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L'établissement bancaire vient de mettre en service son nouveau système informatique.

La migration sur la nouvelle plate-forme bancaire Esprit s'est déroulée avec succès le 4 avril dernier avec l'appui de la société Business Solution Group. Cette application est gérée avec Comit SA, filiale de Swisscom IT Services qui apporte son soutien à la banque dans l'exploitation de la nouvelle plate-forme informatique.

 

La Banque Valiant et la Clientis Bernerland Bank sont les deux premières banques qui ont migré sur la nouvelle plateforme informatique Finnova.

Cette migration a été effectuée avec l'assistance des sociétés Entris et Primanet. Ce changement a été précédé d'une phase préparatoire qui a duré une année et demie.

Le projet d'ensemble englobe la migration du système informatique de 42 banques (du groupement RBA et d'autres banques), ainsi que les sociétés de la nébuleuse RBA, ce qui resprésente au total plus de 3500 utilisateurs. Les 40 banques restantes migreront vers Finnova en cinq groupes jusqu'en août 2012. Entris Banking conduit le projet d'ensemble sur mandat des banques avec le concours de Comit - une société affiliée à Swisscom IT Services - qui est aussi le nouveau partenaire chargé de l'exploitation et de gestion d'applications.

 

En Suisse, on vient d'assister à de profonds changements sur le marché des applications bancaires. Les banques cantonales se sont rapprochées de Finnova et vont abandonner Ibis.

Pierre-Henri Badel

Au cours de ces derniers mois, les principales banques helvétiques ont profondément réorganisé leur informatique. Le regroupement des banques cantonales RBA a décidé d'abandonner, à terme, le système Ibis de la société RTC Real-Time Center AG de Liebefeld (BE), souhaitant migrer sur l'applicatif de la société Finnova. Du coup, RTC a perdu près de la moitié de ses utilisateurs les plus solides sur le plan financier. Un changement qui a commencé en 2009 et qui va se poursuivre jusqu'en 2013. Selon le récent rapport d'Active Sourcing, 43% des 186 banques helvétiques se retrouvent aujourd'hui (ou vont se retrouver à terme) dans le giron de la société Finnova, qui a son siège à Lenzburg (AG). Un véritable bond en avant si l'on considère qu'elle n'en détenait jusqu'il y a peu encore que 17%.

En 2008, ce n'est, en effet, pas moins de 53 banques qui ont décidé de migrer vers la solution de l'éditeur de logiciel bancaire argovien. Si celle-ci occupe une place de leader en nombre d'établissements acquis à sa cause, le panorama s'avère quelque peu différent en ce qui concerne le nombre d'employés travaillant dans les banques utilisant le logiciel de l'un ou l'autre des éditeurs. Bien qu'ayant perdu 2% de part de marché si l'on se base sur le nombre d'établissements bancaires utilisant son applicatif, l'éditeur Avaloq reste malgré tout le maître du jeu dans les grandes banques. Un marché où la société détient une part de marché de 45%.

 

Une décision lourde de conséquences

Au cours de ces dernières années, les autres éditeurs de logiciel bancaire avaient régulièrement gagné des parts de marché par rapport à Ibis. Cependant, c'est la décision d'abandonner cet applicatif au profit de celui de Finnova qui a modifié le plus profondément le paysage de l'informatique bancaire helvétique.

La part de marché d'Ibis retombera ainsi, à terme, de 31 à 1% et cela propulsera Finnova sur la plus haute marche du podium avec 24% du marché. Sa part culminera même à 52% dans les banques occupant moins de 500 employés. Et son concurrent Avaloq perd 2% de marché, celui-ci se maintenant malgré tout en tête avec 45% du marché dans les banques occupant plus de 500 employés.

La société RTC n'entend pas pour autant baisser les bras et prévoit de poursuivre la rénovation de sa plate-forme logicielle Ibis de manière cohérente. La troisième génération de son applicatif bancaire a été lancée début avril à la Banque Cantonale du Jura, à la Banque Cantonale de Berne et à la Caisse d'Epargne du personnel de la Confédération. Portant le nom d'Ibismove, cette nouvelle version est basée sur un modèle à trois couches et sur une architecture orientée service (SOA).

 

Une laborieuse migration

L'un des principaux avantages en termes de déploiement est qu'elle s'adapte à tous les établissements bancaires, qu'elle que soit leur grandeur. La Banque Cantonale de Genève a mis en service sa nouvelle plate-forme informatique Finnova début octobre 2008, en étroite collaboration avec les spécialistes de l'éditeur ainsi que l'intégrateur et l'hébergeur (en l'occurrence IBM). Cette migration a nécessité vingt et un mois d'intenses travaux de préparation. Et la BCGE reconnaît volontiers que le passage sur le système informatique de Finnova ne lui a coûté pas moins de 69 millions de francs et a sensiblement influencé ses comptes annuels 2009. Le passage à ce nouvel applicatif a également impliqué 2300 jours de formation pour le personnel de la banque. A la Banque Cantonale du Valais, la migration sur Finnova s'était déroulée à fin 2007 déjà. La majorité des coûts de l'opération avait été provisionnée en 2005 et 2006. La réserve de 19,2 millions de francs a finalement été absorbée après cette opération.

Ce sont les sociétés Accenture et Comit qui avaient assuré la mise en oeuvre et l'intégration des applications qui composent le système d'information. Et c'est IBM (qui avait repris les actifs de la société lausannoise Unicible), qui gère l'hébergement des solutions informatiques de la banque. La migration a impliqué un investissement en main-d'œuvre de 14 000 jours-homme et près de 1000 jours de formation.

Les banques régionales de la communauté Avance de Suisse orientale ont aussi migré leur application sur le système de Finnova en juillet 2009. La banque Migros fera de même en novembre, et à la fin de l'année, deux autres banques privées franchiront le pas. Selon Charlie Matter, patron de Finnova, ce dernier créneau constitue une cible stratégique de l'entreprise pour les prochaines années. C'est la raison pour laquelle elle a appelé Walter Knabenhans, ancien patron du groupe bancaire Julius Bär, à faire partie de son conseil d'administration.

La solution de cet éditeur est novatrice dans ce sens qu'elle peut tourner dans un environnement informatique virtuel. Dans le cadre du projet Esprit, pas moins de 18 banques (dont onze banques régionales, la caisse de dépôts Coop, la caisse de dépôts VZ et la Banque alternative) ont, en effet, déployé une solution multimandat utilisant la même base de données, mais dont l'accès est naturellement verrouillé de manière à ce que chaque banque ne puisse accéder qu'à sa seule base de clientèle. Un exploit, d'autant plus que ces banques présentent des modèles commerciaux bien différents. Au total, Finnova compte à son palmarès 80 banques, dont 50 banques régionales et 12 banques cantonales dès que celles du consortium RBA auront achevé leur migration.

 

Les externalisations se multiplient

Près de trois quarts de l'ensemble des banques suisses ont externalisé au moins une partie de leur informatique. Au cours de ces deux dernières années, le partenaire le plus sollicité tant pour la gestion des applications que pour l'exploitation du centre de calcul a été la société Comit. La filiale de Swissom a pu faire pencher la décision en sa faveur dans quatre des douze projets d'infogérance.

Ce sont les banques régionales qui sont les plus enclines à opter pour une telle solution, indique l'enquête d'Active Sourcing, avec un taux de 92% (soit 66 de 72 établissements).

 

Principales banques en fonction de leur applicatif bancaire

Clients Avaloq

  • Banque Cantonale d'Argovie, Aarau
  • Baloise Bank SoBa, Soleure
  • Banque CIC (Schweiz), Bâle
  • Banque Coop, Bâle
  • Banque Linth AG, Uznacht
  • Banque Sal. Oppenheim jr. & Cie. (Schweiz) AG, Zurich
  • Banque Sarasin & Cie AG, Bâle
  • Banque Privée Espírito Santo, Pully
  • Banque Cantonale de Bâle campagne, Liestal
  • Barclays Bank (Suisse) S.A., Genève
  • BZ Bank Aktiengesellschaft, Wilen
  • Hyposwiss Privatbank AG, Zurich
  • La Roche & Co Banquiers, Bâle
  • LGT Bank (Schweiz) AG, Bâle
  • Banque Cantonale de Lucerne, Lucerne
  • Pictet & Cie, Genève
  • PostFinance La Poste, Berne
  • Rahn & Bodmer Banquiers, Zurich
  • Raiffeisen Suisse, St-Gall
  • RBS Coutts Bank Ltd, Zurich
  • Banque Cantonale de St-Gall, St-Gall
  • Banque Cantonale de Thurgovie, Weinfelden
  • Banque Valartis, Zurich
  • VP Bank (Suisse) SA, Zurich
  • Groupe Vontobel, Zurich
  • Banque Cantonale de Zurich, Zurich

 

Clients Finnova

  • AEK Bank 1826, Thoune
  • Banque Alpha Rheinthal
  • Banque Alternative
  • Banque Cantonale d'Appenzell
  • Banque aek, Schwarzenburg
  • Banque CA, St-Gall
  • Banque EEK, Berne
  • Banque EKI Genossenschaft, Interlaken
  • Banque Thalwil, Thalwil
  • Banque BBO Brienz Oberhasli AG
  • Caisse d'Epargne de District, Dielsdorf
  • Caisse de Dépôts Coop
  • Entris Banking AG, Gümligen
  • Caisse d'Epargne de Rüeggisberg, Rüeggisberg
  • Banque Cantonale de Fribourg
  • Banque Cantonale de Genève
  • Banque Cantonale de Glaris
  • Banque Cantonale des Grisons
  • Banque Migros
  • Banque Cantonale de Neuchâtel
  • Banque Cantonale de Nidwald
  • Banque Cantonale d'Obwald
  • Regiobank Solothurn, Soleure
  • Banque Cantonale de Schaffhouse
  • Banque Cantonale de Schwytz
  • Caisse d'Epargne et de Dépôts Bucheggberg, Lüterswil
  • Caisse d'Epargne et de Dépôts Frutigen, Frutigen
  • Swissregiobank, Gossau
  • Banque Cantonale d'Uri
  • Banque Cantonale du Valais, Sion
  • Banque Privée Bellerive, Zurich
  • VZ Depotbank, Zurich

 

Banques qui utilisent le logiciel Ibis 3G (lancé au printemps 2009)

  • Banque Cantonale du Jura
  • Banque Cantonale de Berne
  • Caisse d'épargne du personnel de la Confédération

 

Banques qui utilisent Ibis

  • Banque privée AAM (sous contrat jusqu'à fin 2010, sortie prévue le 1er octobre 2010)
  • Banque Cantonale du canton d'Argovie (sous contrat jusqu'à fin 2010, sortie prévue le 1er mai 2010)
  • Banque privée AKB, Zurich (sous contrat jusqu'à fin 2010, sortie prévue pour le 1er mai 2010
  • Banque Cantonale de Bâle campagne (sous contrat jusqu'à fin 2010, sortie prévue le 1er octobre 2010)
  • Banque Cantonale de Bâle (sous contrat jusqu'en 2009, sortie prévue le 1eroctobre 2009)
  • Entris Banking (Banques RBA) (les contrats avec les banques Entris viennent à échéance à fin 2012. Au sein des banques RBA, les trois banques Avance ont abandonné Ibis le 13 juillet 2009)
  • Banque Migros (sous contrat jusqu'en 2009, sortie prévue le 1er novembre 2009)

 

Centres de calcul qui utilisent Ibis

  • Entris Operations (pour les banques du groupement RBA et Banque Cantonale de Berne)
  • Sourcag (pour Banque Cantonale de Bâle et Banque Cantonale de Bâle campagne)
Article par dans le magazine Banque et Finance de novembre-décembre 2009
 

Un différent oppose la Banque cantonale de Genève à IBM au sujet du contrat d'outsourcing qui les lient.

Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch

La Banque cantonale de Genève (BCGE) avait investi pas moins de 70 millions de francs pour faire migrer son informatique de l'ancien applicatif Osiris (développé à l'origine par la Banque cantonale vaudoise) de l'ex-Unicible vers la solution bancaire de l'éditeur suisse-alémanique Finnova.

Cette migration avait été confiée à IBM qui hébergea le nouvel applicatif dans l'ancien centre informatique d'Unicible (aujourd'hui IBM Banking Competence Center) qui avait été racheté par Big Blue en 2007 pour un montant de 6,4 millions de francs. La banque genevoise considère que l'interprétation, par IBM, du contrat en queastion n'est juridiquement pas défendable et n'a donc pas prévu de provisions dans ses comptes annuels qu'elle a présentés au début du mois de mars.

Compte tenu de la situation conflictuelle qui minent leurs relations commerciales, la BCGE envisage de changer son fusil d'épaule et de trouver un autre fournisseur pour l'hébergement de sa solution informatique si IBM s'enferre dans ses exigences jugées inacceptables par la BCG.

 

Hans Zehetmaier et Walter Knabenhans viennent d'être nommés administrateurs de la société d'ingénierie logicielle de Lenzbourg.

 

La nomination de ses deux nouveaux membres au conseil d'administration initie une nouvelle orientation dans sa gouvernance d'entreprise et concrétise l'internationalisation de l'éditeur de logiciels bancaires. En effet, depuis janvier 2009, la majorité des actions est détenue par l'entreprise allemande MSG Systems AG et l'équipe de direction de Finnova SA, les banques en possédant 40%.

La confirmation de Jörg Steinemann dans ses fonctions de président du conseil d'administration est le signe que la continuité prévaut au sein de l'organe suprême de la société argovienne.

 
La Banque Migros a décidé d'adopter la plate-forme informatique de la société suisse Finnova SA. Les contrats avec l'ancien partenaire de RTC seront annulés. La migration vers la solution bancaire devrait être achevée au 3ème trimestre 2009.

La nouvelle plate-forme informatique devrait permettre de réaliser des économies substantielles qui, une fois le projet achevé, pourraient s'élever chaque année à plusieurs dizaines de millions de francs. L'investissement total se monte à quelque 100 millions de francs. La décision a été prise après une évaluation en profondeur des logiciels actuellement disponibles en Suisse et à l'étranger. Une analyse et des négociations sont encore en cours en ce qui concerne le choix d'un partenaire d'implémentation et d'exploitation.
Avec 742 000 clients et un total au bilan de 28,9 milliards de francs, la banque Migros compte parmi les dix principales banques suisses. Elle emploie 1160 collaborateurs à plein temps et dispose en Suisse d'un réseau de 45 succursales et agences ainsi que de 24 Finance Shops. Le bénéfice brut réalisé en 2006 s'est élevé à 288 millions de francs. La Banque Migros est une filiale à 100 % de la Fédération des Coopératives Migros. Elle célèbrera ses 50 ans d'existence en 2008.
 
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