Les entreprises suisses restent confiantes malgré la crise
Écrit par Pierre-Henri Badel Jeudi, 27 Août 2009 15:51
Les entreprises suisses ne s'attendent qu'à une lente amélioration de la situation économique.
La crise économique n'ébranle pas la confiance des entreprises suisses dans le système économique national. Le franc constituent en effet l'un des solides piliers de l'économie helvétique. En dépit de l'incertitude régnant sur les marchés financiers et des discussions incessantes à leur sujet, la confiance dans le secteur financier demeure étonnamment élevée.
Parallèlement, les entreprises en Suisse s'attendent une amélioration lente mais continue de la situation conjoncturelle d'ici les deux prochaines années. A ce titre, les branches du bâtiment et de l'énergie sont les mieux évaluées. Les entreprises de services et industrielles sont pour leur part portées par une tendance haussière durable. Telles sont les conclusions de l'enquête menée par le cabinet de consulting Ernst & Young, auprès de 300 entreprises en Suisse.
Le franc et du système économique suisse ont la cote
A l'indice de confiance, les personnes interrrogées placent la stabilité du franc suisse au premier rang: 95% d'entre eux délivrent un satisfecit à la monnaie nationale. 5% n'ont aucune confiance, ou seulement une confiance limitée, à son égard. L'euro n'a rien à lui envier puisque 89% des participants au sondage jugent la monnaie continentale fiable. Le franc suisse et l'euro jouissent d'une bien meilleure considération que le dollar américain. En effet, seuls 52% accordent leur crédit au billet vert, contre 48% d'opinions défavorables.
L'opinion des personnes interrogées est aussi très favorable à l'égard du système économique national: environ 90% des entrepreneurs ont confiance dans le système en Suisse même en période difficile.
Le secteur financier, qui a pourtant le plus souffert de la crise économique, continue également d'inspirer une confiance très élevée. 55% des sociétés interrogées oscillent entre une confiance moyenne ou plutôt importante voire grande dans le secteur bancaire, contre 45% qui ne lui concèdent qu'une confiance limitée voire nulle. Le bilan est encore plus positif pour les assurances, auxquelles quelque 72% expriment leur adhésion.
Marquer des points avec une gestion efficace des risques
Au cours de ces derniers mois, les gouvernements du monde entier ont dû intervenir massivement à plusieurs reprises, d'abord pour éviter l'effondrement du système financier, ensuite de plus en plus pour soutenir des pans entiers de l'économie et prévenir ainsi les défaillances d'entreprises essentielles pour le système. Cet engagement considérable des Etats a sans doute contribué à un regain de confiance: 67% des sondés jugent l'implication des pouvoirs publics satisfaisante à judicieuse.
Les entreprises tablent sur une lente reprise
Les entreprises suisses jugent leur propre situation avec des sentiments partagés: 19% portent une appréciation négative sur leur situation commerciale, tandis que 42% se montrent plutôt satisfaites. Les plus satisfaites appartiennent aux secteurs du bâtiment et de l'énergie: 50% en effet jugent favorablement leur situation actuelle. Le secteur de la construction s'attend toutefois à une détérioration à court ou moyen terme. Les entreprises de services et industrielles sont pour leur part portées par une tendance haussière durable.
Les entreprises suisses sondées ne croient cependant majoritairement pas à une détérioration importante de leur situation: si les 19% susmentionnés s'attendent à un ralentissement des affaires à court terme (dans les trois prochains mois), 37% tablent au contraire sur une amélioration. A moyen et long terme, les managers prévoient une belle embellie, la proportion des optimistes passant à 61% en comparaison annuelle. Ils sont même 78% à se montrer confiants pour les deux prochaines années. L'optimisme est tout particulièrement de mise parmi les entreprises de services, dont 84% prévoient une évolution positive des affaires dans les deux années à venir.
Evoquer une reprise semble prématuré: l'embellie qui s'esquisse est encore balbutiante, d'autant que les entreprises s'attendent à court terme à une nouvelle détérioration de la situation économique en Suisse: 33% tablent sur une évolution négative dans les trois prochains mois contre seulement 16% d'optimistes. Sur une perspective de six mois par contre, ces derniers sont majoritaires.
Pour l'heure, plusieurs facteurs entravent encore une véritable reprise: l'augmentation du chômage menace de réduire la consommation des ménages. S'ajoute à ce constat l'attitude retenue des banques en matière d'octroi de crédits ainsi que les incertitudes qui continuent de peser sur le secteur financier. La santé des banques demeure fragile. Si la situation s'est stabilisée, toute mauvaise surprise n'est cependant pas totalement à exclure.
Inquiétude sur les prix de l'énergie
En l'état actuel, les directeurs et cadres interrogés observent la hausse des prix de l'énergie avec une vive appréhension: 69% des personnes interrrogées précisent que cette évolution les inquiète à moyen terme. Les prix énergétiques très élevés de l'année dernière reste gravé dans toutes les mémoires.
L'inflation est le deuxième souci des entreprises et 57% d'entre elles craignent les suites négatives d'une dévaluation croissante. Les Etats se sont lourdement endettés en lançant des programmes destinés à lutter contre la crise économique et en injectant de plus en plus d'argent dans le marché. Et la crainte inflationniste n'est pas totalement injustifiée. La reprise dépendra du moment et de l'ampleur des mesures prises par les banques centrales pour contrecarrer cette possible émergence.
Les entrepreneurs restent également soucieux à l'égard de l'endettement public: ils sont 55% à s'inquiéter à moyen terme de cette évolution. A court terme, nul ne pourra cependant faire l'économie d'une consolidation des finances publiques.





