L’approvisionnement au cœur de la globalisation
Écrit par Administrator Lundi, 10 Mars 2008 09:51
Le contexte de développement des échanges internationaux et de concurrence des pays à bas coût pousse de nombreuses entreprises à l’internationalisation. De tels projets sont souvent dopés par une opportunité de réduction des coûts (achat, production, etc.) ou une opportunité de croissance sur de nouveaux marchés, mais ils ont des impacts mal mesurés sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise. Ces impacts peuvent potentiellement remettre en cause le retour sur investissement du projet, et donc l’opportunité initiale d’internationalisation. C’est alors que la réflexion globale sur la manière d’organiser les opérations s’impose et que des projets de compétitivité à l’échelle européenne, tirés par la proximité avec le client, peuvent regagner de l’attrait.
Recherche d'un équilibre coût-service plus performant
Avoir une conception globale de la marche des affaires ne consiste pas simplement à implanter l’une ou l’autre partie de sa chaîne de valeur dans plusieurs pays dans l’espoir d’améliorer sa compétitivité. Au-delà d’une simple présence au niveau international, la globalisation doit être vue dans l’optique de la recherche d’un équilibre coût-service plus performant sur l’ensemble de la chaîne afin de garantir in fine un coût total d’acquisition qui justifie l’opération de délocalisation ou de mutualisation.
Selon Vincent Pomponne, directeur chez Capgemini Consulting, «la rentabilité des entreprises se jouera demain dans la capacité à savoir combiner des opportunités de localisation à bas coûts et de mutualisation d’infrastructures entre activités ou zones géographiques, tout en augmentant sa proximité client».
Considérer le problème de manière globale
La rentabilité d’un projet d’internationalisation s’analyse et se mesure globalement, au départ du projet et pendant toute sa durée. Les opportunités de transférer un maillon de la chaîne d’approvisionnement dans un pays à bas coûts sont en général tirées par une opportunité coût ou chiffre d’affaires sur ce maillon. Le mouvement d’une partie de la chaîne d’approvisionnement a cependant des impacts sur d’autres fonctions de l’entreprise, voire sur l’image de marque de l’entreprise sur son marché. Il est indispensable de mesurer le rapport coût total/risque, pour d’abord valider l’opportunité, et pour, ensuite, réaliser les bons arbitrages entre les coûts et le service obtenu pendant les phases de conception détaillée et de mise en oeuvre de la solution.
A titre d’exemple, des coûts d’achat de 20 à 30% sur un produit ne suffisent parfois pas à compenser les surcoûts et les difficultés rencontrées lors de l’internationalisation: une qualité non maîtrisée, des délais d’approvisionnement longs et incertains liés au transport maritime (sous-capacité des ports) générant une augmentation significative des stocks en aval, l’augmentation des coûts de conditionnement et de transport, les besoins de formation et de suivi de la qualité incessants car liés au fort taux de rotation des effectifs sur les sites industriels.
Les pays développés résistent à la concurrence des pays à bas coûts
Face à la concurrence des pays à bas coûts, la délocalisation n’est pas la seule solution. Les pays développés proposent encore des avantages indéniables sur la plan compétitifs qui, associés à la proximité clients peuvent permettre de se différencier. Le soutien apporté par les pôles de compétitivité, les projets de gestion allégée (ou «lean management») sur l’ensemble d’une chaîne de valeur, la globalisation des flux et des capacités au niveau européen sont quelques-uns des exemples développés, qui peuvent consolider l’attrait d’implantations européennes.
Intégrer l'internalisation dès la conception des produits
Enfin, comme 80% des coûts du produit fini rendu au client sont engagés dès la conception du produit, la problématique de l’internationalisation de tout ou partie de la chaîne d’approvisionnement doit être intégrée dès l’étape de développement produit.
La conception même du produit, de sa structure (plus ou moins modulaire), de son conditionnement (plus ou moins résistant et encombrant), de ses normes (plus ou moins universelles), a un impact très fort sur la possibilité qui sera offerte ensuite d’en concevoir un sous-ensemble à un bout du monde, de le fabriquer, de l’assembler dans un autre pays, puis de le distribuer partout dans le monde. L’enjeu des activités actuelles de recherche et des développements est donc d’intégrer ces besoins au plus tôt en déployant une approche basée sur la chaîne d’approvisionnement.





