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La prolifération de l'informatique personnelle et distribuée ne pouvait que provoquer, en raison de ses excès, un sérieux retour de balancier. En cause: la perte de contrôle toujours plus marquée des ressources informatiques en raison de leur émiettement.

Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch

La bonne vieille informatique des années 60 à 80 a surtout brillé par ses excès technologiques liés à sa centralisation. C'est ce qui contribua d'ailleurs au succès de l'informatique distribuée. On assiste aujourd'hui à un retour de balancier liée à la prise de conscience des incohérences dispendieuses de ce type d'architecture quand elle est poussée à l'extrême. Sauf que cette fois, cette redistribution des cartes permet aux utilisateurs et informaticiens de se libérer du carcan des systèmes propriétaires. On peut en effet faire tourner en parallèle des systèmes d'exploitation tels que Windows, Linux ou Solaris simultanément sur le même ordinateur.

 

Lutter contre la prolifération des ordinateurs

L'intérêt de la virtualisation des systèmes informatiques ne réside pourtant pas uniquement dans la possibilité de faire tourner sur un ordinateur des programmes conçus pour d'autres systèmes d'exploitation. Il permet surtout, essentiellement dans le cas des serveurs, de concentrer plusieurs environnements sur une même machine. On évite aussi la prolifération des ordinateurs, coûteuse en terme d'acquisition du matériel et du logiciel, de la maintenance, en dépense énergétique et en encombrement. Les économies d'échelles sont très sensibles. Sans compter que dans une architecture traditionnelle, on a beaucoup de difficultés à assurer un contrôle sans faille de tous ces ordinateurs qui se promènent parfois un peu trop librement dans la nature, ainsi que de leur accès par des personnes parfois peu scrupuleuses en terme de sécurité.

Les avantages de la virtualisation sont les plus patents dans le cadre des sociétés informatiques offrant des services d'hébergement informatique ou d'outsourcing. Elles peuvent ainsi faire cohabiter l'informatique de plusieurs de leurs clients sur un seul serveur plutôt que de multiplier inutilement les équipements. Une démarche qui s'inscrit dans une perspective écologique contemporaine.

 

Des ordinateurs plus puissants et boulimiques

En étant utilisés par de plus nombreux utilisateurs à la fois et en même temps, les serveurs et ordinateurs ainsi mutualisés ont pourtant besoin d'être dopés pour réagir dans des temps convenables. Nombreux sont donc les fabricants de composants à avoir développé des équipements d'appoint pour éviter les goulets d'étranglement. Cela ne concerne pas uniquement les capacités de mémoire vive qui accélèrent le traitement des données mais aussi les possibilités de communication (multiplicateurs de ports, carte réseaux, etc.).

Le grand chantre de la virtualisation a pour nom VMWare. Cette société détient, selon certains rapports, 80% du marché. Mais les autres éditeurs de logiciels système ne restent pas les bras croisés. Le dernier en date à s'être lancé sur ce créneau a pour nom Microsoft, avec un concept quelque peu différent. Au lieu de proposer un hyperviseur qui s'intercale entre le logiciel système (Bios) et le système d'exploitation, les spécialistes de Redmont ont imaginé un mécanisme intégré au système d'exploitation lui-même, appelé paravirtualiseur. Celui-ci minimise la traduction du code plutôt que de procéder à une traduction en mode binaire, comme le fait l'hyperviseur de VMWare. Selon Microsoft, sa voie permet de tirer pleinement parti de l'architecture VT d'Intel et V d'AMD, ce qui ne serait pas le cas avec la solution proposée par VMWare.

Le leader de la virtualisation rétorque que son approche a l'avantage d'offrir une très faible couche, et donc une plus faible vulnérabilité aux tentatives d'accès non autorisés aux systèmes informatiques. Et du même coup une plus grande sécurité des données.

 

Reprendre la supervision de son informatique

L'utilisation et la gestion d'une architecture virtualisée permet aussi d'ajouter et de retrancher à n'importe quel moment des serveurs pour adapter la configuration en fonction de la charge de travail. Cette opération s'effectue en temps réel sans interrompre le fonctionnement de l'ensemble du parc informatique. Et si un ordinateur tombe en panne, il est automatiquement détecté et les traitements en cours basculent automatiquement sur une autre machine sans interrompre le processus et sans que l'utilisateur final s'en rende compte.

Comme il est possible de relier facilement entre eux les ordinateurs virtualisés pour partager les ressources, les architectures informatisées basées sur ce principe permettent par la même occasion d'automatiser des sauvegardes au travers du réseau. C'est-à-dire que les données vont être déposées en sécurité dans un autre site physique, par exemple une succursale ou un centre de «back-up», d'où on pourra les récupérer en cas d'incident ou d'accident dans le bâtiment où se trouvent les ordinateurs principaux. Une telle solution exige naturellement de pouvoir s'assurer que les données y soient stockées dans des conditions de sécurité maximum, avec protection des accès aux ordinateurs, équipe de surveillance des locaux toujours à pied d'œuvre, conditions de température et d'humidité optimales, etc.

 

Une meilleure supervision de l'ensemble de son entreprise

La gestion de la charge des serveurs prend aussi toute son importance. Les fournisseurs de solutions de virtualisation proposent des utilitaires qui permettent non seulement d'assurer les processus de sauvegarde de manière automatique mais aussi d'optimiser la charge des ordinateurs en fonction des besoins des différents utilisateurs. On peut également répartir la puissance de traitement des informations sur plusieurs ordinateurs physiques pour optimiser le fonctionnement des requêtes des utilisateurs et affecter des priorités en fonction de la réponse à laquelle on doit obéir et en fonction des heures de la journée.

Les opérations de sauvegarde peuvent ainsi s'effectuer constamment et en temps réel. On peut aussi accorder la priorité à tels types de traitement à tel moment de la journée (par exemple quand les bourses ouvrent au Japon ou Outre-Atlantique). Quitte à mettre certains équipements moins sollicités temporairement en «sourdine» pour les affecter à d'autres besoins.

 

Les PME dans l'œil du cyclone

Si la virtualisation enregistre un pareil succès aujourd'hui et qu'une multitude de sociétés informatiques s'y lancent, c'est aussi que les soucis d'écologie et la vague verte est incontestablement en train d'envahir les centres de calcul de toutes les grandes entreprises. Les PME ne sont d'ailleurs pas du reste. Certaines n'hésitent aujourd'hui plus à déployer une telle solution, même si elles ne possèdent que quelques ordinateurs, pour avoir une meilleure maîtrise de la cohérence et la sécurité de leur informatique, surtout si elle est incontournable pour la survie de leurs activités.

Les solutions proposées par VMWare, d'abord destinées aux grandes entreprises, prennent désormais aussi le chemin des sociétés de taille plus modestes et Microsoft va assurément s'engouffrer dans cette brèche au cours de ces prochaines années, de peur de perdre le contrôle de son métier de base, les systèmes d'exploitation, et de sa récente réorientation, les systèmes pour entreprises.

 


 

De dangereuses lacunes

La mise en place d'architectures informatiques virtualisées ne présente pas que des avantages si l'on n'y prête pas garde. Selon une enquête réalisée par le cabinet de recherche et de conseil Yougov sur mandat de la société Clavister, il convient de veiller tout particulièrement aux aspects suivants:

- Redéfinition des règles de sécurité en tenant compte des aspects de la virtualisation

- Utilisation de passerelles sécurisées au sein de l'infrastructure virtuelle

- Protection du centre d'administration virtuel qui ne doit être accessible qu'au travers d'un réseau autonome

- Réduction drastique du nombre d'administrateurs ayant accès aux outils d'administration de la solution de virtualisation

- Evaluation et contrôle régulier du niveau de sécurité. La duplication de l'environnement de production dans un environnement de test est facile à réaliser et devrait aussi être utilisée en conséquence

 
L’Usam s’oppose au projet de révision du droit de la société anonyme tel qu'il est proposé par le Conseil fédéral à son désir de soumettre la formation à la taxe sur la valeur ajoutée.



«Ça suffit!», tel a conclu Edi Engelberger, conseiller national et président de l’Union suisse des arts et métiers (Usam) lors de la rencontre avec la presse organisée le 2 octobre 2008 à Berne. «Après l’introduction du nouveau certificat de salaire – qui a clairement entraîné une hausse des impôts, une augmentation des cotisations aux assurances sociales et une énorme paperasserie – il a brusquement fallu assumer d’importantes charges supplémentaires imposées par la nouvelle loi sur la surveillance de la révision. Et maintenant, la révision du droit de la société anonyme menace de fortement détériorer la situation des petites et moyennes entreprises!»

«Le principal problème réside dans le fait que la question des salaires excessifs des managers et les conséquences spectaculaires de la crise financière concernent avant tout des entreprises cotées en bourse et non les PME», a expliqué E. Engelberger. Et pourtant, ce sont elles qui vont inutilement souffrir de l’excès de zèle régulateur contenu dans le projet de révision du droit de la société anonyme. « Nous devons donc tout faire pour l’empêcher », a insisté le président de l’usam, formulant en l’occurrence les quatre exigences suivantes :

• la révision du droit de la société anonyme doit être simplifiée, afin de mieux tenir compte des intérêts des PME
• les dispositions concernant la tenue de la comptabilité et la présentation des comptes s’appliquant aux PME doivent être retirées du projet et entièrement remaniées en collaboration avec les milieux économiques. L’exonération des réserves de cotisations d’employeur ne doit pas être supprimée.
• la révision doit être débarrassée de toutes les prescriptions et dispositions inutiles. Il faut en outre – comme l’usam l’a déjà demandé voilà des années – établir une différenciation entre entreprises cotées en bourse et entreprises non cotées en bourse. Les PME ne doivent pas se voir imposer de charges supplémentaires.


Exempter la formation de la TVA
Le directeur de l’usam, Hans-Ulrich Bigler, a pour sa part exposé la position de l’Union face à la révision de la loi fédérale régissant la taxe sur la valeur ajoutée (LTVA). «Une simplification profonde et véritable de la TVA ne peut se contenter de mesures ponctuelles, mais nécessite une révision totale de la LTVA», a-t-il précisé. L’usam souhaite que les parties A et B du projet du Conseil fédéral soient traitées séparément. Elle approuve pleinement la partie A, qui amène des simplifications, réduit le formalisme et diminue la charge administrative des PME de 10% selon une enquête du SECO. «Nous recommandons au Parlement de la traiter séparément de la partie B, et ce dans les plus brefs délais afin qu’elle puisse entrer en vigueur en 2010.»

La partie B du projet – qui prévoit l’introduction d’un taux unique de 6,1% et la suppression de la plupart des exceptions actuelles – est également acceptée par l’usam, du fait notamment que, selon une étude du SECO, elle permet de faire diminuer encore de 22% les charges administratives des PME. Le oui de l’organisation faîtière au taux unique s’accompagne toutefois d’une condition: «nous nous opposons fermement à la volonté du Conseil fédéral de soumettre à la TVA la formation et la formation professionnelle continue», a encore souligné le directeur de l’Usam. Assujettir la formation à la TVA augmenterait non seulement la charge administrative et fiscale des acteurs concernés, mais contreviendrait aussi au principe constitutionnel de l’équivalence des filières de formation générale et des voies de formation professionnelle.

Enfin, le président de l’Association suisse des patrons boulangers-pâtissiers (ASPBP), Kaspar Sutter, a profité de cette rencontre avec la presse pour présenter le Guide simplifié pour remplir le décompte TVA à l’intention des boulangeries, pâtisseries, confiseries. Facile à comprendre, ce document de moins de sept pages remplace six brochures hautement compliquées et quasi illisibles, comprenant au total quelque 630 pages. «Grâce à ce nouveau moyen d’information, les boulangers seront désormais en mesure de venir seuls à bout de la TVA et donc sans recourir aux coûteux services de fiduciaires», s’est-il réjouit. Des aides semblables sont en préparation pour d’autres branches et seront prochainement publiées.

 

Le groupe français Factum Finance a renforcé son installation en Suisse en reprenant la majorité des parts de la société Copex.

 

Premier groupe français pour la location d'actifs technologiques "medium ticket" (projets compris entre 50.000 francs et 5 millions), avec 350 milions de francs de parc locatif, Factum lance en Suisse sa formule de location évolutive. Sa formule de location évolutive permet aux PME et aux grands comptes de renouveler leur parc informatique au rythme de leurs besoins. Elle intègre à son offre le matériel informatique, mais également les logiciels, la maintenance, l'installation et tous les services associés à la gestion d'un parc informatique.
Les formules de location évolutive proposées englobent notamment le rachat du parc existant à sa valeur nette comptable et refinancement en location évolutive (18 à 36 mois). Indépendant des fournisseurs et des banques, le groupe français offre ainsi à ses clients les meilleurs atouts pour l'acquisition de leurs actifs technologiques. La nouvelle société est dès à présent à Neuchâtel, Lausanne, Genève  et Thalwil.

 

Economiste, associé de l'agence Crousaz & Partenaires, Stratégie et Communication SA et chargé de cours à la HEG de Fribourg, Maurice Levrat exprime un avis très critique sur le fonctionnement actuel des PME et sur leur évolution.

 

Les PME de notre pays ont une tendance marquée à privilégier très fortement les comportements pragmatiques de court terme et à ignorer les démarches plus conceptuelles», relève en préambule Maurice Levrat. Paniqués par des récessions qui se succèdent, rares sont les patrons d'entreprises qui prennent le temps de réfléchir au long terme. A leur décharge, il faut cependant relever que souvent, la pression des conseils d'administration ne leur facilite pas la tâche. On observe que cette attitude consistant à se méfier de ce qui est intellectuel touche par ailleurs aussi certaines institutions de formation supérieure.

«Ce n'est certainement pas la meilleure façon de former les élites pour les tâches auxquelles elles auront à faire face demain» commente Maurice Levrat. Uisolement de la Suisse n'est pas qu'économique; il aura probablement tendance à devenir intellectuel. Cela n'est pas sans conséquence sur le dynamisme de nos entreprises sur les marchés mondiaux. Car notre prospérité est liée à notre capacité de concevoir et d'imaginer. C'est d'elle que vient notre croissance. «Dans notre pays, l'absence de croissance économique, que l'on constate depuis maintenant plus de dix ans, n'est certainement pas étrangère à cette lacune fondamentale», constate Maurice Levrat.

 

Méthodique mais pas assez penseur

«La principale faiblesse de nos entreprises se situe indiscutablement au niveau de leur réflexion stratégique, et plus particulièrement dans leur stratégie marketing» précise-t-il. Certes, la réflexion stratégique seule ne suffit pas. Elle n'en demeure pas moins le fondement de toute action entrepreneuriale. «La vision est une notion qui n'a rien de mystique. Elle réfère directement aux résultats à obtenir à terme, aux objectifs à atteindre. En cela, le chef d'entreprise retrouve sa nature de pragmatique réaliste» affirme Maurice Levrat.

L'entreprise est en effet le lieu où s'opère un subtil dosage de gestion et de vision. «C'est la force combinatoire des deux ingrédients qui rend l'entreprise efficace», insiste Maurice Levrat. En l'absence de vision, il n'y a évidemment pas place pour le leadership. Hypertrophie de gestion et carence de leadership sont, en fait, les deux faces d'une même médaille: pour pallier au manque de leadership, nombre d'organisations concentrent leurs énergies à peaufiner le management. Traînant leur manque de vision, nombreuses sont les entreprises qui finissent par fabriquer de la bureaucratie et de la hiérarchie intermédiaire, neutralisant les gains de productivité dégagées dans les fonctions de production.

 

Un bilan désastreux

Le bilan des fusions depuis les années 80 est consternant. De nombreuses études américaines et européennes corroborent le fait et démontrent que, dans leur grande majorité, les fusions ont débouché sur des pertes considérables de valeur pour les actionnaires et les collectivités, de même que sur des pertes de savoir-faire pour les entreprises elles-mêmes et leurs personnels. Par ailleurs, les fusions confrontent inévitablement des cultures d'entreprise souvent fort différentes qui génèrent des tensions importantes, tant aux niveaux opérationnels que du management. «L'amélioration de la rentabilité devient quasi obsessionnelle car il faut prouver rapidement que les économies d'échelle promises par la fusion sont bien réelles et que l'on peut faire mieux et plus avec moins», remarque Maurice Levrat. Standards, ratios et performances deviennent les maîtres mots, mais les valeurs essentielles de l'entreprise, à savoir, son personnel, ses clients, ses marchés, le patrimoine et les savoir-faire se déprécient progressivement. Ce processus est notoire et d'ailleurs fréquemment dénoncé. Mais les mêmes erreurs semblent devoir se répéter inéluctablement, comme si l'on n'apprenait rien de nos expériences.

«L'observation prouve que ce sont des considérations purement mercantilistes d'enrichissement personnel et non la stratégie qui président à la plupart des fusions. Cette dernière n'est, en l'occurrence, qu'un douteux prétexte!» remarque Maurice Levrat. «Les primes payées pour faciliter les transactions ont trop souvent atteint des niveaux surréalistes. Malheureusement, les dividendes de ce genre de rackets sont de court terme et quasiment nuls sur les plans de la création de valeur et du pouvoir d'achat.

Le paradoxe est que d'un côté on s'évertue - la plupart du temps avec l'aide des pouvoirs publics - à favoriser les processus de création d'entreprises et que d'un autre, on sape la substance d'entreprises existantes par des alliances contre nature et sans justification économique. La capacité à innover, dans de nombreuses entreprises, est indiscutablement la première clé de la prospérité de notre pays. La croissance interne par l'innovation est souvent une réponse plus adéquate que la fusion.

 

Jamais à l'abri d'une fusion

«Intellectuellement parlant, si l'on veut rester honnête, les choses ne sont pas tout à fait aussi simples que ça», soutient Maurice Levrat. Lorsque nous évoquons ces réalités, nous n'échappons pas à une certaine schématisation. Surtout si elle est de petite ou de moyenne taille, une entreprise qui innove sera toujours à la merci d'un prédateur, concurrent ou non, qui mettra le prix fort pour l'absorber. Par ailleurs, il faut bien admettre que la mortalité des entreprises est un phénomène presque aussi naturel que pour les êtres humains. Et pour compenser celles qui disparaissent, nous devons absolument en faire naître de nouvelles. Mais ça, c'est une autre histoire...

«Poser un diagnostic critique sur ce que l'on appelle pompeusement aujourd'hui la gouvernance d'entreprise ne sert pas à grand-chose si l'on se borne au constat», ajoute Maurice Levrat. Aussi s'efforce-t-il d'apporter - dans la mesure de ses moyens - une contribution personnelle et concrète en faisant passer quelques idées nouvelles susceptibles de régénérer les mentalités managériales.

Pierre-Henri Badel, © www.adi-presse.ch

 

 

Economiste, associé de l'agence Crousaz & Partenaires, Stratégie et Communication SA et chargé de cours à la HEG de Fribourg, Maurice Levrat exprime un avis très critique sur le fonctionnement actuel des PME et sur leur évolution.

 

Les PME de notre pays ont une tendance marquée à privilégier très fortement les comportements pragmatiques de court terme et à ignorer les démarches plus conceptuelles», relève en préambule Maurice Levrat. Paniqués par des récessions qui se succèdent, rares sont les patrons d'entreprises qui prennent le temps de réfléchir au long terme. A leur décharge, il faut cependant relever que souvent, la pression des conseils d'administration ne leur facilite pas la tâche. On observe que cette attitude consistant à se méfier de ce qui est intellectuel touche par ailleurs aussi certaines institutions de formation supérieure.
«Ce n'est certainement pas la meilleure façon de former les élites pour les tâches auxquelles elles auront à faire face demain» commente Maurice Levrat. Uisolement de la Suisse n'est pas qu'économique; il aura probablement tendance à devenir intellectuel. Cela n'est pas sans conséquence sur le dynamisme de nos entreprises sur les marchés mondiaux. Car notre prospérité est liée à notre capacité de concevoir et d'imaginer. C'est d'elle que vient notre croissance. «Dans notre pays, l'absence de croissance économique, que l'on constate depuis maintenant plus de dix ans, n'est certainement pas étrangère à cette lacune fondamentale», constate Maurice Levrat.

 

Méthodique mais pas assez penseur
«La principale faiblesse de nos entreprises se situe indiscutablement au niveau de leur réflexion stratégique, et plus particulièrement dans leur stratégie marketing» précise-t-il. Certes, la réflexion stratégique seule ne suffit pas. Elle n'en demeure pas moins le fondement de toute action entrepreneuriale. «La vision est une notion qui n'a rien de mystique. Elle réfère directement aux résultats à obtenir à terme, aux objectifs à atteindre. En cela, le chef d'entreprise retrouve sa nature de pragmatique réaliste» affirme Maurice Levrat.
L'entreprise est en effet le lieu où s'opère un subtil dosage de gestion et de vision. «C'est la force combinatoire des deux ingrédients qui rend l'entreprise efficace», insiste Maurice Levrat. En l'absence de vision, il n'y a évidemment pas place pour le leadership. Hypertrophie de gestion et carence de leadership sont, en fait, les deux faces d'une même médaille: pour pallier au manque de leadership, nombre d'organisations concentrent leurs énergies à peaufiner le management. Traînant leur manque de vision, nombreuses sont les entreprises qui finissent par fabriquer de la bureaucratie et de la hiérarchie intermédiaire, neutralisant les gains de productivité dégagées dans les fonctions de production.

 

Un bilan désastreux
Le bilan des fusions qui se sont déroulpées depuis les années 80 est consternant. De nombreuses études américaines et européennes corroborent le fait et démontrent que, dans leur grande majorité, les fusions ont débouché sur des pertes considérables de valeur pour les actionnaires et les collectivités, de même que sur des pertes de savoir-faire pour les entreprises elles-mêmes et leurs personnels. Par ailleurs, les fusions confrontent inévitablement des cultures d'entreprise souvent fort différentes qui génèrent des tensions importantes, tant aux niveaux opérationnels que du management. «L'amélioration de la rentabilité devient quasi obsessionnelle car il faut prouver rapidement que les économies d'échelle promises par la fusion sont bien réelles et que l'on peut faire mieux et plus avec moins», remarque Maurice Levrat. Standards, ratios et performances deviennent les maîtres mots, mais les valeurs essentielles de l'entreprise, à savoir, son personnel, ses clients, ses marchés, le patrimoine et les savoir-faire se déprécient progressivement. Ce processus est notoire et d'ailleurs fréquemment dénoncé. Mais les mêmes erreurs semblent devoir se répéter inéluctablement, comme si l'on n'apprenait rien de nos expériences.
«L'observation prouve que ce sont des considérations purement mercantilistes d'enrichissement personnel et non la stratégie qui président à la plupart des fusions. Cette dernière n'est, en l'occurrence, qu'un douteux prétexte!» remarque Maurice Levrat. «Les primes payées pour faciliter les transactions ont trop souvent atteint des niveaux surréalistes. Malheureusement, les dividendes de ce genre de rackets sont de court terme et quasiment nuls sur les plans de la création de valeur et du pouvoir d'achat.
Le paradoxe est que d'un côté on s'évertue - la plupart du temps avec l'aide des pouvoirs publics - à favoriser les processus de création d'entreprises et que d'un autre, on sape la substance d'entreprises existantes par des alliances contre nature et sans justification économique. La capacité à innover, dans de nombreuses entreprises, est indiscutablement la première clé de la prospérité de notre pays. La croissance interne par l'innovation est souvent une réponse plus adéquate que la fusion.

 

Jamais à l'abri d'une fusion
«Intellectuellement parlant, si l'on veut rester honnête, les choses ne sont pas tout à fait aussi simples que ça», soutient Maurice Levrat. Lorsque nous évoquons ces réalités, nous n'échappons pas à une certaine schématisation. Surtout si elle est de petite ou de moyenne taille, une entreprise qui innove sera toujours à la merci d'un prédateur, concurrent ou non, qui mettra le prix fort pour l'absorber. Par ailleurs, il faut bien admettre que la mortalité des entreprises est un phénomène presque aussi naturel que pour les êtres humains. Et pour compenser celles qui disparaissent, nous devons absolument en faire naître de nouvelles. Mais ça, c'est une autre histoire...
«Poser un diagnostic critique sur ce que l'on appelle pompeusement aujourd'hui la gouvernance d'entreprise ne sert pas à grand-chose si l'on se borne au constat», ajoute Maurice Levrat. Aussi s'efforce-t-il d'apporter - dans la mesure de ses moyens - une contribution personnelle et concrète en faisant passer quelques idées nouvelles susceptibles de régénérer les mentalités managériales.

© Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch

 

 

Le climat des affaires des PME suisses s'est stabilisé à un bon niveau au deuxième trimestre 2008.


Le dernier sondage de l'UBS confirme pourtant que la dynamique de croissance de l'économie helvétique s'essouffle peu à peu. Comme ce fut déjà le cas lors du précédent trimestre, parmi les PME suisses, les sociétés de services se sont mieux développées que les entreprises industrielles.
Les signes d'un ralentissement de la croissance économique en Suisse ces prochains trimestres se multiplient. Si au final, 34% des petites et moyennes entreprises (PME) sondées par la grande banque suisse ont encore enregistré une amélioration du climat des affaires au deuxième trimestre, il s'agit d'un résultat nettement inférieur à la moyenne des quatre derniers trimestres, soit 48,5%. Les attentes au troisième trimestre semblent indiquer que la proportion des PME pouvant tirer parti d'un meilleur climat des affaires va encore diminuer.
Les entrées de commandes, le chiffre d'affaires global, les revenus et la réserve de travail pointent tous dans la même direction. Cela n'empêche pas les PME de continuer à recruter à tour de bras: par solde, 21% d'entre elles ont engagé de nouveaux collaborateurs, un niveau qui correspond à peu près à la moyenne des quatre trimestres écoulés. C'est ce qui ressort du récent sondage trimestriel mené par UBS en collaboration avec l'Union suisse des arts et métiers auprès d'environ 700 entreprises dans le cadre du baromètre UBS des PME.

 

Optimisme du secteur des services et des grandes entreprises
Le sondage trimestriel réalisé durant la période précédente exprimait déjà pour les PME du tertiaire une satisfaction supérieure à la moyenne quant à la marche de leur entreprise. Elles sont aussi plus optimistes pour le trimestre prochain. Bien que les anticipations se soient révélées trop optimistes au deuxième trimestre, les résultats du dernier sondage mettent en évidence que le secteur industriel évolue actuellement dans un environnement plus difficile.
Globalement, 24% des PME sondées ont enregistré un meilleur climat d'affaires au deuxième trimestre, 17% de nouvelles entrées de commandes et 30% un chiffre d'affaires global en hausse, tandis que 22% ont engagé du personnel. Pour ce qui est des revenus, les hausses et les diminutions s'équilibraient.
Dans le groupe des PME qui sont actives dans les services, le climat des affaires a été considéré comme meileur pour 40% d'entre-elles, les entrées de commandes ont progressé pour 34% de celles-ci, le chiffre d'affaires global a été en hausse dans 46% des cas, le personnel pour 20% et, enfin, les revenus de 23%.
Les prévisions pour le troisième trimestre tablent sur une poursuite de cette tendance. Le dernier sondage confirme en outre qu'à l'inverse des grandes entreprises, les PME suisses sont ballotées par des vents contraires: l'évolution du chiffre d'affaires et du climat des affaires de même que les attentes correspondantes se situent à un niveau nettement inférieur à celui des grandes entreprises suisses interrogées à titre comparatif pour l'enquête.

 

Engagement accru en faveur de la formation
79% des PME suisses forment des apprentis. Elles emploient en moyenne six personnes en formation. Les intentions manifestées dans le cadre du dernier sondage brossent un tableau réjouissant pour l'avenir, puisque 80% des PME maintiendront leurs efforts de formation de personnel qualifié l'an prochain, 15% planifiant même d'accroître le nombre de places d'apprentissage qu'elles proposent. Les PME devraient donc augmenter encore leur contribution au titre de la formation l'année prochaine.

 

 

Abrévation de small and middle enterprise: petite et moyenne entreprise (PME).

 

 
Abréviation de Klein- und mittelständige Unternehmen: Petite ou moyenne entreprise (PME).
 
Conscientes que la protection de l'environnement constitue un enjeux déterminant de notre siècle, onze entreprises suisses ont signé l'acte constitutif de la Fondation Suisse pour le climat.


Cette fondation compte parmi ses membres fondateurs les compagnies d'assurances Allianz Suisse, Partner Re, Swiss Life, Swiss Re, Vaudoise et XL Insurance, ainsi que les banques Sarasin, Vontobel, Pictet & Cie et Raiffeisen. Elle soutient des mesures et projets de PME visant à améliorer l'efficience énergétique et la protection du climat. Les ressources financières utilisées à cet effet proviennent de la redistribution aux entreprises de la taxe d'incitation sur le CO2 applicable aux combustibles fossiles entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Plus concrètement, il s'agit d'apporter son appui aux mesures de réduction du CO2 et d'amélioration de l'efficience énergitique des PME très gourmandes en énergie, d'assister les jeunes entreprises novatrices développant des produits visant à protéger l'environnement climatique et de soutenir les recherches et le développement de technologies et produits dans le secteur de la protection du climat. D'autres partenaires peuvent encore adhérer à cette Fondation.

 

Des soutiens qui dépendent de l'accueil de cette initiative
Les projets susceptibles de faire l'objet d'un soutien de la part de la Fondation suisse pour le climat sont sélectionnées sur la base d'une procédure standardisée. Les projets innovants seront jugés de manière individuelle. Les montants attribués dépendront du nombre de partenaires qui adhéreront à cette initiative lorsque la restitution de la taxe sur le CO2 commencera à être redistribué à partir de 2010. Cette taxe a été adoptée par la Conseil fédéral en 2005.

 

Un engagement qui s'inscrit dans une logique de durabilité
Parmi les fondateurs de cette Fondation, on compte la compagnie d'assurances Vaudoise qui entend ainsi réduire les dépenses énergétiques des bâtiments de son siège de 24% environ en 2009. Elle investira pour cela quelque 600'000 francs dans l'amélioration de leurs installations techniques. Elle mettra en outre sur pied une série de mesures incitatives à destination de ses collaborateurs. Dans son fonctionnement interne actuel, la Vaudoise encourage d'ores et déjà l'usage des transports publics lors des trajets professionnels de ses collaborateurs et choisit, dans la mesure du possible, des emplacements proches des gares pour établir ses agences.
Les bureaux sans fumée et l'absence de climatisation au profit d'une ventilation dans les locaux de son siège sont autant de mesures permettant des économies d'énergie. La Vaudoise fait également preuve d'innovation dans la conception de produits. Ses "Tarifs verts"  sont le reflet d'une politique tarifaire favorable aux véhicules n'émettant pas ou peu de CO2. Ainsi, les voitures appartenant à la catégorie A de rendement énergétique, les véhicules hybrides ou électriques bénéficient, selon le modèle, de rabais allant de 10 à 32% sur les primes responsabilité civile et 10 à 25% sur les primes casco.
La Vaudoise investit en outre dans la construction de bâtiments dotés du label "Minergie". C'est en particulier le cas à Sevelen (SG) où elle construit actuellement 39 appartements de ce type. D'autres projets sont à l'étude tant en Suisse romande qu'en Suisse alémanique.

 

Une majorité de PME considère désormais la mondialisation comme une chance, contrairement à l'année dernière.

 

La dernière étude de Credit Suisse effectuée dans toute la Suisse auprès de 1600 chefs de petites et moyennes entreprises dmontre que les sociétés qui décèlent une opportunité dans la globalisation (47%) sont ainsi plus nombreuses que celles qui y voient des risques (31%).
Il s'agit d'un revirement spectaculaire, puisque l'an passé, la même enquête avait abouti à un résultat quasi inverse. "Cette évolution résulte de la bonne conjoncture, et surtout de l'assèchement du marché du travail", a expliqué Frédéric Junod, économiste au Credit suisse, lors d'une conférence de presse à Genève.

Plus d'opportunités que de risques
Hormis la mondialisation, les experts de Credit Suisse ont par ailleurs interrogé les PME sur cinq autres grandes tendances: la démographie, le changement de valeurs, la pénurie de ressources, le progrès technologique et la société de la connaissance. L'enquête montre que ces évolutions offrent plus d'opportunités que de risques aux PME: 52% d'entre elles (48% l'année précédente) sont d'avis que les six grandes tendances se répercutent, dans l'ensemble, de manière positive sur leur activité.

Les nouvelles technologies sont les plus prometteuses
Le progrès technologique a été évalué comme la grande tendance offrant le plus d'opportunités. Près de 80% des PME sondées le considèrent avec optimisme. En revanche, les résultats de l'enquête mettent en évidence le pessimisme face à la pénurie des ressources, qui constitue un risque aux yeux des PME.
Enfin, près de quatre PME sur cinq estiment bon, voire très bon, le niveau de formation de leurs collaborateurs. Mais la main d'œuvre se fait rare: 84% des entreprises disent éprouver des difficultés à trouver du personnel qualifié (50% parlent même de très grandes difficultés).

 
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