La pression des investisseurs pousse les entreprises à se remettre en question.
Par Pierre-Henri Badel, adi-presse
«A quoi cela nous servira si nous ne nous préoccupons pas de chercher à faire fructifier notre épargne si nos enfants n'ont ensuite aucune perspective d'emploi?» C'est en ses termes que Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos a interpellé l'assistance lors de la présentation des comptes de la banque Raiffeisen à Genève le 22 mars dernier. Prenant la parole après Philippe Roch, consultant indépendant et ancien directeur du WWF Suisse et ancien directeur de l'Office fédéral de l'environnement qui a axé son exposé sur le besoin de se diriger vers une société écologiquement responsable, Dominique Biedermann, directeur de la Fondation Ethos a développé la notion des investissements socialement responsables, des enjeux et perspectives que cela présente.
«Nos constatons étonnement qu'à l'heure actuelle nombreuse sont encore les grandes entreprises qui ne disposent pas de stratégies en matière environnementale» regrette-t-il en l'occurrence. Et cela quand bien même ce facteur émerge comme étant un paramètre indissociable de leur développement sur le long terme. Et que celles qui en ont une oublient souvent de ne pas intégrer toute la chaîne de vie du produit, poursuit-il.
«Ce n'est pas dans l'usine où l'on fabrique les voitures que l'on pollue le plus... » précise le directeur de la Fondation Ethos, «... mais bien quand elles roulent.» Il regrette que les managers ne comprennent rien à ces questions. «C'est pour cela qu'ils sont très nerveux à la veille des assemblées générales.»
Le principe de la bonne gouvernance exige aussi qu'il y ait le maximum de transparence dans les rétributions et dans les comptes. «Le système de rémunération doit répondre à des règles précises» ajoute-t-il encore. «Et l'on constate surtout des lacunes en matières de communication et de reporting.» Il en va de même du code de conduite des entreprises. Selon une enquête réalisée par Ethos voici quelques années en Suisse, seules 40% s'étaient dotées d'un tel instrument, contre 70% aujourd'hui. Les choses avancent au fil des ans, admet volontiers Dominique Biedermann. Et de citer l'exemple de Swatch qui a mis en place un système de récupération des piles de ses montres dans le monde entier l'année qui a suivi une discussion à ce sujet avec des responsables de la marque horlogère.
La difficulté réside pourtant dans l'attitude des sous-traitants. «La majorité des codes de conduite n'évoque pas la question des fournisseurs et de leur mise en œuvre à ce niveau» regrette encore le directeur de la Fondation Ethos. Les codes de conduites sont-ils traduits en langue locale pour que tous les ouvriers puissent s'y référer. «Toutes ces contraintes ne sont pas forcement négatives sur le long terme pour les entreprises. Elles limitent les risques de disfonctionnement, augmentent même parfois les marges bénéficiaires et obligent les dirigeants d'entreprise à avoir une réflexion plus approfondie sur les produits» évoque Dominique Biedermann, qui se félicite que l'actionnariat actif prenne d'avantage d'importance, ce qui constitue une lueur d'espoir pour son combat à la tête d'Ethos.




Selon une étude sur les rémunérations 2009 des instances dirigeantes des 49 plus grandes sociétés cotées en Suisse, les rémunérations globales ont augmenté de 21%. 
