Mots clés :conjoncture économique

Le renversement de l'environnement économique mondial est intervenu plus vite et de manière plus marqué que prévu.


(adi-presse) - En Suisse, les signes de reprise économique se multiplient. Selon les estimations de l'Institut d'étude conjoncturelle BAK de Bâle, le troisième trimestre de 2008 a marqué la fin d'une longue période de récession.

Avec une baisse prévisible de 1,9% durant l'exercice 2009, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse a enregistré la plus forte récession depuis 1975. Certains facteurs particuliers tels que les cycles des stocks de produits et les mesures de relance budgétaire massive ont accélérée le rétablissement de l'environnement économique mondial qui est attendu en 2010, avec une modeste croissance de 0,5% en Suisse.

 

En complément au chômage partiel introduit voici quelques mois, le groupe Tornos licenciera un trentaine d'employés au cours des trois prochains mois.

Ces mesures toucheront essentiellement le personnel travaillant sur le site de Moutier et concernent surtout des employés qui sont proches de l'âge de la retraite. Les différentes mesures adoptées en raison de la récession économique actuelle seront présentées plus en détail lors de la conférence de presse annuelle du groupe qui se tiendra le 16 mars prochain à Zurich.

 

 

La valeur du baromètre conjoncturel du KOF est retombée à - 0.39 points en décembre 2008. Cela se traduit par une contraction de l'économie suisse pour les mois à venir.


Le baromètre conjoncturel du KOF est retombé de 0.35 points par rapport à la valeur de novembre (révisée de - 0.05 à - 0.04) et se situe maintenant à - 0.39. Le produit intérieur brut de la Suisse ne devrait donc pas atteindre le niveau du trimestre correspondant de l'année précédente au cours du premier trimestre de la nouvelle année.

Avec son approche multisectorielle, le baromètre conjoncturel du KOF se base sur trois modules. Leur évolution respective contribue à l'évolution générale du baromètre, de la façon suivante: le module PIB principal (ensemble de l'économie sauf construction et industrie bancaire) reste toujours fortement orienté à la baisse. Le module Industrie de la construction tend légèrement vers le bas.

Le module Industrie bancaire reste à un niveau bas comparativement, et ne peut ainsi rien opposer à l'évolution globale. Le module PIB principal englobe bien 90% de la création de valeur ajoutée pour l'ensemble de l'économie. Le recul dans le modèle de mesure basé sur les exportations à destination de l'UE s'est renforcé, mais les modèles de mesure portant sur l'industrie et sur la consommation restent aussi orientés vers le bas.

 

Compte tenu de la forte dégradation du contexte économique mondial, la Suisse devrait connaître elle aussi une phase de récession.

 

Le groupe d'experts de la Confédération prévoit, pour 2009, un recul de l'activité économique de -0,8% qui devrait laisser place, en 2010, à une reprise plutôt modeste (+1.0%). L'important fléchissement conjoncturel devrait entraîner une hausse marquée du chômage en 2009 et 2010.

 

Conjoncture internationale
Suite à l'aggravation de la crise financière, le fléchissement conjoncturel de l'économie mondiale s'est brusquement accéléré depuis septembre 2008. Dans la dernière partie de l'année 2008, les Etats-Unis, comme la plupart des Etats de l'UE et le Japon, se trouvent en récession ou sont en passe de l'être. Le ralentissement économique devrait encore perdurer pendant quelques trimestres.

Même les pays émergents et en développement (la Chine par exemple) qui connaissaient une forte croissance et pouvaient soutenir, de manière non négligeable, l'économie mondiale, subissent actuellement une phase de tassement. Leur croissance économique devrait continuer d'être positive en 2009 ; toutefois, elle sera beaucoup plus modeste que celle enregistrée durant ces dernières années.


Quelques lueurs d'espoir
Même si les perspectives de l'économie mondiale s'annoncent relativement sombres pour les prochains trimestres, quelques facteurs favorables à la conjoncture devraient toutefois déployer progressivement leurs effets. Il s'agit surtout des orientations expansives des politiques monétaires et également des vastes mesures de relance fiscale, observées dans de nombreux pays.

Le net recul des prix des matières premières ne doit pas être oublié. Il freinera le renchérissement, affectera positivement les revenus des ménages privés et leur consommation. Ces facteurs devraient soutenir un retournement conjoncturel dans la deuxième partie de l'année prochaine, pour autant que les marchés financiers se stabilisent.

Les conséquences de la crise financière sur l'économie réelle devraient toutefois se faire sentir encore pendant plusieurs trimestres, de sorte que la reprise de la conjoncture mondiale devrait être timide dans un premier temps (avec des taux de croissance relativement faibles jusqu'à la fin 2010). Cela vaut principalement pour les Etats-Unis, où les ménages privés doivent réduire leur endettement élevé, ce qui devrait contenir le potentiel d'expansion de leur consommation pendant plusieurs trimestres encore, voire même quelques années.

Pour l'économie américaine, le groupe d'experts de la Confédération prévoit un recul du PIB de -1,2% en moyenne annuelle en 2009, et une légère progression de +0,9% en 2010. L'hypothèse exogène retenue pour la zone euro n'est pas très différente: le PIB devrait reculer de -1,0% en 2009 et croître de +1,0% en 2010.


Prévisions conjoncturelles pour la Suisse
En Suisse aussi, le fléchissement conjoncturel s'est nettement accéléré depuis l'été 2008. Avec une stagnation du produit intérieur brut (PIB) au cours du 3e trimestre 2008 (par rapport au trimestre précédent), l'évolution économique a été quelque peu meilleure que dans la plupart des pays d'Europe occidentale. Toutefois, il ne fait pas de doute que la nette détérioration des perspectives conjoncturelles à l'échelon international et que l'aggravation de la crise financière auront des impacts importants sur l'économie suisse.

L'évolution récente de plusieurs indicateurs annonce une contraction en cours ou prochaine de l'activité (en particulier ceux reflétant le climat des affaires des entreprises). Le groupe d'experts de la Confédération table du reste sur un recul du PIB en termes réels au cours du quatrième trimestre 2008 (par rapport au trimestre précédent) et sur la persistance de cette tendance négative pendant le première partie de l'année 2009. L'économie suisse traversera ainsi une période de récession.

Cette contraction de l'activité devrait surtout affecter les exportations et les investissements des entreprises. Tandis que les exportations de marchandises et de services touristiques souffriront de la récession dans de nombreux pays partenaires, la crise financière continuera d'affecter notamment les exportations de services financiers, qui avaient enregistré une forte progression durant les dernières années.

 

Une plus grande retenue attendue des entreprises

Dans un contexte d'anticipation de ralentissement de la demande globale, les entreprises devraient faire preuve d'une grande retenue dans leurs investissements. Seule la consommation des ménages devrait empêcher un recul plus prononcé du PIB, en continuant d'apporter des impulsions positives. En cours d'année 2009 toutefois, la dégradation du marché du travail devrait commencer à affecter la consommation des ménages, de sorte que son expansion devrait progressivement ralentir.

Jusqu'à présent il est très délicat de vouloir quantifier l'ampleur et la durée de la récession en Suisse. Ces deux dimensions dépendent en première ligne de la conjoncture mondiale et de l'évolution des marchés financiers. Pour autant que le contexte international s'améliore peu à peu à partir de l'été 2009, la Suisse devrait pouvoir tabler elle aussi sur un renversement de tendance au cours du second semestre 2009.

Fait encourageant, l'économie suisse est fondamentalement en bonne santé et aucun déséquilibre majeur, sur des sous-marchés, n'est observé actuellement dans notre économie. Il n'y a pas de crise immobilière générale nécessitant des adaptations douloureuses. Dans le domaine de l'octroi de crédits aux milieux économiques, la situation en Suisse paraît moins tendue que celle observée dans bon nombre de pays. On ne saurait constater, à ce jour, de durcissement généralisé des conditions du crédit de la part des banques.

Lègère reprises attendue au second semestre 2009

Une légère reprise au cours du second semestre 2009 ne devrait pas empêcher l'économie suisse d'enregistrer, en moyenne annuelle, un recul de son PIB en termes réels de -0,8% en 2009 (après une croissance +1,9% en 2008). Pour 2010, le groupe d'experts prévoit une croissance de +1,0% en moyenne annuelle.

Le soutien apporté par la conjoncture mondiale devrait rester modeste en 2010. La demande intérieure en Suisse pourrait elle aussi, après un certain délai, être affectée par la récession. En 2010, ce seront sans doute les secteurs proches de la consommation qui noteront une certaine morosité.

 

Détérioration en vue sur le marché du travail

La contraction de l'activité économique devrait entraîner, avec un retard également, une nette détérioration de la situation sur le marché du travail en 2009 (recul de l'emploi et hausse régulière du chômage). Le groupe d'experts ne s'attend à une reprise de la création d'emplois qu'à partir de la fin de l'année 2010.

En moyenne annuelle, l'emploi devrait se contracter de -0,3% en 2009 et de -0,8% en 2010. Le taux de chômage qui a atteint 2,6% en moyenne annuelle 2008, devrait progresser à 3,3% en 2009, puis à 4,3% en 2010. Uniquement vers la fin de l'année 2010, la hausse du nombre de personnes touchées par le chômage devrait commencer à se stabiliser.

 

Des risques conjoncturels inéluctables

La lente reprise conjoncturelle, attendue pour la Suisse à partir du second semestre 2009, dépend résolument d'une stabilisation du contexte économique mondial. Cet ajustement pourrait toutefois prendre plus de temps que prévu. Il s'agit là du risque conjoncturel majeur. Pour l'heure, peu de signes encourageants, témoignant d'une résolution durable des problèmes et d'une détente généralisée de la situation sur les marchés financiers et auprès des banques sont perceptibles.

L'amélioration de la situation sur les marchés immobiliers de divers pays (Etats-Unis, mais aussi Grande-Bretagne ou Espagne) pourraient encore durer plusieurs mois. Malgré ce contexte international défavorable, le Groupe d'experts de la Confédération estime que la probabilité d'une récession mondiale longue et profonde est limitée. Et cela notamment du fait qu'il considère que les mesures de politique monétaire et fiscale, en partie bien coordonnées au niveau international, déploieront progressivement des effets positifs.

De surcroît, le ralentissement conjoncturel aux Etats-Unis dure déjà depuis la fin de l'année 2006 ; dans ce contexte la probabilité d'assister à un retour d'impulsions conjoncturelles plus positives augmente avec le temps.

 

L'enquête menée en octobre 2008 par l'institut de recherche conjoncturelle de l'EPFZ auprès des bureaux d'études démontre que la situation des affaires reste favorable en dépit de la crise financière. Les indicateurs sont néanmoins à la baisse. Les appréciations positives se sont davantage réduite dans les bureaux d'ingénieurs que chez les architectes.

 

Dans l'ensemble, les entreprises ont fait part d'une diminution de la croissance des affaires au troisième trimestre de 2008. Le carnet de commandes n'a quasiment plus augmenté, mais les réserves de travail sont demeurées presque inchangées (8,8 mois). Pour ce qui est des projets à l'étranger, le carnet de commandes s'est toutefois encore étoffé. Les prestations fournies se sont globalement accrues, mais la dynamique de croissance a continué à se tasser.

Les volumes de construction se sont avérés un peu moins nettement plus élevés aux valeurs du trimestre précédent que ce ne fut le cas lors des précédentes enquêtes. Ils ont régressé dans la construction de logements et stagné dans le secteur publique. Seules les constructions industrielles ont enregistré un résultat positif, mais à un rythme qui s'infléchissait. La part des travaux de rénovation a peu évolué et s'est maintenue à 24%.

Pour le troisième trimestre, les bureaux d'études s'attendent à un léger recul des entrées de commandes. Ils prévoient d'étoffer leurs effectifs, même si cela se fera à un niveau inférieur de celui du trimestre précédent. En raison du rafraîchissement conjoncturel dans le secteur du bâtiment, les tarifs des honoraires ne pourront plus augmenter. Pour ce qui est de l'évolution des affaires dans les six mois à venir, les bureaux d'études se montrent sceptiques: seuls 10% d'entre eux prévoient une amélioration de la situation, alors qu'un bon cinquième redoute une détérioration.

 

Le carnet des commandes en légère hausse dans les bureaux d'architectes

L'appréciation de la situation est quasiment identique en octobre qu'en juillet dans les bureaux d'architectes. Le carnet de commandes s'est légèrement étoffé, mais les réserves de travail ont diminué. Les prestations fournies se sont encore avérées certes supérieures aux valeurs du trimestre précédent, mais l'accroissement a de nouveau fléchi. Les volumes de construction impliquées dans les projets ont augmenté dans la même mesure que durant le trimestre précédent, même si la construction de bâtiments publics est davantage en repli et si la construction industrielle a stagné.

Sur l'ensemble des volumes de construction, la part des travaux de rénovation s'est réduite au cours des trois derniers trimestres, mais elle se maintient à un niveau relativement élevé (34,4%). Les architectes se montrent confiants à court terme, même s'ils envisagent une légère baisse de l'accroissement des entrées de commandes. Ils prévoient de ce fait une hausse modérée du tarif des honoraires. En raison de la bonne situation des affaires, les architectes comptent engager davantage de personnel que durant le trimestre précédent. L'évolution des affaires ne devrait pourtant plus s'améliorer au cours des six prochains mois.

 

Les bureaux d'ingénieurs optimistes

Les bureaux d'ingénieurs ont connu un troisième trimestre satisfaisant. 43% d'entre eux ont jugé que la situation des affaires était bonne et 50% l'ont estimée satisfaisante. Seuls 7% d'entre eux l'ont qualifiée de mauvaise. Les résultats se sont avérés particulièrement réjouissants dans le secteur de la technique de bâtiment. Le carnet de commandes ne s'est plus guère étoffé dans son ensemble. Cela s'applique aussi par le niveau des commandes en provenance de l'étranger.

Les prestations fournies se sont faiblement accrues. Pour ce qui est du volume de construction, les bureaux d'ingénieurs font état d'un repli légèrement plus marqué dans la construction de logements et d'une progression dans les constructions industrielles et provenant des pouvoirs publics. La part des travaux de rénovation (17%) est demeurée inchangée.

Pour les trois mois à venir, les bureaux d'ingénieurs redoutent une baisse des entrées de commandes, et ce dans plus ou moins tous les secteurs. Les perspectives à moyen terme se sont assombries, ce qui se traduira aussi par la stabilisation des effectifs.

 

La Conférence des directeurs des finances des cantons romands, de Berne et du Tessin a décidé de mettre en place une plate-forme supra cantonale réunissant des experts chargés d'analyser les risques de dégradation des finances cantonales et des moyens à mettre en œuvre pour y remédier.


Les directeurs cantonaux des finances ont décidé de mettre sur pied un groupe de travail intercantonal réunissant des experts des milieux économiques et académiques. Ce groupe est chargé d'élaborer des pistes de réflexion qui devront permettre d'anticiper les changements conjoncturels à venir et serviront de base aux responsables politiques dans leurs choix stratégiques.


En l'état actuel des connaissances, aucune répercussion marquée n'est attendue sur les finances publiques avant l'exercice 2010, essentiellement en raison du décalage entre les recettes fiscales et la situation effective de la conjoncture.


>Convaincus de la nécessité d'aborder cette problématique avec un certain recul et une vue d'ensemble, les membres de la Conférence ont décidé de mettre à profit ce laps de temps pour engager une analyse des facteurs ayant une incidence sur l'évolution de l'économie au plan supra cantonal.
Le système de financement des caisses de pensions publiques est un élément non négligeable, par rapport aux besoins financiers des cantons ces prochaines années. La Conférence est activement engagée dans la défense du maintien du financement mixte des caisses de pensions afin d'éviter une concentration inutile et risquée des ressources dans le capital des institutions de prévoyance. D'où son opposition au projet du Conseil fédéral qui sera prochainement débattu aux Chambres fédérales.

 

Dans ce secteur, l'élément déterminant de la structure démographique (relation entre personnes actives et retraitées) sera étudié par le groupe d'experts. En outre, l'évaluation des moyens d'action d'une politique anticyclique, tel que l'augmentation des investissements en tant qu'outil de soutien à l'économie au niveau supra cantonal, constituera un autre objectif central de ces travaux qui serviront d'appui aux choix stratégiques des gouvernements cantonaux.

 

Selon le baromètre conjoncturel du KOF, le ralentissement économique international ne touche encore que très partiellement l'économie suisse.

 

Les résultats de l'analyse de l'Institut pour les questions conjoncturelles de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich portant sur les moins de juillet et août sont rassurantes: les signes de refroidissement économique que l'on constate sur le plan mondial semblent épargner encore la Suisse. Durant le premier semestre de 2008, revèle cette enquête, la conjoncture économique a perdu quelque peu de sa vigueur. Cela touche aussi bien l'industrie que la construction, le commerce en gros, l'hôtellerie ainsi que les secteurs de la communication, des transports, des services économiques et à la personne.
Le secteur financier a perdu de son dymanisme à partir de mars 2007 et les banques ont particulièrement souffert de cette situation. Cette situation n'a pourtant pas empiré au cours du deuxième trimestre de 2008.

Ce refroidissement devrait pourtant se poursuivre au cours de ces prochains mois. L'industrie, le commerce de détail, l'ingénierie, l'hôtellerie ainsi que les secteurs de la communication, des transports, des services économiques et à la personne s'attendent à ce que la croissance marque le pas. La construction et le commerce en gros s'attentent à un léger tassement des entrées des commandes. Seul le secteur financier planche sur un rebond de la demande.

 

L'économie mondiale semble maintenant aborder une phase de ralentissement et ne va probablement pas reprendre vigueur avant l'année prochaine, selon Giles Keating, responsable du Global Economics and Strategy Group du Credit Suisse. Aucun signe ne laisse entrevoir que la crise du crédit soit derrière nous, ajoute-t-il.

 

Les marchés des actions se sont refait une santé. Cela signifie-t-il pour autant la fin du marché baissier?

Je pense que le mot d'ordre pour les investisseurs est «prudence». Le rebond des actions que nous avons constaté entre les derniers jours de juillet et le début du mois d'août pourrait quelque peu jouer les prolongations mais, en ce moment même, il ne marque probablement pas le début d'un rallye important et soutenu. Il pourrait même être prochainement suivi d'un léger retour de flamme. Le problème est que les incertitudes économiques sont encore trop nombreuses; il reste un point d'interrogation quant à la destination des profits et il y a encore trop d'incertitudes financières.

 

La crise du crédit n'est donc pas terminée?

Je crains que la crise du crédit ne soit pas finie. Si nous observons ce qui se passe sur le marché interbancaire, nous constatons que les taux auxquels les banques se prêtent mutuellement de l'argent sont toujours très élevés. Si nous nous tournons vers les marchés du crédit, nous voyons - malgré une légère amélioration par rapport aux niveaux les plus critiques - que la plupart d'entre eux n'ont pas participé à la hausse que nous avons observée sur les marchés des actions. Les banques et les autres établissements financiers ont toujours tendance à se désendetter. Globalement, les conditions financières sont donc rigoureuses. Aux Etats-Unis par exemple, les gens qui prennent des hypothèques paient des taux plus élevés que durant la crise, et ils ont même de la peine à en obtenir.

 

Certains espoirs demeurent que l'économie mondiale reprenne de la vitesse en fin de compte...

Je pense tout le contraire. Actuellement, l'économie mondiale semble aborder une phase de ralentissement. Je n'irais pas jusqu'à dire que ce fléchissement sera mauvais, mais je crois qu'il sera très important et que la croissance ralentira de manière significative par rapport au niveau où nous nous trouvons aujourd'hui. C'est tout à fait salutaire à bien des égards, car les choses allaient trop vite, ce qui avait naturellement tendance à faire monter les prix des matières premières, ceux du pétrole, etc. Ainsi, par certains côtés, ce ralentissement vient à point nommé. Mais je pense qu'il tendra à influencer de manière prépondérante la manière dont les investisseurs appréhenderont la situation, à l'inclusion des marchés des actions, ces prochains mois. Je pense que nous devons attendre de prendre pied dans l'année prochaine avant d'entrevoir l'amorce d'une reprise de la croissance.

 

Bien que les prix du pétrole aient nettement reculé depuis le niveau record qu'ils avaient atteint au tout début de juillet, ils semblent rester au centre de toutes les préoccupations. Comment jugez-vous la situation dans son ensemble?

Certes, les prix du pétrole demeurent très élevés et changent évidemment tous les jours. A l'instant même où nous parlons, ils se situent aux alentours de 112 ou 113 dollars le baril, ce qui reste un très haut niveau par rapport à ce que nous avons connu par le passé. Mais c'est un soulagement en comparaison des 147 dollars le baril qui ont constitué un pic jamais atteint. Je pense donc que la juste approche en termes de prix du pétrole consiste à dire qu'ils n'alimentent plus ce sentiment d'oppression qu'ils prodiguaient encore il y un mois ou deux. Néanmoins, ils constituent toujours un frein à la croissance dans les pays consommateurs de pétrole. Mais, soit dit en passant, ils donnent aussi un coup de pouce à la croissance dans certains pays producteurs d'or noir, ce qui contrebalance partiellement l'entrave que ces effets exercent sur les Etats-Unis et l'Europe.

 

Le conflit en Géorgie pourrait-il perturber l'approvisionnement en pétrole et en gaz, et de nouveau pousser les prix à la hausse?

A vrai dire, la situation en Géorgie évolue très rapidement; ainsi, chaque fois que les gens s'y intéressent de plus près, elle peut déjà avoir changé. Mais, pour le moment, ce qui est intéressant, c'est que le conflit n'a pas du tout fait monter les prix du pétrole - en fait, c'est tout le contraire qui s'est passé. Nous avons effectivement vu les prix du pétrole baisser au fur et à mesure que le conflit se poursuivait. Bien sûr, ce phénomène s'explique de différentes manières. Une première raison est que les prix du pétrole sont régis par une multitude d'autres facteurs. Par ailleurs, cette région a déjà été à l'origine d'un certain degré de perturbation dans les fournitures de pétrole. Mais il convient ici de retenir deux points: d'une part, il est possible, à moyen terme en tout cas, que les prix du gaz soient davantage affectés par cette situation. Et d'autre part, il convient de relever que le conflit en Géorgie doit effectivement être considéré en tant qu'élément d'un remodelage global plus large du contexte géopolitique.

 

Et qu'en est-il des prix des denrées alimentaires?

Nous constatons une légère détente dans les prix des denrées alimentaires parallèlement à l'accalmie enregistrée au niveau des prix du pétrole et de beaucoup d'autres matières premières. Comme toujours, les prix de l'alimentation sont tributaires d'un grand nombre de facteurs spéciaux, notamment des moissons. Dans l'ensemble, ils resteront à un niveau plus élevé que celui auquel nous étions habitués ces dernières années. Mais à l'instar du prix du pétrole, ce repli des prix des produits alimentaires est très utile parce qu'il provoque un léger relâchement de la pression sur le front de l'inflation en ce sens que les gens n'ont plus à se préoccuper du renchérissement autant qu'avant.

 

Le dollar a récemment gagné du terrain par rapport aux autres principales monnaies. Va-t-il continuer sur cette voie?

Je pense qu'il y a assurément une chance assortie d'une certitude; mes collègues du Global Economics and Strategy Group (GESG) pensent qu'il y a une chance que le dollar poursuive quelque peu sa progression. Comme vous savez, le billet vert a eu un accès de faiblesse face à l'euro en passant au-dessus de 1.60 et, en ce moment même, il se peut qu'il se soit raffermi en dessous du niveau de 1.50. Nous sommes donc ici en présence d'un net progrès. Mais pour l'heure, nous avons le sentiment que tout raffermissement ultérieur sera probablement modeste en comparaison de l'ampleur du mouvement que nous venons de connaître. Le problème ici est que les investisseurs ont clairement réalisé que l'économie américaine - relativement à l'Europe qui a déjà ses propres problèmes, et je pense que c'est cela qui est à l'origine de la tendance à la hausse du dollar - donne l'impression qu'elle n'a pas encore surmonté ses difficultés actuelles, en particulier en ce qui concerne les problèmes financiers qui persistent. Cela va probablement limiter la mesure dans laquelle le dollar peut se renforcer par rapport au niveau qu'il occupe en ce moment.

 

Les matières premières telles que l'or, le platine et l'argent prennent-elles le chemin d'un marché baissier maintenant que le dollar reprend du poil de la bête?

Nous avons le sentiment qu'elles ne se dirigent pas vers un marché franchement baissier, ce qui corrobore en partie le scénario selon lequel le dollar ne va pas beaucoup se renforcer et qui va aussi dans le sens de certains facteurs sous-jacents de l'offre et de la demande. Nous pensons - quand bien même la demande d'or a commencé à faiblir lorsque nous avons vu les prix grimper aux alentours de la barre de 1000 dollars l'once et au-dessus par exemple - que la demande sous-jacente pour l'or reste toujours plutôt robuste. L'Asie constitue un exemple à cet égard. En dehors de l'Asie, les économies à croissance rapide ont tendance à pousser les gens à détenir de l'or en tant que valeur refuge, alors que l'augmentation de l'offre reste relativement limitée. Ainsi, nous ne voyons pas ces métaux précieux prendre le chemin d'un marché baissier, mais les investisseurs devraient rester plutôt prudents s'ils s'attendent à ce que le rendement de l'or augmente de manière substantielle ces prochains mois.

 

En juin, les monnaies asiatiques et de l'Europe de l'Est se comportaient plutôt bien. Sont-elles toujours gagnantes?

Nous avons vu que la plupart des monnaies, y compris quelques devises asiatiques, n'ont plus été en mesure de performer aussi bien pendant que le dollar était fort. Nous estimons cependant que la tendance à long terme pour ces monnaies asiatiques est nettement orientée à la hausse, bien que des différences existent de l'une à l'autre. Le renminbi chinois, par exemple, va probablement continuer de se renforcer vis-à-vis du dollar parce qu'il reste sous-évalué, ce qui va de nouveau entraîner à la hausse quelques-unes des autres monnaies asiatiques parallèlement au renminbi, dans un mouvement à long terme. Mais en ce moment précis, le dollar conservant peut-être une force motrice un peu plus grande, les monnaies asiatiques peuvent en fait ne pas monter, voire reculer légèrement pendant que le billet vert reste dans cette phase de robustesse.

 

Avec tous ces développements, pouvez-vous faire la synthèse et nous dire où sont les opportunités de placement?

Rester prudent. Ce n'est pas le moment de se précipiter sur les actions. Il y aura un temps pour cela, peut-être plus tard dans l'année, peut-être au début de 2009, mais pas maintenant. S'agissant des monnaies, nous pensons que le dollar est en train de se constituer un niveau plancher qu'il conservera sur le long terme, mais nous ne nous attendons pas à ce qu'il reprenne l'ascenseur. Les investisseurs devraient tirer profit de la détente temporaire dont bénéficient certaines monnaies asiatiques pour trouver le moment de se repositionner sur ces monnaies. Les matières premières, considérées dans leur ensemble, peuvent en fait s'affaiblir encore un peu. Dans le complexe des commodities, nous pensons que la tendance à la hausse à long terme est toujours présente. Les investisseurs devraient commencer à se tourner vers certains métaux de base ou s'exposer au travers d'un fonds qui est en mesure de prendre ce genre de décisions et qui, en particulier, est à même de prendre des positions à découvert en ces temps difficiles pour les matières premières. Pour les marchés des valeurs à revenu fixe, le maître-mot doit être de conserver les obligations d'excellente qualité assorties de maturités relativement courtes - peut-être de deux à quatre ans selon le marché. Et en ce qui concerne les taux d'intérêt: à court terme, ils risquent de fléchir légèrement même si, à long terme, ils vont probablement rester aux alentours des niveaux actuels, voire augmenter.

 
Dans ses récents pronostics de fin mars 2008, le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) n'a que légèrement revu ses estimations à la baisse.

Le Seco s'attend toujours encore pour l'année en cours à un ralentissement de la croissance du PIB à 1,9%, relève la Centrale d'émission des communes suisses. Pour 2009, il prévoit, relève-t-elle, que l'affaiblissement de la dynamique conjoncturelle devrait se poursuivre et la croissance du PIB s'établir à 1,5%.
L'économie suisse fortement portée par les exportations ne peut donc pas non plus se soustraire aux influences négatives de la crise financière et au ralentissement de la conjoncture internationale qui en résulte. Le Seco pense que ce ralentissement va se faire sentir dans les exportations, en particulier au niveau des prestations de service (financières). L'année dernière, le secteur financier a toutefois contribué à hauteur de 13% environ au PIB et d'un tiers environ à la croissance du PIB de 3.1%.
La consommation privée devrait cependant continuer à constituer un pilier solide de la conjoncture. Le spectre d'une dynamique conjoncturelle en baisse est confirmé par les indicateurs conjoncturels avancés. Le baromètre conjoncturel KOF a une nouvelle fois baissé en mars, mais se maintient néanmoins à un niveau supérieur à la moyenne à long terme. L'indice PMI des directeurs d'achats a fléchi et indique ainsi une baisse dans le secteur industriel.
La crise financière continue à créer des distorsions sur le marché monétaire. Les intérêts à moins d'un an sont en partie supérieurs aux taux swap à 2 et 3 ans. La Banque nationale suisse (BNS) a essayé de contrecarrer les intérêts élevés sur le marché monétaire avec des taux des pensions de titres faibles à une semaine et trois mois. Le Libor à 3 mois s'est quand même maintenu à un niveau supérieur au taux cible de la BNS de 2,75%
 
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