Les PDG suisses sur des sièges éjectables

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En 2009, 18% des PDG des grandes entreprises suisses ont cédé leur poste de manière plus ou moins forcée. C'est plus que la moyenne européenne.

Par Pierre-Henri Badel

 

Réalisée par le cabinet de recrutement Booz & Co, cette étude a été réalisée auprès des principales grandes entreprises cotées en bourse. En Suisse, près d'un tiers des démissions le sont contre le gré des personnes concernées. Des décisions prises en raison de la crise ou de performances insatisfaisantes. C'est dans l'industrie et la sous-traitance que le taux de démissions est le plus élevé (33%). Il a légèrement baissé dans le secteur de la finance (14%). Ce sont les patrons d'UBS et de Swiss Re qui sont le plus concernés par ces chargements à la tête de leur entreprise.

 

Un nouveau patron sur deux est étranger

Comme ce fut déjà le cas en 2008, plus d'un nouveau patron sur deux s'avère être un étranger, mais 40% d'entre eux ont déjà travaillé pour l'entreprise dont ils prennent la tête. Et tout comme en 2008, aucune femme n'a pris la direction générale d'une grande entreprise suisse cotée en bourse en 2009.

Cette enquête révèle que les conseils d'administration choisissent en priorité des candidats à l'interne pour les postes de directeurs. Paradoxalement, ils prennent toujours moins de temps pour mesurer les résultats stratégiques et quantitatifs. Du coup, la durée des mandats des directeurs est passé de 8,1 à 6,3 années au cours de la dernière décennie. Parmi les autres enseignements de cette étude, on s'aperçoit qu'il est toujours plus rare que le président du conseil d'administration cumule aussi la fonction de directeur de l'entreprise. Il y a dix ans, près de la moitié des nouveaux patrons cumulaient ces deux postes, tant aux Etats-Unis qu'en Europe. Aujourd'hui, ils sont 17% à être dans ce cas de figure aux Etats-Unis et plus que 7% en Europe.

 

Les fauteuils vascillent surtou dans la banque et les assurances

Les fauteuils de PDG les plus chancelants sont ceux des banques et des assurances multinationales. 17% des PDG actifs dans le secteur financier ont dû débarrasser leur bureau en 2009. Un petit tiers sans leur consentement à la fin de leur contrat. On constate par contre une plus grande stabilité dans le secteur pharmaceutique et de la santé: seules 10% des entreprises de ce secteur ont procédé à un changement au sommet de la hiérarchie de leur entreprise, et cela était prévu dans la plupart des cas.

Le secteur des télécommunications enregistre un taux de mutation annuel de 17% en moyenne sur dix ans. Parmi ceux-ci, on compte 54% de départs prématurés ou involontaires.

 


Les quatre priorités du PDG de demain.

1) Se concentrer sur ce que personne d'autre ne peut faire et déléguer tout le reste de manière cohérente

2) Associer le conseil d'administration en tant que partenaire stratégique

3) Trouver le bon rythme de croisière pour faire évoluer l'entreprise

4) Développer une culture d'entreprise à son image