Il faut optimiser le conseil en investissement
Un potentiel significatif d'amélioration de l'intégrité et l'efficience des marchés financiers locaux persiste en Suisse.
Cette étude internationale du CFA Institut révèle que des progrès sont nécessaires dans le conseil en investissement surtout. Environ 26% des 6000 analystes interrogés confirment que les possibilités d'amélioration des normes déontologiques, et par ricochet de l'image de l'industrie financière, se situent au niveau local. En Suisse, cette opinion paraît encore plus marquée: parmi les 200 professionnels interrogés, 34% pensent qu'il est temps d'agir.
En ce qui concerne les marchés locaux, les analystes suisses voient les potentiels d'amélioration des règles déontologiques dans des domaines comme la gestion des investissements (19%), le reporting financier (14%) et les produits dérivés (13%). La fraude en matière de placement, en revanche, ne fait pas partie de leurs préoccupations premières (12%).
La fraude et les dérivés, les plus gros défis au plan international
Plus étonnant, sur le plan global, seuls 26% des Suisses évoquent le conseil en investissement comme un point névralgique au sein d'un processus d'investissement équitable et efficient. Par rapport à leurs collègues étrangers, les Suisses semblent moins critiques à ce sujet.
Ceci est surtout valable en matière de gestion de l'investissement, que seuls 9% des Helvètes indiquent comme un problème sur le plan global. D'autre part, les quelque 200 répondants de ce pays croient qu'en ce qui concerne le reporting (21%) et la fraude (16%), la nécessité d'agir est plus grande sur le plan international que sur le plan national.
Environ 20% des 6000 membres du CFA interrogés au niveau international désignent la fraude en matière de placement comme l'un des plus grands défis globaux. Sur la scène internationale, les risques les plus élevés semblent toutefois se profiler dans les produits dérivés. Dans ce domaine, ce sont surtout les Russes (44%) et les Chinois (37%) qui expriment leurs préoccupations. «Ce résultat montre qu'il subsiste un décalage entre les instruments dérivés à l'origine de la crise et les progrès accomplis depuis par la réglementation», commente Anne‐Katrin Scherer, CFA et directrice de la Swiss CFA Society. «Ceci est d'autant plus regrettable que, dans la réforme des marchés financiers, une priorité élevée a été accordée au contrôle des produits dérivés OTC.»
La Swiss CFA Society soutient l'offensive de la Finma
Dans l'ensemble, seul un tiers des analystes croient à plus grande intégrité des marchés financiers en 2011 par rapport à 2010. Les Suisses sont nettement plus sceptiques que la moyenne internationale: seuls 17% prêtent foi à une évolution positive de l'intégrité des marchés financiers relativement à l'année dernière. En outre, l'application plus stricte des règles existantes améliorerait déjà l'intégrité des marchés, comme l'indiquent 31% de tous les analystes interrogés dans le monde; 23% d'entre eux pensent qu'il faut y adjoindre une réglementation plus sévère et une surveillance plus stricte des risques systémiques. Parmi les Suisses, 18% plaident pour l'application des règles existantes, contre 24% qui revendiquent une meilleure règlementation et une plus grande surveillance des risques systémiques.
«Une règlementation insuffisante peut nuire à la branche à long terme. Cependant, une densité réglementaire trop élevée pourrait altérer la compétitivité de la place financière suisse», avertit Anne‐Katrin Scherer. Cependant, elle soutient l'offensive actuelle de l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (Finma) visant à réglementer la production et la distribution de produits financiers à des clients privés.
A son avis, cette initiative ne menace pas la masse critique en matière de réglementation. «Les propositions de la Finma dans le cadre de la gestion de fortune et du conseil en investissement ne me semblent pas dramatiques», souligne‐t‐elle. «Au contraire, elles visent à renforcer la signification du mot ‹conseil en placement›, en ceci que les intérêts des investisseurs et ceux des conseillers sont mis à l'unisson.»





