La gestion des risques, élément fondamental d'une bonne gouvernance
Selon la dernière étude de Pricewaterhouse Coopers, de nombreux risques, bien que reconnus comme une menace par les entreprises, ne sont pas entièrement intégrés dans la gestion des risques. Il s'agit en particulier de risques difficilement appréciables en argent. Si 42% des managers interrogés sont d'avis que le recrutement et la formation de personnel qualifié est un facteur-clé de succès, ils ne sont en revanche que 23% à estimer que cet aspect n'est pas suffisamment couvert par la gestion des risques.
Pour 45% des sondés, les pannes et perturbations informatiques constituent un risque important, voire très important. Or seuls 32% disposent effectivement d'une couverture correspondante. En outre, plus de la moitié reconnaît ouvertement que certains processus commerciaux particulièrement sensibles ne sont soumis à aucune évaluation structurée. Les gestionnaires de risques ne sont donc souvent pas impliqués dans bon nombre de décisions hautement critiques, telles que reprises, fusions ou processus d'évaluation.
Un potentiel largement sous-exploité
Par le passé, beaucoup de sociétés ont négligé ou insuffisamment exploité le potentiel d'une gestion efficace des risques. Alors que 55% des managers interrogés estiment qu'une gestion renforcée des risques leur a permis d'améliorer leurs relations avec les autorités de surveillance, ils sont nettement moins nombreux à reconnaître un effet bénéfique sur la marche des affaires.
Si 47% pensent que la gestion des risques contribue à rehausser l'image de marque vis-à-vis des clients, 42% seulement sont persuadés que l'augmentation des dépenses a permis d'améliorer le rapport entre revenus et risques. Et ils ne sont que 40% à considérer que le management bénéficie d'un soutien efficace au quotidien et lors des décisions stratégiques.
«La gestion des risques est de mieux en mieux reconnue comme un élément fondamental d'une bonne direction d'entreprise», souligne Thomas Romer, associé et responsable du secteur des banques chez Pricewaterhouse Coopers Suisse. «Les gestionnaires de risques sont appelés à saisir cette chance et à utiliser leur influence et leurs compétences pour augmenter les performances des entreprises et générer de réels profits.»
Des investissements rentables
L'étude met en évidence que les établissements financiers ont dépensé ces dernières années des sommes considérables pour la gestion des risques. Environ trois sociétés sur quatre parmi les 420 entreprises sondées ont augmenté d'au moins 5% par an leurs investissements à ce titre entre 2004 et 2007. Et sur les trois dernières années, près d'un quart d'entre elles présentent même une augmentation annuelle supérieure à 25%. Pour 41% des entreprises, ces dépenses se sont révélées nettement rentables. Pour plus de 55% des managers sondés, le respect des prescriptions légales et réglementaires, telles que l'accord de Bâle Il et la loi Sarbanes-Oxley, constituera également à l'avenir l'une des principales tâches de la gestion des risques.
«La gestion des risques et des capitaux est devenue plus complexe, en particulier en raison de l'évolution du droit de la surveillance, par exemple Solvabilité Il, ainsi que des plus grandes exigences du management à l'égard d'une direction davantage axée sur la création de plus-values. Les entreprises utilisent aussi ce défi afin de libérer divers potentiels d'amélioration et de repenser leurs processus décisionnels en termes de politique d'entreprise», explique Peter Lüssi, associé et responsable du secteur des assurances.





