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Les Etats et banques centrales doivent relever deux défis majeurs.

Face à l'accumulation des signes négatifs pour l'économie des pays européens, la Suisse risque de se retrouver entraînée dans la tourmente malgré les bonnes performances de son économie. Tous les scénarios que les spécialistes de la finance mondiale imaginaient comme totalement utopistes voici encore une année semblent vouloir se réaliser un jour ou l'autre.

Ils ne se posent plus la question de savoir s'ils sont plausibles ou non, mais quand cela arrivera-t-il. Il faut dire que l'endettement des Etats est pharaonique et les moyens de le réduire sont totalement en inadéquation avec les instruments auxquels ils devraient pouvoir compter.

La situation est d'autant plus préoccupante que les gouvernements européens louvoient dans une période marquée par le sceau des cygnes noirs. Des volatils de mauvaise augure qui décrivent bien le paradoxe dans lequel nous nous trouvons. On en est en effet au stade de se demander si ces événements, considérés comme pouvant intervenir avec un très faible taux de probabilité, ne deviennent pas un jour ou l'autre réel. «Cette accumulation de cygnes noirs commence à peser de manière très lourde sur l'économie» note Patrice Gautry, chef économiste à l'Union Bancaire Privée (UBP). Le danger est qu'il s'agit d'événements assez imprévisibles. «Il faut être prêt à réagir rapidement» relève-t-il.

«Le tournant de la situation économique dans laquelle nous nous trouvons est que la dette des pays développés a dépassé les 100%.» Le drame est que le marché a de la peine à refinancer cette dette. «On se trouve ainsi dans une situation qui sonne la fin du cycle de la dette» enchaîne Patrice Gautry. En plus de l'endettement des Etats, celui des ménages est aussi préoccupant. «Il faudra attendre 2020 pour que le taux d'endettement des ménages américains retombe à un niveau acceptable» prévoit-il en l'occurrence. Et le rythme de désendettement des ménages européens prend du retard.

Patrice Gautry estime que 2012 constituera une année de transition. «C'est l'année prochaine que l'on ressentira tout l'impact du désendettement des ménages.» Avec comme corollaire que plus de 60% du PIB est déterminé par la consommation des ménages. La situation est d'autant plus préoccupante que le danger peut aussi venir des pays émergeants. Face au recul du PIB et du pouvoir d'achat dans les pays développés, cela pourrait se traduire par une explosion du modèle chinois. La croissance ne devrait pas y dépasser 9%, avec comme conséquence une explosion de la bulle immobilière et un secteur bancaire gangrené par le marché gris. «La bulle peut dès lors éclater en dehors du marché bancaire» craint en l'occurrence Patrice Gautry.

Pour Alan Mudie, managing director de l'UBP et chief investment officer - Private Banking de l'établissement, la situation actuelle présente des risques, mais aussi des opportunités. «Le statut d'actif sans risque de la dette allemande a été remis en cause» dévoile-t-il. «Cela fait longtemps que nous recommandons à nos clients de ne pas miser sur la dette souveraine.» Par contre, pour lui, la dette «corparate» reste attractive.

Pour lui, les chiffres démontrent que l'on ne se trouve pas dans une période de récession. «Les marges des entreprises sont au plus hautes» souligne-t-il. Il faut pourtant en profiter car, selon lui, il n'est pas raisonnable d'imaginer que les marges vont continuer à augmenter, bien au contraire. «Notre conclusion est que les analystes qui tablent sur une hausse des bénéfices en 2012 font fausse route» admet Alan Mudie. Sur le plan international, les vents sont plutôt déflationnistes et les actions restent vulnérables justement à cause des craintes de la déflation pour les investisseurs.

Par ailleurs le prix du baril de pétrole s'envole et la demande en or dépasse les capacités de production. Ce cocktail risque d'être explosif et rendre la situation économique encore plus volatile.

Sur le plan helvétique, la valeur du franc suisse rester effectivement surélevé en raison de sa qualité de valeur refuge. Le véritable danger provient du ralentissement économique de l'Allemagne. C'est l'accumulation de ces cygnes noirs qui fait peur au monde bancaire.

Pierre-Henri Badel

 

Amortir (une dette, un investissement, etc.).

 

 

Poursuite pour dette et faillite.

 

 

Etre arrivé à échéance (par exemple une dette, un contrat, un mandat).

 

 
Poursuite pour dette: procédure légale engagée contre un débiteur ne s'acquittant pas de ses obligations.
 

Les PME peuvent lutter contre les factures impayées en prenant des mesures efficaces qui permettent d'obtenir des résultats indéniables et assurent la survie des entreprises dans un contexte concurrentiel très tendu.

Le sondage effectué par l'Association suisse des sociétés fiduciaires de recouvrement indique que le nombre de créances transmises à des sociétés de recouvrement a légèrement reculé en 2007: alors que le nombre de mandats s'élevait encore à 883'112 et représentait des créances pour un montant total de 728 millions de francs l'année précédente, ces chiffres sont tombés à 683'317 mandats pour un volume de créances de 631 millions de francs en 2007. Grâce à des méthodes de recouvrement efficaces, les sociétés membres sont parvenues à recouvrer un montant total de 408 millions de francs (contre 432 pour l'année précédente) pour les créanciers.
Le fléchissement constaté en 2007 découle d'un contexte économique florissant qui a incité les entreprises à ne pas transmettre leurs créances à des sociétés spécialisées dans la gestion des débiteurs. Par peur de perdre des clients, elles ont préféré attendre dans l'espoir que les clients concernés règlent un jour d'eux-mêmes leurs factures.

 

Les actes de défaut de biens: une source d'argent
Dans le domaine des actes de défaut de biens, c'est-à-dire d'anciennes créances considérées comme irrécupérables, la situation est inverse: le nombre des actes de défaut de biens non réalisés est passé de 916'171 l'année précédente à 1,2 million en 2007. Alors que le montant des créances avait chuté de 6,8 milliards de francs en 2006 à 4,3 milliards pour l'année en cours, le montant de 21 millions de francs récupéré l'année précédente a pu être multiplié par trois: ce ne sont pas moins de 62 millions de francs qui ont été recouvrés en 2007 par les entreprises membres, ce qui constitue un record.

 

Trouver des solutions et éviter les poursuites
Le nombre de cas qui ont pu être réglés au niveau préjuridique a fortement baissé: alors qu'ils s'élevaient à 373'442 en 2006, ils n'était plus que 182'167 en 2007, soit environ la moitié. Car si la crise des crédits devait nous épargner, les PME seraient bien inspirées d'analyser sans tarder leurs créances à recouvrer et de prendre immédiatement des mesures pour obtenir leur remboursement - avant que les choses ne changent et qu'il ne soit trop tard.

 


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