L'art d'être interviewé par un journaliste
Le déroulement d'une interview avec un journaliste ne répond pas toujours aux attentes de l'interviewé. Ceux qui ne sont pas aguerris à ce genre d'exercices doivent donc se méfier et bien se préparer. D'autant mieux d'ailleurs que le journaliste, maîtrisant parfaitement cet art, ne manquera pas de poser les questions qui dérangent. Il s'agit alors de les anticiper en prévoyant les meilleures réponses à donner. Faire appel à un conseiller en communication ou éventuellement à une connaissance parfaitement au courant du travail des médias pour s'exercer dans le cadre d'un exercice «à blanc» peut par exemple s'avérer extrêmement utile.
Des réponses courtes et percutantes
Une interview n'est pas comparable à une longue discussion devant un feu de cheminée. Les heures de travail des journalistes, comme celles des autres professionnels, sont précieuses. Ne faites donc pas de digressions inutiles. Vous n'avez pas à le convaincre de la justesse de vos idées, projets et arguments mais seulement à l'inciter de les retranscrire de manière circonstanciée aux lecteurs de son journal. Si vous désirez qu'il ne reproduise pas certaines informations confidentielles, ne lui en parlez pas du tout. Même si vous lui indiquez qu'il s'agit d'une information «out of record», il pourrait être tenté de l'évoquer (peut-être sous une forme détournée) malgré tout. Evitez surtout de l'abreuver de termes techniques incompréhensibles du commun des mortels en les remplaçant, si nécessaire, par des termes plus génériques ou plus simples afin de rendre les propos accessibles aux lecteurs.
Ne pas se laisser désarçonner
Et si l'intervieweur commence à poser des questions incisives, ne vous laissez pas désarçonner mais gardez bien plutôt votre calme et essayez de modérer ses interventions jusqu'à ce que l'on arrive à se souvenir des réponses préparées préalablement sur le sujet. Il n'est pas déconseillé alors de répondre quelque peu à côté de la question.
Si l'on veut vraiment asseoir ses arguments, il est nécessaire de répondre souverainement et non pas dans la précipitation, en évitant surtout de rabaisser son interlocuteur, même si l'on a l'impression qu'il a totalement tort ou qu'il s'agit d'un complet néophyte. Et pour montrer sa détermination, il est impératif de maintenir le contact visuel avec lui, en le regardant droit dans les yeux afin ne pas révéler de faille dans sa cuirasse.
Quel droit de regard?
Enfin, il faut expressément indiquer que l'on se réserve le droit de retirer son accord à la publication ou à la retransmission de son interview dans le cas d'une émission de radio ou de télévision, tant que l'on n'a pas validé son contenu après l'avoir visionné ou lu en détail. C'est bien naturel car même une émission de télévision peut être manipulée et ses propos peuvent être rapportés dans un contexte tout à fait différent, ce qui donnera à ses propos une coloration toute différente de leur sens réel.
Ce droit de regard doit pourtant se faire dans des délais assez courts, à discuter avec le journaliste. Ce n'est que de cette manière que l'on maîtrisera sa communication et évitera des dérapages, pourtant toujours possibles.
© Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch





