Céder des actifs est tentant, mais pas toujours aisé
Une étude que vient de publier le cabinet de conseil et d'audit Ernst & Young révèle qu'en cette période de crise financière, une majorité de décideurs envisagent des cessions d'actifs. Encore faut-il savoir comment trouver des acquéreurs suffisamment fortunés.
L'étude Divesting in turbulent times a recueilli l'avis de 360 décideurs de grandes groupes internationaux sur leurs intentions en matière de cessions d'actifs, les profils des acquéreurs potentiels et les nouvelles difficultés rencontrées sur le marché des transactions dans un contexte de crise.
En temps de crise, de nombreux décideurs internationaux (53% du panel) envisagent effectivement de se désengager spontanément d'un ou plusieurs de leurs actifs non stratégiques. Mais la question qui ese pose dans ce cas est de savoir à qui vendre ces actifs quand les liquidités se font rares?
Les pays émergeants en embuscade
Plus d'une personne interrogée sur cinq (23%) considère que les pays émergents seront les principaux acquéreurs de leurs actifs dans les deux ans à venir, contre seulement 11% qui pensait que ce serait le cas voici deux ans.
Selon les décideurs interrogés, de nombreuses entreprises implantées dans ces régions auraient encore beaucoup de liquidités et seraient à l'affût de coups qui pourraient d'avérer rentables. Dans un contexte favorable aux acquéreurs, des actifs qui n'auraient jamais été vendus auparavant se trouvent en effet aujourd'hui sur le marché.
La montée de ces nouveaux acquéreurs, fait aussi émerger de nouveaux enjeux. Se pose ainsi la question de la capacité de ces acteurs que l'on n'avait pas l'habitude de voir sur les marchés, de mener à bien des deals internationaux dont la complexité ne cesse de croître.
Savoir prendre son mal en patience
L'étude montre également que seulement un tiers (36%) des répondants estiment que les cessions récentes de leur entreprise ont répondu à leurs attentes. Le manque de temps de préparation est désigné le plus souvent comme la principale raison de cet échec (évoqué en première position par 62% des personnes interrogées).
Malgré l'urgence et le besoin de liquidités, qui souvent poussent les entreprises à céder des actifs le plus vite possible (certaines entreprises n'ont eu guère plus de 10 jours pour préparer une cession), prendre le temps pour préparer le dossier n'est jamais aussi important qu'en temps de crise (les répondants estiment qu'une cession réussie prends de 6 à 12 mois).
Il faut également être conscient que dans les conditions de marché actuelles, les due diligences financières traditionnelles peuvent même ne plus suffire. La solution évoquée est d'anticiper la nécessite de la vente éventuelle d'un ou plusieurs de ses actifs et penser à revoir régulièrement ses différentes activités dans cette optique.






