Si 84% des cadres restent globalement satisfaits de leur situation professionnelle, l'incertitude économique fait craindre une baisse de moral rapide.
Accenture a interrogé des cadres issus de 22 pays pour en savoir plus sur l'impact de la crise actuelle. Les résultats montrent que plus de la moitié d'entre eux (52%) ressentent une dégradation de leur environnement de travail. En France, cette perception est encore plus marquée puisque 60% des cadres interrogés disent être impactés par le ralentissement économique dans leur travail au quotidien.
Dans ce contexte, 41% des cadres français interrogés déclarent connaître une baisse de moral et 34% craignent de perdre leur emploi. Si la France compte parmi les pays où les cadres ressentent fortement l'incertitude, le Royaume-Uni (62%), le Japon (61%) et les Etats-Unis (61%) sont en tête de liste. L'étude montre également que les cadres anglais sont 47% à subir une baisse de moral, quant aux Américains, 45% craignent de perdre leur d'emploi. Encore préservés semble-t-il, seuls 15% des salariés des Pays nordiques se sentent affectés.
Pourtant, 84% des cadres restent globalement satisfaits de leur situation professionnelle
L'incertitude économique pèse et génère des craintes, mais de manière individuelle, les cadres ne remettent pas en cause leur situation professionnelle jugée positivement par 84% d'entre eux. Des différences notables apparaissent néanmoins : avec 20% de cadres insatisfaits, la France figure au 3ème rang des pays les plus mécontents après le Japon (37% d'insatisfaits) et le Royaume-Uni (21% d'insatisfaits). Des rémunérations insuffisantes (51%) et le manque de perspectives de carrière (42%) sont les deux raisons les plus fréquemment citées. Dans ce domaine, la France est à nouveau au-dessus de la moyenne, puisque que le niveau de rémunération est cité par 62% des cadres insatisfaits et le manque de perspectives de carrière par 50% d'entre eux.
Le maintien de l'emploi prime
Seuls 6 % des cadres en France recherchent activement un nouvel emploi (contre 12% en moyenne sur l'ensemble des pays étudiés). Inversement, ils sont 25 % à s'efforcer de sécuriser leur emploi en s'impliquant davantage dans leur entreprise ou en effectuant des heures supplémentaires.
Les jeunes menacent l'emploi des cadrs expérimentés
Près de la moitié des cadres dans le monde (46%) considère que les générations seniors sont plus impliquées dans leur travail et plus engagées vis-à-vis de leur entreprise que les jeunes générations. La Génération Y (18-30 ans) est considérée par 51% des cadres comme les collaborateurs avec lesquels il est le plus difficile de travailler. En la matière, la France enfonce le clou : seuls 12% des cadres français interrogés pensent que les jeunes de moins de 30 ans font preuve d'enthousiasme au travail ! C'est le chiffre le plus bas de l'ensemble des pays interrogés par Accenture.
L'étude d'Accenture permet d'identifier les domaines dans lesquels le fossé entre génération est le plus large :
- la motivation au travail: un écart de 53% en France (2ème dans le monde) ;
- les styles de communication: un écart de 43% ;
- la maîtrise des nouvelles technologies: un écart de 41%.
Dans ce contexte, 41% des cadres français estiment qu'il leur est plutôt, voire très difficile, de manager des équipes multi-générationnelles. Et pour cause, seuls 15% d'entre eux y ont été formés.
Seule bonne nouvelle, et ce contrairement aux idées reçues, la France est le pays où toutes les générations sont les plus proches en termes de valeurs et d'éthique du travail.
L'évaluation des cadres : trouver le juste équilibre entre entretiens formels et échanges informels Plus des deux tiers des cadres interrogés déclarent que les retours informels qu'ils reçoivent de la part de leurs supérieurs hiérarchiques sont plus utiles que les évaluations menées de manière formelle. En France, près de la moitié des cadres (46%) estiment qu'ils ont rarement ces échanges informels avec leurs managers, ce qu'ils regrettent dans la mesure où ces entretiens leur permettent d'améliorer leur performance.
Formaliser un pacte employeu
Face à ce constat, Accenture recommande aux entreprises d’agir conjointement sur les 6 leviers qui influent positivement sur l’attractivité d’une entreprise et l’engagement de ses collaborateurs : le contenu du travail, le champ des opportunités, les équipes, l’environnement de travail, les politiques de reconnaissance et de rétribution, et enfin les valeurs et la culture d’entreprise.