L'avenir d'une entreprise dépend de la réussite dans sa succession

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En Suisse, près d'un employé sur trois et d'une entreprise sur quatre sont concernés par la question du passage de témoin dans le cadre de la succession à la tête des entreprises.

Il ressort d'une récente étude réalisée par le Center for Family Business de l'Université de Saint-Gall que le nombre d'entreprises confrontées à des questions de succession va encore augmenter sensiblement au cours de ces cinq prochaines années. A l'heure actuelle, près d'un employé sur trois et d'une entreprise sur quatre en Suisse sont concernés par cette question.

Lors du changement de génération, on constate en Suisse que la succession au sein de la famille (interne) laisse de plus en plus place à la succession hors de la famille (externe). Aussi la planification de la succession englobe-t-elle non seulement des réflexions rationnelles et financières, mais également la recherche d'un successeur approprié, le souci de la survie et de la pérennité de l'entreprise et du maintien des postes de travail, ainsi que la garantie de la prévoyance vieillesse personnelle des entrepreneurs.

 

Plus d'un quart des entreprises touchées par les questions de succession

Près de 26% des entreprises suisses seront confrontées à un changement de génération dans les cinq années à venir. C'est ce qui ressort d'une étude représentative du Credit Suisse et du Center for Family Business de l'Université de Saint-Gall. En janvier 2005, ce taux était encore de 18,5%. Cela signifie que le nombre d'entreprises et d'employés suisses directement concernés par une succession va augmenter.

Paradoxalement, l'incertitude des chefs d'entreprise quant à leur propre succession a diminué au cours des trois dernières années, un phénomène qui pourrait s'expliquer par la sensibilisation accrue à ce thème et par le fait que l'approche de la thématique fiscale est aujourd'hui bien mieux planifiée qu'auparavant.

Si la succession d'entreprise constitue un important défi stratégique, elle est bien trop rarement perçue comme telle: la moitié des entrepreneurs indiquent «n'avoir défini aucune stratégie explicite». Il convient de noter que cette position reflète davantage la situation des micro-entreprises (68%) que celle des grandes entreprises.

 

Augmentation des successions d'entreprise externes

L'étude montre que le nombre de successions internes continue de diminuer. Il y a quatre ans encore, quelque 60% des entrepreneurs affirmaient vouloir transmettre leur entreprise au sein de leur famille. Ils ne sont plus aujourd'hui que 40%. La moitié environ des personnes interrogées envisage une solution externe, l'autre moitié se déclarant encore indécise à ce sujet. Parmi les successions externes, l'importance de la vente à des collaborateurs de l'entreprise a encore pris de l'ampleur: aujourd'hui, cette solution est privilégiée dans 52% des cas.

 

Rechercher son successeur suffisamment tôt

«J'ai été étonné d'apprendre que l'ensemble de la procédure prenait généralement de cinq à sept ans. Je pensais qu'elle était réglée en deux ans!» Cette citation d'un entrepreneur, qui provient d'une interview menée en complément de l'étude, reflète parfaitement le véritable problème: il est souvent difficile, en particulier pour les micro-entreprises et les petites entreprises, de trouver un successeur adéquat.

Il s'agit même du principal problème lors de successions externes. En effet, le successeur doit non seulement disposer des capacités et des compétences nécessaires pour diriger l'entreprise qu'il reprend, mais avoir aussi la volonté de la mener vers un avenir prospère. En outre, la succession n'est pas réglée dès lors que le successeur a été trouvé; encore faut-il régler les questions de l'évaluation de l'entreprise et du financement, ce qui constitue le deuxième problème d'importance.

 

Un obstacle: la prévoyance personnelle

Nombreux sont les entrepreneurs pour lesquels la vente de l'entreprise constitue le seul moyen de garantir une prévoyance vieillesse. L'enquête souligne que beaucoup d'entrepreneurs, notamment dans les petites entreprises, n'ont pas encore assuré leur prévoyance personnelle. De fait, plus l'entreprise est petite, plus il est fréquent que son propriétaire néglige la planification de sa propre prévoyance. Ainsi, 63% des personnes interrogées dans des micro-entreprises affirment ne pas avoir encore pris de mesures dans ce domaine.

 

Les considérations émotionnelles l'emportent

Même si, pour de nombreux entrepreneurs, la situation de prévoyance s'annonce parfois très précaire avant la succession de l'entreprise, l'enrichissement personnel (ou la compensation financière de l'énergie investie pendant de nombreuses années) constitue rarement la priorité des cédants.

Les objectifs majeurs visés lors de la vente sont bien plus la «poursuite des activités de l'entreprise» et le «maintien des emplois». Dans cette optique, les entrepreneurs cédants renoncent étonnamment souvent à une partie de leur indemnisation et font ainsi d'importantes concessions à leur repreneur. Cela démontre que la poursuite prospère de l'«oeuvre de leur vie» représente pour ces entrepreneurs une valeur émotionnelle centrale qu'aucun avantage financier ne saurait compenser.