Les fraudes empoisonnent les entreprises

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Les délits économiques sont en augmentation et constituent une menace croissante pour les entreprises. Dans le monde, près de la moitié de toutes les firmes ont été victimes de fraudeurs au cours de ces deux dernières années.
Sur le plan mondial, les entreprises ont enregistré en moyenne huit cas de fraude en un an alors qu'ils se sont élevés à cinq en Suisse. Plus l'entreprise est importante, plus la probabilité d'actes frauduleux - tout comme leur découverte - augmente. Quant aux grandes entreprises, elles ont enregistré pas moins de douze cas en moyenne. Aucune entreprise ni aucune branche, quelles que soient sa taille et les prescriptions des autorités de surveillance dont elle relève, n'est ainsi à l'abri de la fraude.

John Wilkinson, associé et responsable du secteur Forensic Services chez PriceWaterhouseCoopers Suisse, reconnaît que l'augmentation de la criminalité économique est et demeure donc un sérieux motif de préoccupation. «Les entreprises s'imaginent parfois être au bénéfice d'une sécurité illusoire lorsqu'il s'agit de fraudes. Néanmoins, celles qui annoncent des fraudes financières sont toujours plus nombreuses et le nombre de cas découverts, dont la plupart sont détectés par hasard, ne cesse lui aussi d'augmenter. Par conséquent, la criminalité économique ne doit pas être prise à la légère. Les entreprises doivent durcir leurs contrôles, non seulement pour empêcher les dommages pécuniaires directs, mais également pour éviter de porter préjudice à leur marque, au moral de leurs collaborateurs ainsi qu'aux relations avec leurs clients, fournisseurs et autres partenaires commerciaux».

 

Les fraudes augmentent

D'après l'étude menée par PriceWaterhouse, il ressort que le nombre d'actes frauduleux ne cesse d'augmenter et que ceux-ci font plus souvent l'objet de dénonciations compte tenu de prescriptions exigeant une transparence accrue. Par ailleurs, on a introduit un peu partout dans les entreprises des mécanismes de pilotage de la gestion des risques pour détecter les fraudes. Les autorités exigent en outre toujours davantage d'annoncer les cas de fraude et de les réparer. Sur le plan mondial, huit entreprises sur dix et 84% en Suisse sont cependant convaincues qu'elles ne seront pas victimes de fraudes au cours de ces cinq prochaines années.

Cette étude démontre également que les types de fraude constatés, pouvant aller du détournement de fonds à la contrefaçon, se sont accrus. Sur le plan mondial, les cas de falsification du bilan ont effectivement augmenté de 140%, ceux de blanchiment d'argent, de 133%, et les cas de corruption et de trafic d'influence, de 71%. 51% des délits économiques suisses sont le fait de collaborateurs, dont 53% occupent des postes de cadres.

 

Des coûts importants

En plus des dommages financiers, la plupart des entreprises suisses ont subi des effets collatéraux importants, dont des répercussions sur la marche de leurs affaires. Pour 25% d'entre elles, la marque ou la raison sociale en a souffert; pour 81%, cela a été préjudiciable au niveau des relations, notamment avec leurs fournisseurs et partenaires commerciaux; pour 31%, elles ont affecté le moral de leurs collaborateurs.

«Bien que les systèmes de gestion des risques soient plus efficaces, toujours plus de personnes ou de groupes sont tentés et ont les capacités de déjouer les contrôles. Les entreprises doivent donc rester prudentes et poursuivre leurs efforts en matière de surveillance. Elles doivent aussi créer un environnement de travail dans lequel la fraude ne puisse pas se développer, afin de pouvoir ensuite s'en remettre à la loyauté de leurs collaborateurs» explique Rolf Schatzmann, associé du secteur Forensic Services chez PricewaterhouseCoopers Suisse.

 

Une sécurité illusoire

Alors que le nombre des délits découverts a effectivement augmenté dans le monde, les personnes interrogées estiment cependant que la fraude était plus répandue dans leur entreprise en 2003 qu'aujourd'hui. Seules 21% d'entre elles estiment vraisemblable que leur entreprise soit victime d'un délit au cours de ces cinq prochaines années.

Les cas de fraude sont le plus souvent (34%) découverts par hasard (Suisse: 71%) alors que dans 26% des cas, ils le sont par l'audit interne (Suisse: 16%). Les entreprises dotées d'un grand nombre de contrôles sont celles qui ont pu le mieux déceler les dommages subis. Elles détectent trois fois plus de cas que les entreprises soumises à des contrôles moins fréquents.

 


Les entreprises suisses moins touchées

Selon l'enquête Global Economic Crime Survey 2005 de PriceWaterhouseCoopers, 37% des entreprises suisses et 45% des entreprises dans le monde (2003: 37%) ont été victimes de délits économiques au cours des deux années écoulées (2003: 24%). Les dommages moyens résultant du détournement de fonds, de la présentation d'éléments erronés et de la contrefaçon représentent 1,7 milliard de dollars. Pour cette enquête qui a lieu tous les deux ans, PriceWaterhouseCoopers a interrogé 3634 entreprises dans 34 pays.

 


Types de délits en pourcentage

En Suisse Dans le monde
Abus de confiance 54 62
Présentation d'éléments erronés
43
47
Falsification de bilan 7 24
Corruption et trafic d'influence 9
24
Insider Trading
7 4
Blanchiment d'argent
11
7
Contrefaçons 
15 25