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Les internautes jugent que la situation économique actuelle n'est pas aussi brillante que certains optimistes le pensent. C'est en tout cas ce qui ressort d'un sondage réalisé par le site web Business Leader.

 

Pierre-Henri Badel, adi-presse

 

Selon les internautes qui ont répondu à ce sondage, 41% redoutent une rechute de la situation, 20% jugent de leur côté que la reprise est très timide et 16% que la reprise ne se ressent pas. Un internaute sur dix reconnaît que le taux de change du franc suisse par rapport au dollar et à l'euro constitue un véritable handicap à la reprise économique dans notre pays. Enfin seuls 13% de l'échantillon de 100 internautes qui ont participé à ce sondage admettent que la reprise est déjà très ferme. Ces différences illustrent donc bien celles que l'on constate effectivement dans les entreprises suisses suivant les secteurs d'activité. Certaines semblent ainsi encore fortement handicapées par le niveau élevé du franc suisse, alors que d'autres, qui profitent du différentiel du change à l'importation, sont très satisfaits de cette situation.

Pour de nombreuses entreprise, la surpondération de la monnaie suisse constitue un réel frein aux exportations. Les interventions massives de la Banque nationale Suisse (BNS), qui a investi près de 26 milliards de francs pour soutenir les cours de l'euro et du dollar pour éviter que du franc suisse s'envole, ne semble pas avoir servi à grand chose et nombreux sont ceux qui s'interrogent si elle n'a fait qu'alimenter les coffres des spéculateurs qui misaient sur une surévaluation du cours du franc suisse. Pour ceux-ci, il fallait que la valeur du franc suisse reflète simplement la réalité économique et les taux de change devaient se stabiliser naturellement lorsque ce seuil fatidique serait atteint. Certains avancent que la réelle valeur serait qu'il y ait une quasi-parité entre l'euro et le franc suisse. Ou en tout cas entre le dollar et la monnaie helvétique. Cela menace naturellement notre industrie d'exportation, mais aussi notre tourisme et le commerce, trois grands piliers de notre économie.

Dans ce sens, on peut se demander si les interventions massives de la BNS ont réellement servi à calmer le jeu. Ceux qui en doutent sont toujours plus nombreux. C'est ce qui pousse le Conseil fédéral à instaurer une table ronde sur ce sujet avec les milieux économiques. Mais la marge de manœuvre est très faible. Il ne fait pas de doute que l'on est encore loin d'avoir trouvé la solution miracle. Comme on l'a vu, un soutien à l'euro est illusoire et vouloir arrimer le franc suisse à la monnaie européenne tout autant car la Suisse n'aurait alors plus du tout de liberté de manœuvre en matière de politique financière. La Suisse ne devrait-elle alors pas plus simplement adopter l'euro comme monnaie nationale? La question n'est plus aussi iconoclaste et le deviendra toujours moins au cours de ces prochains mois.

 

De par le monde, la grande majorité des dirigeants d'entreprises craignent de possibles représailles exercées par d'anciens employés.

 

 

Par Pierre-Henri Badel

 

En Suisse, 17% des entreprises considèrent que ce risque est très élevé et reconnaissent avoir pris de mesures pour pallier ce danger, alors que 34% en sont encore au stade de l'évaluation des risques potentiels, en attendant de prendre des mesures appropriées.

La situation économique actuelle accroît pourtant le risque de vol des données informatiques de la part d'employés mécontents de leur situation ou renvoyés de leur poste, relève une étude du cabinet d'audit Ernst & Young. C'est souvent le système informatique qui est la cible privilégiée de l'employé indélicat. Les entreprises doivent donc veiller tout particulièrement à la sécurité des accès aux données stockées dans les ordinateurs. Elles doivent pour cela identifier les menaces potentielles et prendre les mesures qui s'imposent.

Pour près de la moitié des chefs d'entreprises interrogés dans le cadre de cette enquête, l'affectation de budgets adaptés en matière de sécurité des informations constitue un défi de taille. Et 40% des entreprises entendent accroître le budget annuel consacré à la sécurité informatique, alors que 52% de celles-ci n'envisagent pas de changer leur pratique actuelle.

L'un principaux points faibles de la sécurité des données est incontestablement constitué par les ordinateurs portables. Seules 41% des personnes interrogées dans le monde admettent qu'elles procèdent au cryptage des données sur leurs ordinateurs portables. Elles sont 17% à envisager cette solution à partir de l'année suivante seulement. Et cela quand bien même le nombre d'accès non autorisés détectés dans le cas de perte ou de vol de données ne cesse de progresser.

En Suisse, 80% des entreprises interrogées affirment qu'elles cryptent les données sur les ordinateurs portables, et 16% prévoient d'introduire cette mesure au cours des douze prochains moins.

 
Le salaire constitue un important critère permettant de s'attacher les talents qui sommeillent au sein des entreprises.

20% des entreprises suisses ne prennent pas les mesures qui s'imposent pour fidéliser leurs cadres supérieurs. Compte tenu du manque croissant de main d'œuvre qualifié, la direction générale des entreprises devrait réellement se préoccuper de ce problème qui risque de pénaliser leur développement au cours de ces prochaines années.

Comme on pouvait s'y attendre, c'est le salaire qui constitue le principal argument qui est susceptible de fidéliser les cadres des entreprises. En Suisse, ils sont 49% à souhaiter une augmentation de leur rétribution. Il vient en tête des motifs qui les incitera à rester fidèle à leurs employeurs actuels. Ceux-ci se laissent un peu tirer l'oreille car ils ne sont que 19% à avoir élaborer une politique salariale tenant compte des desiderata de leurs cadres sur ce point.

Le deuxième critère par ordre d'importance concerne la possibilité de travailler sur la base d'un horaire variable. Les cadres sont 35% à souhaiter leur temps de travail. Sur cette question, les entreprises suisses sont très ouvertes puisque 47% d'entre-elles proposent cette option.

On trouve en troisième position des attentes des cadres des entreprises suisses la possibilité de suivre des cours de perfectionnement. Et de ce point de vue, une proportion à peu de chose équivalente d'entreprises (30%) répond aux attentes de leurs employés (27%).

Vient ensuite la gestion des carrières, qui est proposées par 18% des entreprises et désirée par 23% des cadres.

Enfin, l'augmentation des bonus est plébiscitée par 19% des cadres et proposé par 10% des sociétés.

La faiblesse actuelle des mesures de fidélisation des cadres découle en partie des difficultés que rencontrent les entreprises en raison de la crise économique et financière qu'elles viennent de traverser ou qu'elles traversent actuellement.

Aujourd'hui, la priorité est un peu partout au maintien des emplois. Mais les entreprises ne devront pas trop tergiverser à l'avenir si elles veulent préserver leur capacité concurrentielle au cours de ces prochaines années.

 
Les entreprises se doivent d'établir des directives appropriées sur la manière de se comporter avec les réseaux de contact en ligne tels que Twitter, Facebook ou MySpace.

Avant de définir les règles d'utilisation des réseaux sociaux au sein de l'entreprise, il leur est nécessaire de connaître quelle est sa stratégie dans ce domaine. Ses responsables devraient aussi clairement connaître quels avantages les réseaux sociaux apportent à leur entreprises et dans quelle mesure ils peuvent tirer un appui dans leur travail.

Les directives élaborées doivent en outre correspondre à la culture d'entreprises. Il ne fait aucun doute, relève à ce sujet une étude d'IDC, que les réseaux sociaux constituent un important défit à relever en ce qui concerne de déroulement traditionnel et hiérarchisé des processus de l'entreprise.

Dans ce domaine, les procédures qui fonctionnent le mieux sont celles ou son mode d'utilisation est en phase avec le comportement de l'utilisateur. Si les règles sont trop complexes et les directives trop restrictives, cela peut avoir des retombées négatives. Cela peut par contre s'avérer très fructueux quand un employé s'implique dans le processus ou qu'un membre du groupe participe à l'élaboration des directives sur l'utilisation des réseaux sociaux,.

Il faut pourtant relever, précise cette étude, que les réseaux sociaux prennent toujours plus d'importance au niveau de la marche des entreprises et celles-ci le reconnaissent toujours plus volontiers car cela ouvre de nouveaux canaux aux responsables du marketing et des relations publiques, ainsi qu'aux conseillers à la clientèle. Il s'agit justement de personnes qui utilisent des comptes Twitter au nom de l'entreprise.

En règle générale, les dirigeants sont d'accords avec la manière dont les employés utilisent ces outils. Par contre, elles sont un peu plus préoccupées par le contenu que ces mêmes employés laissent sur les réseaux sociaux. D'autant plus que, selon une enquête réalisée aux Etats-Unis, 60% des employés mélangent délibérément des informations qui sont relatives à leur vie privée et professionnelle, que ce soit sur Facebook ou Twitter.nis, 60% des emploUnis

 

Cette année, plus de 30 entreprises issues de différents secteurs de la gestion des ressources humaines étaient en lice pour décrocher le «Swiss HR Award».

 

Ce prix récompense la qualité de la gestion des ressources humaines au sein des entreprises, son orientation stratégique, la qualité des processus, l'efficacité des instruments ainsi que la qualité du travail fourni par le personnel de l'entreprise dans son ensemble.

L'orientation stratégique de la gestion des ressources humaines du lauréat a convaincu le jury. Elle s'appuye sur un système intégré de gestion de la diversité consistant à prendre en compte les besoins de différents groupes d'employés. Le «diversity management» prend également en considération les besoins des collaborateurs plus âgés, de ceux venus de l´étranger et des femmes.

Le nouveau projet pilote de PricewaterhouseCoopers consiste à mesurer les valeurs importantes pour chaque employé. L'objectif est de les mettre en relation directe avec le succès de l'entreprise.

 

Quand un employé se trouve dans l'incapacité de travailler, bon nombre d'entreprises ont contracté une assurance indemnité journalière maladie.

Les entreprises ne sont pourtant pas légalement forcées de s'assurer. Ce type d'assurance leur permet d'assument son salaire pendant une période pouvant atteindre deux ans. Certaines Conventions collectives de travail (CCT) prévoient que les entreprises assurent leurs employés contre la perte de gain en cas de maladie. Le caractère obligatoire de cette assurance a pourtant été refusé plusieurs fois par le Parlement. Il serait cependant possible de remédier ponctuellement à une situation totalement insuffisante dans le cadre de la future révision de la Loi sur les contrats d'assurance.

 

Les entreprises collectent toujours plus de candidatures de manière à s’adresser directement aux personnes concernées quand elles ont des postes vacants.

L’enregistrement des profils des candidats intéressants dans une banque de données permet aux entreprises de mettre en place de précieuses ressources auxquelles elles peuvent faire appel rapidement et simplement – avant même la parution d’une offre d’emploi – lorsqu’un poste devient vacant.

Si cette démarche permet d’engager un candidat approprié, les recruteurs économisent les coûts souvent élevés d’une publication externe. Ainsi, afin d’augmenter le potentiel de pourvoi, de plus en plus de profils d’anciens collaborateurs – de collaborateurs actuels lorsque le poste est repourvu en interne – sont enregistrés.

 

Un tiers des candidatures extraites des sources internes

Selon l’étude «Recruiting Trends Suisse 2009» sur le statu quo et les attentes au sein des services du personnel et réalisée par le Centre of Human Resources Information Systems (CHRIS) de l’Université de Francfort-sur-le-Main et de Bamberg, 36,4% des participants à l’enquête enregistrent les candidatures reçues dans une banque de données au-delà du processus de candidature et 10,9% envisagent de le faire à l’avenir.

Plus de la moitié des entreprises recensées renoncent toutefois à un enregistrement à long terme des données des candidats. Actuellement, 30,2% des participants à l’enquête archivent les coordonnées des anciens collaborateurs dans une banque de données interne et 5,7% procéderont ainsi à l’avenir. Parmi les entreprises interrogées, 64,2% n’enregistrent toujours aucune donnée d’anciens employés et renoncent de ce fait à recruter d’anciens collaborateurs.

Pour à peine un quart des entreprises interrogées, la «réserve de candidats internes» comprend également les profils de collaborateurs actuels, ce qui en permet une harmonisation judicieuse avec ceux des candidats externes. Ainsi, 13,2% des participants prévoient, à l’avenir, d’intégrer aussi les collaborateurs actuels dans une banque de données, alors que 62,3% des entreprises n’enregistrent aucun profil d’employés en poste et ne prévoient pas de le faire à l’avenir.

 

L'information interne circule automatiquement au sein des entreprises

Quand un poste devient vacant, les dossiers internes de candidats potentiels peuvent être utilisées par les services du personnel ou directement par les départements concernés. Pas moins de 83,7% des participants ont indiqué informer activement les départements spécialisés sur les mouvements dans la réserve via un service «Push», tandis que pour 16,3%, les départements spécialisés effectuent eux-mêmes leurs recherches dans la banque de données interne en cas de besoin en personnel.

 

La situation économique a plombé la motivation des employés à un moment où les entreprises auraient justement besoin qu'ils soient le plus productifs.

L'année dernière, seules 15% des entreprises ont mentionné une diminution de la motivation de leurs employés. Les meilleurs employeurs en Europe ont déjà mis en place des moyens pour inverser cette tendance en réagissant de manière ciblée afin d'accroître la motivation et reconquérir l'implication et la confiance de leurs employés.

«Nous savons que l'anxiété et le manque de visibilité dans le futur influencent fortement l'attitude des employés et déclenchent un comportement de moins en moins productif. Il est démontré que les entreprises présentant un haut niveau d'engagement de leur personnel connaissent davantage de succès.

En période de crise, il est par conséquent particulièrement important d'accorder la stratégie globale de l'entreprise et des RH en fonction des besoins des employés afin de maintenir durablement la motivation et la productivité de ces derniers», commente Michael Bruggmann, responsable du conseil dans le domaine des RH en Suisse.

 

Les meilleurs employeurs 2009 se trouvent en Turquie

Pour la première fois, ce sont des entreprises de Turquie qui arrivent en tête des deux classements. Le meilleur résultat de la catégorie des PME a été atteint par Ritz Carlton à Istanbul; Ceva Logistics Turkey mène dans celle des grandes entreprises. McDonald's figure même trois fois dans le classement avec ses sociétés implantées en Russie, en Roumanie et en Bulgarie.

 

Les employeurs attrayants communiquent et informent

Il ressort de l'étude de Hewitt que beaucoup d'employeurs en Europe centrale et de l'est pré-sentent un déficit significatif en matière de motivation ciblée des collaborateurs. Ils manquent d'impliquer leurs collaborateurs dans les processus de décision ou de les  informer suffisamment. 62% des employés sont de l'avis que leurs propositions et idées ne sont pas prises en considération par les dirigeants et 19% d'entre eux ne sentent pas leur valeur reconnue par l'entreprise.

Seuls 46% des employés se considèrent bien informés pendant les changements organisationnels et 45% seulement estiment que la direction communique de manière ouverte et sincère sur l'avenir de l'entreprise.


 

Recommandations actuelles pour les responsables des RH

L'étude de Hewitt met en exergue les trois principaux facteurs qui peuvent aider les entrepri-ses, dans la situation économique actuelle, à maintenir voire même à augmenter le niveau de motivation de leurs collaborateurs:

  • Qualités de direction et de communication
    En période d'instabilité tout particulièrement, le leadership et la communication sont des éléments fondamentalement importants. Des plans d'actions transparents, le sens du dialogue et une vision claire du futur génèrent de la confiance et réduisent l'inquiétude. Une direction forte et une communication ouverte permettent d'optimiser la mobilisation des collaborateurs.
  • Motivation des meilleurs talents
    Le succès d'une entreprise dépend dans une large me-sure de la performance de ses collaborateurs. Pendant l'instabilité actuelle, une action immédiate est requise pour s'assurer que les meilleurs talents sont effectivement là, mobilisés et  concentrés sur ce qui compte pour le succès de l'entreprise. Ces personnes doivent savoir leur valeur reconnue pour qu'elles donnent le meilleur d'elles-mêmes.
  • Communication harmonieuse
    En période d'insécurité économique, les effets d'une communication défaillante peuvent se révéler particulièrement néfastes. Des rumeurs y trouvent un terrain propice et contribuent à aggraver le sentiment de désécurité des collaborateurs. Les entreprises doivent s'assurer à tous les niveaux du management que les messages sont compréhensibles pour tous et atteignent tous les collaborateurs.
160'000 employés, dont 4000 cadres supérieurs, de 700 entreprises de onze différents pays ont été interrogés dans le cadre de l'étude. L'évaluation des programmes du personnel ainsi que la vision stratégique de la direction de l'entreprise représentent les éléments-clés de l'étude. Le résultat de l'étude de Hewitt présente un classement en deux catégories: catégorie des grandes entreprises et catégorie des petites et moyennes entreprises.
 

Jeudi 4 juin 2009, le Forum HES-SO de l'emploi réunira quelque 500 étudiantes ainsi que les représentants d'une cinquantaine d'entreprises à La Chaux-de-Fonds.

Cette année, le Forum est organisé par la Haute Ecole Arc Ingénierie au nom de la HES-SO, pour l'ensemble des Hautes Ecoles d'ingénieurs et d'architectes de Suisse romande.

Pour cette 5ème édition, ce sont près de 500 étudiantes et étudiants terminant leur formation HES dans le domaine Ingénierie et architecture qui se retrouveront pour une journée de tremplin professionnel. Cette manifestation réunira des étudiantes et des étudiants venus des Hautes écoles d'ingénierie et d'architecture de l'Arc jurassien, Genève, Fribourg, Valais et Vaud.

Bien que toujours très masculin, ce domaine attire de plus en plus de jeunes femmes qui osent la différence et se lancent dans une carrière d'ingénieure. Elles seront nombreuses cette année à La Chaux-de-Fonds. Les entreprises constatent de plus en plus que les équipes mixtes sont plus performantes et ce sera pour ces étudiantes l'occasion de faire valoir leurs compétences indispensables à des équipes pluridisciplinaires.

Quelque 50 entreprises des secteurs de la construction, de la chimie, de l'horlogerie, de l'industrie mécanique, de l'informatique et des télécommunications présenteront leurs activités afin d'attirer les jeunes diplômant-e-s. Malgré une situation économique plus tendue que l'an dernier, il faut noter que les entreprises se mobilisent pour assurer la relève dans leurs équipes.

Les participantes et participants pourront s'entretenir en direct avec les responsables des entreprises présentes et assister à diverses conférences.

Pour en savoir plus: www.forumhes-so.ch

 

Le climat de crise économique qui touche les entreprises laisse entrevoir des tendances inquiétantes en ce qui concerne les pratiques commerciales jugées acceptables par les employés des entreprises.

Au total, plus de 2200 employés de grandes entreprises, dans 22 pays européens, ont participé à l'enquête du cabinet de conseil Ernst & Youg. Si les réponses varient selon les juridictions, certains thèmes sont récurrents. Fait alarmant, selon la moitié des personnes interrogées en Europe et 40% des participants suisses, un ou plusieurs types de comportement contraire à l'éthique sont considérés comme acceptables. A titre d'exemple, 25% des participants européens et 20% des participants suisses jugent acceptable le fait de donner un bakchich pour obtenir du travail. Payer pour obtenir du travail, et même falsifier délibérément les performances financières pour dissimuler des résultats décevants, sont des comportements que cautionnent un nombre alarmant de participants.

On relève même qu'une minorité non négligeable des participants européens (8%) considèrent le fait de déformer les performances financières de leur entreprise comme justifiable pour survivre aux perturbations économiques actuelles. Seuls 2% des participants suisses partagent ce point de vue.

 

Un sérieux problème qui s'aggrave

Le ralentissement économique révèle davantage les fraudes parce que l'effet masquant de la croissance économique a disparu. Plus encore, la pression subie par les cadres dirigeants pour maintenir le niveau du chiffre d'affaires et des bénéfices s'intensifie, et la tentation de recourir à la fraude s'accroît.

Les changements structurels fréquents ainsi que le manque de clarté au niveau des responsabilités sont propices à des comportements frauduleux dans les périodes prospères. Bien entendu, un tel phénomène s'accentue dans un contexte de récession, où des problèmes de ce genre sont plus fréquents.

En Suisse, 30% des personnes interrogées pensent que la fraude augmente lors de fusions ou acquisitions (45% en Europe). Selon 88% des participants helvétiques, les licenciements constituent une des causes premières de l'augmentation des risques de fraude à la suite d'une fusion.

Pas moins de 37% d'entre eux pensent que les pratiques et procédures normales risquent d'être négligées en cas de licenciements; 60% d'entre eux - c'est plus que la moyenne européenne - pensent que les normes de comportement différentes de deux entreprises qui fusionnent posent un défi majeur dans le cadre de la lutte contre la fraude.

 

Le pessimisme gagne l'ensemble de l'Europe

Plus de la moitié des personnes interrogées (53% des Suisses et 55% des Européens) pensent que la fraude dans les entreprises va s'accentuer dans les années à venir. On s'attend à cette augmentation de la fraude dans les entreprises en raison des changements mis en place en réponse au ralentissement économique, mais aussi en raison d'un affaiblissement de la lutte contre la fraude, des pressions destinées à protéger le futur de l'entreprise et à maintenir les bonus et les rémunérations à un niveau élevé. En Suisse, seules 5% des personnes interrogées pensent que la fraude dans les entreprises va diminuer.

 

La direction est considérée comme une partie du problème

De ce point de vue, les participants suisses ne se démarquent pas beaucoup de leurs homologues européens: selon eux, tous les échelons de direction des entreprises, loin d'être exemplaires, font partie du problème. C'est même à ce niveau-là qu'on trouve d'après eux le plus grand risque de fraude; 38% d'entre eux citent la direction générale et 36% les cadres moyens comme les niveaux d'organisation où le risque de fraude est le plus important.

Environ 71% des personnes interrogées en Suisse expriment des doutes quant à l'intégrité des dirigeants de leur entreprise. Ce chiffre est presque identique à la moyenne européenne (69%). En outre, 88% des sondés pensent que les membres de la direction sont enclins à transgresser les règles afin de répondre aux objectifs fixés en période de crise économique.

Seuls 22% des participants suisses (24% des Européens) pensent que les dirigeants de leur entreprise agissent avec beaucoup d'intégrité personnelle.

Compte tenu de cette défiance à l'égard de la direction qu'expriment les personnes interrogées, les employés attendent des autorités de surveillance davantage de mesures destinées à les protéger et à faire en sorte que leurs supérieurs soient obligés d'intensifier leurs efforts pour protéger les entreprises de la fraude.

L'enquête souligne le fait que les Suisses croient plus fermement que la moyenne européenne en la nécessité de renforcer la présence des gouvernements et des autorités ainsi que la surveillance destinée à combattre activement et à réduire les risques de fraude.

En outre, 66% des participants suisses estiment que les dirigeants devraient être tenus personnellement responsables des défaillances dues à la fraude survenant sous leur direction.

Est-ce le moment de réagir?

Ainsi que le souligne Michael Faske, responsable Fraud Investigation & Dispute Services chez Ernst & Young en Suisse en guise de conclusion de cette étude, le fait que la fraude est l'un des sujets prioritaires dans l'ordre du jour des entreprises a aussi de bons côtés: «La bonne nouvelle, c'est que la période difficile que nous vivons actuellement peut nous permettre d'initier des changements plus rapidement et plus efficacement qu'en des périodes plus prospères. Il est maintenant temps, pour les dirigeants, de prendre des mesures énergiques et rapides afin de renforcer l'importance d'un comportement éthique dans le cadre des pratiques commerciales».

 
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