Les femmes cadre moins bien préparées à affronter l'avenir

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Les femmes cadres helvétiques estiment à raison de 56% d'entre elles ne pas disposer des outils leur permettant d'affronter les défis qui les attendent dans la communauté économique du futur à l'horizon 2011. C'est mieux que leurs consœurs françaises qui ne sont que 43% dans cette situation.

 

L'enquête réalisée à la demande de la société Accenture invitait les personnes interrogées à considérer leur «degré d'aptitude» à travers les six axes suivants: agilité, responsabilité sociétale, compétences globales, technologie, inclusion et diversité, relations professionnelles. Le «degré d'aptitude» mesure l'importance, telle que perçue par les intéressés, de chaque compétence spécifique pour leur réussite à l'horizon 2011, ainsi que leur niveau de préparation dans ce domaine.
Il est intéressant de noter que globalement, 75% de femmes et 73% d'hommes placent la technologie en tête des compétences qu'ils doivent maîtriser. En France, on observe la même tendance. Les femmes y sont convaincues à 68%, ce qui est mieux que les hommes (64%) de l'importance de la maîtrise des technologies pour progresser d'un point de vue professionnel. En Suisse, 70% des femmes sont du même avis. Mais, sur ce point, tant les Suisses que les Suissesses comptent un retard indéniable sur les cadres des pays émergeants ainsi que de autres pays européens.

Lacunes dans l'utilisation des nouvelles technologies
Plus de 8 femmes sur 10 (83% de l'ensemble du panel et 82% en France) souhaitent apprendre et utiliser les nouvelles technologies, à l'exemple des blogs ou des réseaux sociaux, pour se donner les moyens d'une réussite future. Plus des trois quarts des femmes (76%) prévoient que la mise à profit de ces technologies revêtira une grande importance et deux tiers (66%) que les relations gérées par le biais de la technologie évolueront considérablement d'ici à 2011.
Il est pourtant révélateur qu'en Suisse, seules 38% des femmes considèrent que le perfectionnement professionnel est un atout décisif pour l'avenir de leur carrière professionnelle, contre 58% des hommes. Les femmes se lancent dans des cours de perfectionnement beaucoup plus par ambition personnelle que les hommes, en raison de leur enthousiasme pour leur profession et du besoin d'assurer la subsistance pour leur famille et leurs enfants. Inversement, les cadres helvétiques masculins sont plutôt d'avis que ce sont surtout leurs compétences techniques et l'entretien de leurs relations professionnelles qui influencent le plus leurs avenir professionnel.
En France, lorsqu'on interroge les femmes sur le domaine des plus grands changements d'ici 2011, elles parient sur la technologie comme nouveau vecteur essentiel de relations. Les hommes, pour leur part, mettent en avant la nécessité d'une plus grande souplesse.

 

L'avancement et l'ambition sont déterminantes
L'étude s'est également penchée sur les facteurs liés à l'avancement de carrière et a relevé certaines différences entre les réponses des hommes et des femmes. Ainsi, les femmes sont plus enclines que les hommes à attribuer leur progression professionnelle à l'ambition et la volonté (59% contre 54% pour les hommes), à la passion pour la carrière de leur choix (42% contre 39%) et au soutien de leur famille (30% contre 26%).
En France, les femmes sont en revanche légèrement moins nombreuses que les hommes à considérer ces facteurs comme importants, 49% d'entre elles contre 51% d'entre eux attribuent leur niveau professionnel à l'ambition et la volonté et 35% contre 36% à la passion pour la carrière de leur choix.
Par ailleurs, sur le plan international, les hommes sont plus nombreux que les femmes à invoquer les compétences techniques comme un facteur ayant contribué à leur progression (respectivement 59% des hommes contre 47% des femmes); même tendance en France avec 61% des hommes contre 47% des femmes.
L'entretien d'un réseau de relations professionnelles est invoqué par les hommes comme un facteur contribuant à l'avancement de carrière plus que pour les femmes (47% contre 29% d'entre elles); la tendance en France est inversée puisque seulement 23% des hommes l'invoquent contre 24% des femmes.

Le sexe féminin reste un handicap
En Suisse, les femmes considèrent que leur sexe constitue un handicap pour leur avenir professionnel, et cela dans une proportion deux fois plus élevée que c'est le cas chez les hommes. Un petit cinquième des Suissesses considèrent que les femmes ont en main de plus mauvaises cartes que les hommes. En même temps, un quart des femmes cadre considèrent que les soins et l'éducation qu'elles doivent apporter à leurs enfants nuit à leur carrière, contre 12% chez les hommes. Ces derniers considèrent plus que ce sont les lacunes dans le mentoring et le manque d'attention qu'ils apportent dans le soins de leurs relations commerciales qui constituent les plus forts obstacles à leur avancement.

 

Légère avance pour les hommes
Autres enseignements de cette étude: seuls 47% des hommes se sentent parés pour faire face à la concurrence en 2011, contre 43% des femmes. En France, 24% seulement des hommes et des femmes interviewés se disent prêts à affronter le monde multipolaire de demain, alors que 70% des Français interrogés travaillent déjà aujourd'hui avec des contacts internationaux (clients ou fournisseurs). Les cadres des deux sexes sont tout autant convaincus que c'est la course au profit qui va s'amplifier le plus dans les trois ans à venir. En outre, plus de la moitié des personnes interrogées, femmes (58%) ou hommes (61%) déclarent qu'hommes et femmes se montrent tout aussi efficaces dans la constitution de réseaux professionnels favorisant la progression de leur carrière. Pourtant des vestiges des frontières entre les sexes subsistent: plus du quart (28%) de l'ensemble des personnes interrogées estime que les hommes sont plus efficaces que les femmes en la matière, contre à peine 13% qui pensent l'inverse.
En France, les femmes se sentent trois fois plus efficaces dans leur manière d'entretenir leur réseau que les hommes, alors que ceux-ci ne voient pas de différence entre la capacité des hommes et celle des femmes.

 


Les autres constatations de l'étude
- Les jeunes sont plus nombreux que leurs aînés à s'estimer armés pour réussir en 2011. Près de la moitié (49 %) de la Génération Y (tranche des 26-35 ans) et 45% de la Génération X (36-45 ans) se déclarent prêts pour la réussite dans les trois ans, contre 41% de la génération du baby boom (46 ans ou plus). En revanche, les jeunes Français sont moins confiants et s'alignent plus sur leurs aînés: un peu plus du quart (28%) de la Génération Y (tranche des 26-35 ans) et 22% de la Génération X (36-45 ans) se déclarent prêts pour la réussite dans les trois ans, contre 24% de la génération du baby boom (46 ans ou plus).
- Les femmes citent la discrimination sexuelle, la nécessité de consacrer de l'énergie à leurs enfants et à leur famille ou encore leur manque de mobilité géographique comme les principaux freins à leurs carrières (respectivement 23, 22 et 18% des femmes interrogées). En France, les obstacles majeurs cités par les femmes pour faire progresser leur carrière sont le fait d'être une femme et la volonté de mener de front une vie de famille (pour environ 25%). La gestion des contraintes inhérentes à l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée est une de leur priorité absolue (84%), mais seulement 56% des Françaises sont actuellement satisfaites de cet équilibre. Le salaire est également un élément clef pour 78% d'entre elles mais seulement 38% sont satisfaites. Une Française sur trois se déclare prête à déménager pour sa carrière, quatre femmes sur dix se disent prêtes à faire des voyages internationaux; et les cadres supérieures y sont deux fois plus enclines que les non-cadres.
- Les hommes estiment que la réticence à sacrifier l'équilibre entre vie professionnelle et personnelle, le manque de diplôme plus élevé et l'absence de mentor adéquat constituent les principaux freins à leurs carrières (respectivement 20, 20 et 19% des hommes interrogés). Les hommes français citent comme premier frein la maîtrise des langues (26%). Plus d'un Français sur quatre est encore convaincu que sacrifier son équilibre de vie favorise l'accomplissement d'une belle carrière professionnelle.


Cette étude, intitulée «One Step Ahead of 2011: A New Horizon for Working Women», s'appuie sur une enquête réalisée auprès de plus de 4000 cadres, hommes et femmes, dans 17 pays à travers l'Europe, l'Asie, l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. D'après ses résultats, les femmes de plusieurs pays émergents se sentent mieux armées pour réussir que leurs homologues de nombreux pays occidentaux. En effet, la majorité des femmes cadres indiennes (68%), sud-africaines (63%), chinoises (61%) et brésiliennes (52%) se disent aptes à réussir dans l'économie mondialisée à l'horizon 2011 contrairement aux cadres allemandes (32%), anglaises (26%) et françaises (25%).