 2009 08:01
Le salaire brut médian s'est élevé en Suisse à 5823 francs en 2008. Pour les emplois les plus qualifiés, les écarts de salaires ont augmenté alors que pour les postes peu qualifiés, les différences salariales sont restées stables.
La rémunération des cadres supérieurs a connu une forte progression notamment dans le secteur financier. La proportion de postes de travail à bas salaire continue de baisser régulièrement depuis 2000. C'est ce que révèlent les premiers résultats de l'enquête suisse sur la structure des salaires de 2008 réalisée par l'Office fédéral de la statistique (OFS).
Disparités salariales croissantes selon les secteurs d'activité
En 2008, le salaire brut médian s'est élevé à 5823 francs par mois. Les 10% des salariés les moins bien rémunérés ont tous gagné mensuellement moins de 3848 francs alors que les 10% les mieux payés ont tous reçu des salaires supérieurs à 10'538 francs. Si la distribution des salaires au sein de l'ensemble de la population salariée reste globalement stable par rapport à 2006, on constate que pour les emplois les plus qualifiés, les écarts salariaux continuent d'augmenter régulièrement depuis 2002.
Le paysage salarial varie fortement selon les activités économiques. Les écarts de rémunération entre les branches économiques se sont creusés par rapport à 2006, en raison notamment de hausses salariales importantes dans le secteur financier et les activités de production à forte valeur ajoutée. Les niveaux de rémunération sont ainsi nettement supérieurs au salaire médian en Suisse dans les branches de l'industrie chimique (7774 francs), de la recherche et développement (8061 francs) et des banques (9127 francs). Au bas de l'échelle salariale, on trouve l'industrie textile (5026 francs), l'industrie du cuir et de la chaussure (4259 francs) et les services personnels (3683).
La part des bonus en augmentation
Plus de 1 salarié sur 4 (27,6%) en Suisse reçoit des bonus (paiement annuel supplémentaire au salaire fixe de base). La valeur moyenne des bonus versés pour une année de travail augmente régulièrement depuis 10 ans, soit 6852 francs bruts en 1998 pour atteindre 13'068 francs en 2008. La proportion des salariés touchant des bonus ainsi que le montant de cette composante flexible du salaire varient considérablement en fonction des activités économiques et du niveau de qualification des emplois.
Près de trois employés sur quatre actifs dans les banques touchent un bonus annuel d'une valeur moyenne de 45'300 francs (pour les postes les plus qualifiés: 139'500 francs). Dans les assurances, 67,7% des salariés ont reçu un bonus moyen s'élevant à 19'380 francs (pour les postes les plus qualifiés: 55'020 francs). Ces proportions changent considérablement par exemple dans le commerce de détail où 17,1% des employés touchent un bonus d'une valeur moyenne de 5280 francs (pour les postes les plus qualifiés: 21'144 francs). Parmi les salariés occupant les emplois les moins qualifiés, le montant moyen des bonus s'élève à 2820 francs (toutes branches confondues).
Les salaires des cadres spérieurs diffèrent fortement
Sur l'ensemble des branches, les cadres supérieurs des entreprises (définis comme le 10% des cadres supérieurs les plus rémunérés) gagnent tous plus que 23'942 francs bruts par mois. Le niveau de rémunération des Top Managers présente des différences marquées selon les activités économiques : les cadres supérieurs les mieux payés touchent tous un salaire supérieur à 38'073 francs dans la chimie, 47'469 francs dans les services financiers et d'assurances et 58'333 francs dans les banques.
Les niveaux de salaires des cadres supérieurs sont les moins élevés dans les branches telles que l'administration publique (19'523 francs), le commerce de détail (14'707 francs), la construction (13'585 francs) ou l'hôtellerie-restauration (9965 francs). La rémunération des Top Managers actifs dans le secteur bancaire a connu entre 2006 et 2008 la plus forte progression: + 38,8% contre en moyenne +11,5% pour les cadres supérieurs les mieux payés considérés au niveau de toutes les branches.
Le nombre de postes à bas salaire continue de diminuer
Le taux des salaires inférieurs à 3500 francs bruts par mois pour un plein temps a continué de baisser : il passe de 6,2% en 2006 à 5,4% en 2008. Sur la même période, la proportion de postes rémunérés à moins de 4000 francs par mois a elle aussi diminué, passant de 14,1% à 12,4%.
Le nombre de postes à bas salaire (inférieur à Fr. 3500.- bruts) varie cependant fortement selon les branches économiques. Ils représentent 8,5% des emplois dans le commerce de détail, 23,1% dans l'hôtellerie-restauration et jusqu'à 40,6% dans les services personnels contre 4,0% dans la fabrication d'instruments de précision et horlogerie, 2,9% dans la santé et 0,7% dans les assurances.
Le nombre de personnes qui occupent des postes à bas salaire en Suisse est passé de 199'300 en 2006 à 182'600.
La demande de main-d'oeuvre étrangère très qualifiée tire les salaires vers le haut
Les salariés étrangers occupant les emplois les plus qualifiés gagnent en moyenne plus que leurs collègues de nationalité suisse, soit 11'765 francs contre 10'777 francs. Toujours pour les postes de travail hautement qualifiés, les différences de rémunération entre la main-d'oeuvre étrangère et suisse varient significativement selon la catégorie de permis de séjour.
Les bénéficiaires du permis C (établissement) gagnent 861 francs de plus (en moyenne) que les salariés suisses; cet avantage salarial atteint 1235 francs pour les étrangers disposant d'un permis L (courte durée) et 2256 francs pour ceux qui ont le permis B (de séjour).
Seuls les titulaires de permis G (frontaliers) gagnent légèrement moins que leurs collègues suisses. Pour les postes peu qualifiés, les salaires des employés suisses sont systématiquement plus élevés que ceux versés à leurs collègues étrangers: + 279 francs par rapport aux permis G (frontaliers), + 616 francs pour les permis B (séjour) et + 1045 francs pour les permis de courte durée (L).
La hiérarchie régionale des salaires: Zurich carracole en tête
Le paysage salarial en Suisse diffère selon les espaces considérés. Pour les emplois les plus qualifiés, les niveaux de rémunération sont régulièrement les plus élevés dans les régions de Zurich (12'667 francs), du Nord-Ouest (BS, BL, AG) avec 11'651 francs ainsi que dans la région lémanique (VD, VS, GE) avec 10'833 francs.
Le Tessin occupe toujours le bas de la pyramide des salaires, que ce soit pour les emplois les plus qualifiés (8667 francs) ou les moins qualifiés (3901 francs).
Cette hiérarchie régionale des salaires s'explique en partie par la concentration de secteurs économiques à haute valeur ajoutée dans certaines zones géographiques ainsi que par des structures inégales en ce qui concerne les niveaux de qualification des postes sur le marché du travail régional.





