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En 2011, la grande banque suisse a dégagé un bénéfice de 1,95 milliards de francs, en baisse de 62% par rapport à l'année précédente.

Patron du Credit Suisse, Brady Dougan (photo ci-contre) a reconnu que dans un marché et un environnement économique incertain, le redémarrage observé depuis le début de 2012 l'a encouragé dans ses efforts et devrait permettre de réaliser son objectif d'atteindre un rendement de fonds propres ajusté de 15%.

Si, sur l'ensemble de l'année 2011, les comptes du Credit Suisse se sont encore avérés positifs, au dernier trimestre de 2011, ils ont été  marqués par une perte de 637 millions de francs. Un résultat surtout affecté par des coûts de réalignement de ses activités, de l'abandon strratégique de certaines activités ainsi que de la réduction des actifs pondérés visant à se rapprocher des critères de Bâle III. A l'occasion de la présentation de ses résultats, Brady Dougan a reconnu que les résultats du quatrième trimestre étaient décevants, mais  qu'il avait pris la décision, à mi-2001, de réduire drastiquement l'exposition aux risques de la banque. Il a par ailleurs indiqué que son plan de réduction des coûts étaient sur la bonne voie, permettant ainsi de réaliser des économies à hauteur de 2 milliards de francs. Cela va assurément encore se concrétiser par des licenciements de personnel.

Ses activités de banque privée se sont soldées par un bénéfice de 467 millions de francs au quatrième trimestre 2011, celles de gestion de fortune par un gain de 284 millions de francs durant la même période (contre 606 milions un an auparavant). Le bénéfice dégagé des activités découlant des clients institutionnels s'est élevé à 183 millions de francs au quatrième trimestre, en recul de 16% par rapport au trimestre précédent.

C'est le secteur de la banque d'investissement qui a réalisé les pires résultats, avec une perte avant impôts de 1,3 milliard de francs, alors que cette activité dégageait encore un bénéfice de 558 millions de francs au quatrième trimestre 2010.

La banque fait par ailleurs état d'un afflux net de capitaux de 400'000 francs au cours du quatrième trimestre 2011. Il a été de 7,6 milliards dans le secteur de la banque privé et la gestion de fortune y a contribué à hauteur de 4 milliards de francs. Enfin l'afflux de capitaux a atteint 3,6 milliards de francs grâce aux apports des clients institutionnels.

Pour ce qui est des démélés dans lesquels l'établissement suisse est embourbé avec le fisc américain, Brady Dougan a précisé que le Credit Suisse collaborait avec les autorités américaines en vue de trouver une solution qui soit profitable pour les deux parties en cause.

 

Brady DouganSelon une étude sur les rémunérations 2009 des instances dirigeantes des 49 plus grandes sociétés cotées en Suisse, les rémunérations globales ont augmenté de 21%.

Cette croissance des revenus est particulièrement marquante pour les sociétés du secteur de la finance, où elle correspond à 73% de hausse par rapport à l'année précédente. De plus, plusieurs sociétés prévoient des éléments de rémunérations différés incluant d'importants mécanismes de levier. Par exemple, en 2010 Brady Dougan, CEO du Credit Suisse, a reçu 70 millions de francs à l'échéance d'un plan de cinq ans lancé en 2004.

Comme il n'existe aucune obligation de publication des montants perçus définitivement, la transparence est globalement insatisfaisante. En revanche, 21 sociétés soumettent dorénavant leurs rapports de rémunération au vote des actionnaires. Ethos va s'engager activement à ce que la majorité des sociétés cotées introduisent un tel vote l'année prochaine.

 

Comme si rien ne s'était passé

En 2009, la rémunération totale des membres du conseil d'administration et de la direction générale des 49 sociétés analysées a augmenté de 21% à 1,27 milliards de francs suisses. Alors que la progression a été de 73% dans le secteur financier, elle n'a atteint que 2% dans les autres secteurs. En moyenne, chaque membre de la direction générale a reçu en 2009 trois millions de francs. Les présidents du conseil d'administration ont gagné 1,9 million de francs en moyenne et les autres membres des conseils d'administration 300'000 francs.

 

Manque de transparence

Certains plans de participation à long terme (en actions ou en options) ont des effets de levier importants. Plusieurs personnes ont ainsi pu exercer des droits émanant de plans antérieurs, en réalisant de substantiels bénéfices. En Suisse, il n'existe aucune obligation de publier les rémunérations provenant d'anciens plans de participation. Par conséquent, les rémunérations différées ne sont souvent pas communiquées.

 

Part variable trop importante, trop peu de critères de performance

La part variable des rémunérations de la direction générale reste très élevée, spécialement dans le secteur financier où elle atteint plus de 80% pour les sociétés du SMI. La structure des rémunérations (partie fixe, bonus, plans de participation à long terme) s'est parfois complexifiée suite à l'introduction de plans à long terme avec conditions de performance. Cependant, la majeure partie des montants attribués ne dépend pas de la réalisation future de conditions de performance, ce qui va à l'encontre de la bonne pratique.

 

Davantage de «say on pay»

A ce jour, 21 sociétés suisses soumettent leur rapport ou leur système de rémunération au vote consultatif des actionnaires. Cette nouvelle pratique est notamment la conséquence des résolutions d'actionnaires «say on pay» déposées par Ethos et huit caisses de pension* en 2009 et 2010.

Ethos souhaite que le vote consultatif du rapport ou du système de rémunération se généralise pour les sociétés cotées. A cette fin, Ethos a contacté par écrit les sociétés n'ayant pas encore introduit un tel vote. Le cas échéant, Ethos est prêt à déposer de nouvelles résolutions d'actionnaires dans ce but. Par ailleurs, Ethos va intensifier le dialogue sur la transparence et la structure des rémunérations avec les 100 plus importantes sociétés cotées dans le cadre de l'Ethos Engagement Pool, un programme de dialogue avec les sociétés suisses qui regroupe 48 caisses de pension.

 
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