Comment trouver sa place dans l’entreprise?

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Le fait de suivre des cours de perfectionnement professionnel ne signifie par pour autant qu'une fois les examens réussis, l'employeur se montre automatiquement plus généreux en matière de salaire.

Après avoir usé ses culottes de longs mois sur les bancs d'école pour décrocher un certificat ou diplôme à côté de ses heures de travail quotidien, chacun espère pouvoir tirer parti de ces efforts pour améliorer sa situation financière. Aujourd'hui, rares sont cependant les entreprises qui gratifient d'office les nouvelles compétences acquises au prix d'un sacrifice louable de la part de leurs employés. Le raisonnement des employeurs se limite souvent au fait que, à l'origine, l'on avait engagé M. X pour un travail donné; quelles que soient les connaissances acquises depuis, il occupe toujours le même poste. Il a pu accomplir sa tâche jusqu'ici, et les nouveaux savoirs ne modifient en rien les conditions de son engagement. S'il n'est pas satisfait, on trouvera bien quelqu'un d'autre pour assurer cette mission au prix fixé.

 

La dure réalité du marché du travail

Après avoir mis ses loisirs et les plaisirs partagés en famille entre parenthèses pour consacrer un temps considérable aux études, une telle attitude de la part de son employeur peut se révéler frustrante. Mais la réalité régnant actuellement sur le marché du travail fait que les lendemains sont parfois marqués de réveils douloureux.

Comment peut-on réagir face à une telle situation? D'abord en essayant de démontrer à son chef que, grâce à cette formation, on est devenu plus performant et que l'on sait faire aujourd'hui certaines choses que l'on n'aurait jamais pu assumer auparavant. La réponse de son supérieur pourrait laisser entendre qu'il attendait depuis longtemps cette prise en charge et que vous pouvez vous estimez heureux que l'on ait fait preuve d'autant de patience à votre égard. Dans ce cas, le dialogue semble bien mal emmanché et il ne reste plus qu'à ronger son frein en attendant que son attitude change. Ou qu'un chef plus compréhensif le remplace. A moins que l'on tente de trouver ailleurs ce que l'on n'a pu obtenir.

Dans bien des cas, il faudra donc temporiser jusqu'à ce qu'un emploi répondant mieux à son profil se libère dans l'entreprise. Il faudra ensuite postuler en sachant mettre en évidence les connaissances professionnelles récemment acquises. Si un poste devient vacant ou se crée au sein d'une entreprise, il faudra en outre que l'on accepte que vous vous portiez candidat. Car il est souvent difficile d'admettre qu'un ancien subalterne soit projeté à un poste à responsabilité. Surtout lorsque l'on attend de cette personne qu'elle donne des ordres à des employés qui sont cantonnés à la même fonction depuis longtemps. C'est une situation que vivent souvent les anciens apprentis qui peinent à être considérés comme des personnes qualifiées à l'issue de leur formation.

 

Se former à bon escient

A l'exception des augmentations de salaire destinées à compenser le renchérissement du coût de la vie, les améliorations réelles des conditions salariales ne sont plus devenues monnaie courante. Il faut donc attendre une promotion pour faire valoir ses prétentions. Et celle-ci pourra plus facilement intervenir si l'on a justement acquis de nouvelles compétences.

La véritable question consiste plutôt à savoir dans quelle direction on va se perfectionner.

Les spécialistes des ressources humaines sont unanimes: les connaissances professionnelles dans le domaine des techniques de travail sont indispensables, et les lacunes que l'on constate à ce niveau peuvent généralement être comblées facilement. Ainsi, il suffit parfois de disposer d'un bon pédagogue pour perfectionner ou affiner ses connaissances en informatique, une discipline désormais incontournable dans toutes les professions. Chacun doit en effet savoir la maîtriser comme l'on savait utiliser une machine à calculer voici une dizaine d'années.

 

Un subtil équilibre

C'est en revanche le comportement social, les relations humaines et les capacités de communiquer dans le cadre de son environnement professionnel qui, désormais, sont considérés comme primordiaux par les employeurs. La tendance à la globalisation des affaires et à la mondialisation des échanges exige une plus grande souplesse et une compréhension accrue pour les cultures et religions différentes de la sienne. Cela comprend naturellement aussi les subtilités de la communication - et donc des langues - indispensables pour faciliter les échanges. Si l'on peut progresser dans sa carrière professionnelle, la clé de la réussite réside donc dans un juste équilibre entre les connaissances techniques, les capacités d'organisation et les valeurs humaines.

Ce n'est que dans ces conditions que l'on peut suivre une voie cohérente dans son parcours professionnel. A tous les niveaux de la hiérarchie et de l'organigramme d'une entreprise, chacun peut déléguer une partie du travail dont il a la responsabilité. Mais quand, au détour d'une restructuration à laquelle il ne s'attend pas, il se retrouve au pied du mur, il n'est plus temps de louvoyer. Il doit savoir résoudre le problème qui lui est posé et pouvoir assumer. Sans forcément faire appel à des ressources extérieures. C'est là que ses compétences intrinsèques ressortiront véritablement.

 

Les aléas supplantent les crises

Durant les années marquées par une croissance économique constante, les cadres des entreprises ne se sont jamais posé la question de leur survie en cas de difficulté. La crise peut pourtant survenir en permanence, bien que l'euphorie règne actuellement dans certains secteurs. Il n'y a qu'à évoquer l'horlogerie et l'immobilier. Sans oublier l'informatique et Internet qui reviennent en force après les véritables séismes vécus au passage à l'an 2000.

Aujourd'hui, on ne parle plus de gestion de crises tant elles sont devenues banales, mais d'aléas. Si le rythme des innovations technologiques s'accélère constamment, cela génère comme répercussions de continuels changements dans les attitudes et habitudes face à la société en général. Savoir s'adapter en permanence est devenu la règle.

© Pierre-Henri Badel, www.adi-presse.ch

 


Une bonne formation initiale est profitable sur tous les plans

L'avènement de la société du savoir et la rapidité des développements technologiques imposent à chacun d'entre nous de renouveler et développer constamment ses connaissances sur le plan professionnel. Apprendre tout au long de la vie est donc devenu une priorité pour répondre aux exigences d'un monde en constante mutation. La formation professionnelle permanente détient ainsi une position clé dans une telle approche. En Suisse, les personnes qui suivent des cycles de formation durant toute leur carrière sont nombreuses. En 2003, 41% de la population active suisse âgée de 25 à 64 ans a participé à une ou plusieurs filières de formation continue pour améliorer ses connaissances dans le domaine professionnel. Cette participation est cependant inégalement distribuée: les classes de la population les moins bien formées et, de ce fait, les plus exposées au chômage suivent moins souvent des cours ou séminaires de formation continue que les personnes au bénéfice d'une meilleure formation. En Suisse, seulement 11% des personnes peu qualifiées sur le plan professionnel suivent des cours, tandis que ce taux atteint 30% dans les pays scandinaves. Toujours dans notre pays, les personnes actives détentrices d'un diplôme dans le secteur tertiaire sont par contre plus nombreuses (63%) à suivre des cycles de perfectionnement professionnel qu'ailleurs. La Suisse appartient aux pays où la différence est la plus élevée en terme de participation en fonction du degré d'éducation. Un diplômé du secteur tertiaire a 5,7 fois plus de chance de suivre un programme de formation permanente qu'une personne sans formation postobligatoire. Les pays scandinaves réussissent mieux à intégrer les groupes à risques dans leurs filières de formation continue. Ils ont aussi les plus faibles disparités par rapport aux pays comparables, avec des rapports de 1,9 et 2,3.